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Simca 1100, famille de quatre disparue un soir de Noël 1972 : des plongeurs fouillent enfin les plans d’eau de Cognac

Publié par Cassandre le 03 Oct 2026 à 19:20
Plongeur de la gendarmerie au bord d'une rivière à l'aube

Un réveillon entre amis, quelques kilomètres à parcourir, une voiture qui ne rentrera jamais. Depuis 53 ans, la nuit du 24 au 25 décembre 1972 hante la Charente. Aujourd’hui, des plongeurs de la gendarmerie scrutent le fond de plusieurs plans d’eau près de Cognac. Ils cherchent une Simca 1100 rouge grenat, et un outil récent pourrait changer la donne.

Une famille de quatre qui n’a jamais franchi la porte de sa maison

Le soir de Noël 1972, Jacques Méchinaud, 31 ans, et son épouse Pierrette, 29 ans, passent la soirée chez des amis à Cognac. Leurs deux fils sont avec eux : Éric, 7 ans, et Bruno, 4 ans. Vers 1 heure du matin, la famille reprend la route.

Le trajet est court. Il s’agit de rejoindre leur maison de Boutiers-Saint-Trojan, à quelques kilomètres seulement. Ils n’y arriveront jamais, et leur Simca 1100 rouge grenat s’évanouit avec eux.

Des décennies de recherches ont suivi. En 2020, de nouvelles fouilles menées chez Maurice Blanchon, l’amant de Pierrette, n’avaient rien donné. L’affaire serait ainsi devenue le plus vieux cold case de France, selon les informations rapportées.

Le dossier n’est pas resté figé pour autant. Il a été repris par le pôle des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre, un service qui s’occupe aussi d’autres disparitions restées sans réponse pendant des décennies. Et depuis 2023, une juge a décidé de miser sur une méthode neuve.

Le projet LETHE, ces sonars qui lisent le fond des rivières

La magistrate en charge s’appelle Fabienne Bernard. Depuis 2023, elle relance l’enquête et s’appuie sur le projet LETHE, lancé par la gendarmerie fin 2025. Son but : recenser les véhicules immergés dans les cours d’eau et plans d’eau de France.

Les plongeurs disposent désormais de sonars plus performants et de drones sous-marins capables de transmettre des images depuis le fond. Résultat : un véhicule peut être identifié sans être sorti de l’eau immédiatement. Un gain de temps énorme pour des enquêteurs qui cherchaient jusque-là à l’aveugle.

Le dispositif a déjà fait ses preuves. Selon Franceinfo, quatre corps ont été découverts dans des véhicules immergés depuis le lancement du projet. La gendarmerie a aussi lancé un appel au public pour recenser un maximum d’épaves. Sur le site Gendinfo, on lit que « chaque signalement peut contribuer à résoudre une affaire de disparition inquiétante ».

Cette méthode a déjà débloqué des dossiers ailleurs, comme celui d’un homme disparu dont la voiture est restée huit ans au fond de l’eau. Mais où les plongeurs cherchent-ils exactement dans l’affaire Méchinaud ?

D’après Sud Ouest, les recherches doivent d’abord porter sur plusieurs plans d’eau autour de Cognac et de Boutiers-Saint-Trojan. Elles pourront ensuite être élargies à d’autres secteurs, notamment à la Charente elle-même.

Autrement dit, les enquêteurs commencent par le périmètre le plus proche du trajet que la famille devait parcourir cette nuit-là. Aucune épave n’a été annoncée à ce stade.

Drone sous-marin et sonar au-dessus d'un fond de rivière trouble

Ce que les plongeurs cherchent, et ce qu’ils ont déjà trouvé ailleurs

Avant tout, un mystère de cette ampleur se résout rarement d’un coup. Ici, l’objectif est précis : repérer la Simca 1100 rouge grenat, quelque part sous la surface.

Le principe est simple. Les sonars balayent le fond et dessinent des formes. Les drones sous-marins renvoient ensuite des images, ce qui permet de confirmer qu’il s’agit bien d’une voiture, voire d’en préciser le modèle, sans la remonter tout de suite.

La technique a déjà porté ses fruits. Dans les Landes, deux cold cases ont été résolus en l’espace de 24 heures. Une équipe américaine, Adventures With Purpose, a extrait deux véhicules de l’Adour cet été.

Le premier contenait les restes humains de David Stévenin, disparu en 2018. Le second appartenait à Joëlle Pouy, disparue un an plus tôt. Deux familles ont enfin obtenu une réponse après des années de silence.

Ces opérations remettent en lumière une discipline méconnue du grand public : l’investigation criminalistique en milieu subaquatique. Pour les Méchinaud, rien n’est acquis. Mais pour la première fois depuis des décennies, un outil précis est braqué sur les plans d’eau du secteur.

Ce que ça change pour l’enquête, et ce qu’il reste à surveiller

Si une épave était repérée, elle ne livrerait pas forcément toutes ses réponses. Mais elle réorienterait un dossier qui a connu plusieurs impasses, dont les fouilles de 2020 chez l’amant de Pierrette. Les enquêteurs sauraient au moins où la famille a fini sa route.

Les prochaines étapes dépendent des résultats des premiers plans d’eau. Si rien n’apparaît autour de Cognac et de Boutiers-Saint-Trojan, les recherches pourraient s’étendre à la Charente. Le calendrier précis n’a pas été communiqué dans les informations disponibles.

Reste la question qu’un internaute pose sous l’article : après tant d’années, ne faut-il pas conclure que les enquêteurs de l’époque n’ont pas fait grand-chose ? Le reproche circule, mais il oublie que les moyens techniques actuels n’existaient tout simplement pas en 1972. On sait aujourd’hui retrouver des disparus au bout de 34 ans, ce qui change la perspective.

Le projet LETHE montre surtout que la patience peut payer. Chaque signalement du public compte, selon la gendarmerie, et un témoin local pourrait détenir un indice utile. D’autres affaires ont ainsi avancé grâce à des révélations tardives qui relancent une enquête.

Pour les proches et pour toute la Charente, une seule image sonar pourrait suffire à rouvrir le chapitre.

Cinquante-trois ans de silence, et peut-être une réponse sous quelques mètres d’eau : voilà le pari de ces plongeurs. Et si les cold cases vous fascinent, ce que ce chewing-gum jeté il y a 40 ans a fini par révéler vaut le détour. Quant à ceux qui se demandent comment un corps peut rester caché des décennies, cette cave et ces ordures d’une affaire de 1998 donnent un début de réponse glaçant.

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