Ce chewing-gum jeté il y a 40 ans a permis de confondre un tueur en série

On jette un chewing-gum sans y penser. Un geste anodin, quotidien, insignifiant. Sauf quand ce petit morceau de gomme mâchée contient l’ADN d’un tueur en série. Plus de 40 ans après le meurtre brutal de deux femmes, un cold case vient d’être résolu grâce à ce déchet abandonné. L’homme identifié s’appelle Mitchell Gaff. Et son histoire donne des frissons.
Susan Vesey et Judith Weaver : deux vies fauchées dans les années 80
Les victimes s’appelaient Susan Vesey et Judith Weaver. Deux femmes dont les vies ont été brisées par un prédateur resté invisible pendant des décennies. Dans les années 1980, les enquêteurs disposaient de peu d’outils pour exploiter les traces biologiques laissées sur une scène de crime. Les indices existaient pourtant, silencieux, attendant leur heure dans des sacs de scellés oubliés au fond d’un entrepôt judiciaire.
À l’époque, les proches des victimes vivaient dans un brouillard d’incompréhension. « Quelque chose a dû se passer », répétait un membre de la famille, incapable de faire son deuil sans réponse. Les dossiers ont été classés, rouverts, reclassés. Le temps passait. Mais la science, elle, avançait. Et c’est précisément cette avancée scientifique inattendue qui allait tout changer des décennies plus tard.
Un chewing-gum usagé et la généalogie génétique ont fait tomber Mitchell Gaff
Le tournant ? Un morceau de chewing-gum récupéré sur les lieux d’un des crimes. Conservé comme pièce à conviction, il contenait de la salive — et donc de l’ADN exploitable. Grâce aux progrès de la généalogie génétique, technique qui croise les profils ADN avec des bases de données familiales publiques, les enquêteurs ont remonté un arbre généalogique jusqu’à un suspect : Mitchell Gaff.
Pour confirmer le lien, les policiers ont attendu que Gaff jette un nouveau chewing-gum. Le profil correspondait. Parfaitement. L’homme, également identifié comme violeur en série, a été arrêté puis inculpé pour les deux meurtres. Un cold case vieux de plus de quatre décennies venait de s’effondrer grâce à un déchet de quelques grammes. Mais la question que tout le monde se pose maintenant, c’est : combien d’autres affaires non résolues pourraient connaître le même dénouement ?

Des milliers de cold cases pourraient être résolus par la même méthode ADN
Les progrès scientifiques récents bouleversent la criminalistique à une vitesse folle. Aux États-Unis, la généalogie génétique a déjà permis de résoudre des centaines d’affaires classées. Le cas le plus célèbre reste celui du Golden State Killer, identifié en 2018 après plus de 30 ans d’impunité.
Mitchell Gaff rejoint désormais cette liste de prédateurs rattrapés par la science. Ses victimes, Susan Vesey et Judith Weaver, obtiennent enfin une forme de justice. Pour leurs familles, le soulagement se mêle à la douleur. 40 ans d’attente, c’est une vie entière passée sans réponse. Les enquêteurs estiment que des milliers de scellés contiennent encore des traces biologiques inexploitées. Un cheveu, une trace de salive, un objet que tout le monde croyait sans valeur — chacun pourrait devenir la clé d’un dossier oublié.
Un chewing-gum mâché, craché, oublié. Et 40 ans plus tard, il parle plus fort qu’un témoin. L’ADN ne ment pas, ne vieillit pas, ne se tait jamais vraiment. La prochaine fois que vous verrez un vieux chewing-gum collé au trottoir, dites-vous qu’il raconte peut-être une histoire que personne n’a encore eu les moyens d’entendre.