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Elle lui fait croire pendant 3 ans qu’il est père de deux bébés vendus 500 £ : ce que le juge a conclu

Publié par Elsa Fanjul le 03 Oct 2026 à 14:20

Un homme d’une trentaine d’années pensait avoir été père à deux reprises. Photos, échographie, messages réguliers : tout semblait réel. Puis sa compagne lui a dit avoir vendu les enfants pour 500 livres. Devant la High Court de Londres, une version radicalement différente est apparue, et la conclusion de la juge est presque plus troublante que l’histoire de départ.

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Trois ans de grossesses annoncées, un homme arrêté et aucun bébé à voir

L’affaire vient d’être rendue publique par la justice britannique. Elle repose sur une décision écrite de la juge Judd, datée de février mais publiée un vendredi. Le demandeur, qui ne peut pas être identifié, a saisi le tribunal à propos d’une « campagne de tromperie élaborée » qui aurait duré environ trois ans.

Selon ce qu’il a raconté à la cour, tout commence fin 2022. Sa compagne, alors âgée d’une cinquantaine d’années, lui annonce qu’elle est enceinte. Au fil des mois, elle serait devenue « visiblement enceinte ». Lui affirme avoir vécu cette première grossesse à ses côtés, jusqu’à toucher son ventre.

Puis vient mai 2023, la date prévue de la naissance. Le couple se dispute, et elle appelle la police en l’accusant de l’avoir agressée. Il est arrêté et placé en détention provisoire pendant plusieurs mois. Ce genre de scène, on l’attend plutôt dans un thriller que dans un dossier de tribunal.

Et ce n’est que le début, car on a déjà vu des grossesses qui font parler bien au-delà du cercle intime, mais rarement avec un tel enjeu judiciaire.

Pendant que l’homme est derrière les barreaux, la femme prévient son beau-père que le bébé est né. Elle envoie aussi à son compagnon des photographies et des messages réguliers sur l’enfant. De son côté, il ne verra jamais ce bébé. Comment un récit pareil a-t-il tenu aussi longtemps ?

Photos, échographie, bébé en pleurs : les preuves que l’homme croyait solides

À sa sortie de prison, la relation reprend. Selon la juge, il explique que sa compagne lui dit alors que le bébé est chez un membre de la famille. Elle ajoute que les services sociaux locaux lui interdisent de le voir, tout en continuant à lui montrer de nombreuses photos de l’enfant.

Elle lui annonce ensuite une seconde grossesse, avec un terme prévu en août 2024. Mais ce mois-là, le couple se sépare pour de bon. Elle prévient pourtant la mère de son ex que le deuxième bébé est né.

Parmi les éléments cités dans la décision, une échographie envoyée à l’homme et un message vocal adressé à sa mère, où l’on entend un bébé pleurer. Ce détail a d’ailleurs fini par peser lourd, comme on le verra. Un récit si bien entretenu, même à distance, a de quoi dérouter, un peu comme ces vidéos de grossesse qui intriguent les internautes et poussent à scruter chaque image.

À un moment, la femme dit à l’homme qu’elle a vendu les enfants. C’est cette phrase qui l’a poussé à saisir la justice. Selon la décision, l’objectif était de comprendre ce qu’étaient devenus ses deux enfants présumés.

Le prix annoncé, 500 livres pour les deux, figure dans l’histoire telle qu’elle a été racontée. Mais lorsque la juge a interrogé la défenderesse, celle-ci a livré une version que personne n’attendait. Et elle a tout changé.

Marteau de juge et dossier devant un tribunal

« Les enfants n’existaient pas » : l’aveu qui renverse l’histoire

Devant la juge, la question du corps et de la ménopause prend ici une tournure inattendue. La femme a expliqué qu’il n’y avait jamais eu d’enfants. Elle a reconnu avoir menti sur les grossesses, par vengeance, en reprochant à l’homme de l’avoir maltraitée, elle et son fils. Ces accusations sont celles qu’elle formulait ; la décision publiée ne les présente pas comme établies.

Elle a ajouté qu’elle était ménopausée à l’époque et qu’elle ne pouvait donc pas être enceinte. Elle a aussi assuré avoir toujours eu une forte corpulence, avec un ventre imposant. De quoi expliquer, selon elle, l’impression de grossesse.

Plusieurs éléments vont dans ce sens. Des relevés bancaires montrent qu’elle s’est rendue dans un salon de bronzage le jour où elle disait avoir accouché. Aucune trace de naissance n’a été retrouvée sur son téléphone. Et ni les services sociaux ni la police n’avaient le moindre dossier.

Quant au message vocal avec les pleurs de bébé, elle a fini par expliquer qu’il avait été enregistré en faisant tourner une vidéo YouTube en arrière-plan. Fin de l’énigme : la juge Judd a estimé qu’il était très probable que les enfants n’aient jamais existé.

Elle a pourtant reconnu que le dossier lui laissait deux scénarios « extrêmement improbables » et « bizarres ». Le plus plausible restait, selon elle, que la femme ait mené une campagne de tromperie d’environ trois ans pour lui faire croire qu’il allait devenir père, puis qu’il l’était devenu.

Une cruauté qui a touché aussi sa mère

Dans sa décision, la juge n’a pas mâché ses mots : le comportement était « cruel », car il a amené un homme et sa mère à croire qu’ils avaient respectivement des enfants et des petits-enfants. Le choc ne s’est donc pas limité au seul demandeur.

Sa mère avait reçu le message vocal avec les pleurs, et son beau-père avait été prévenu de la première naissance. Toute la famille a donc vécu, pendant des mois, avec l’idée d’une naissance, puis d’une seconde, sans jamais voir un enfant. Un deuil sans corps et sans naissance à fêter, en somme.

Rappelons que l’homme a aussi passé plusieurs mois en détention provisoire après les accusations d’agression. Il s’agit de ce que la femme a déclaré à la police, et la décision ne détaille pas les suites de cette procédure. Mais l’on comprend que son récit a eu des effets très concrets sur sa vie.

Ce type de dossier rappelle d’autres affaires où une information fausse circule vite et fait des dégâts. Il suffit de voir la réaction d’un maire face à une fausse information pour mesurer ce que peut produire un récit non vérifié. Ici, pourtant, l’histoire est née dans l’intimité d’un couple.

Ce que cette affaire dit de la parole et de la preuve

Le jugement ne dit pas que tout s’est réglé en une audience. Il montre surtout comment un tribunal reconstitue des faits quand deux versions s’opposent. La juge s’est appuyée sur des éléments matériels : relevés bancaires, téléphone, absence de dossiers officiels, explication sur la vidéo YouTube.

Le fait que la défenderesse reconnaisse elle-même avoir menti a évidemment pesé. Mais la juge n’a pas écarté la prudence : elle a parlé de scénarios extrêmement improbables avant de retenir le plus vraisemblable. Cette nuance compte, car la décision parle de probabilité et non de certitude absolue.

Reste la douleur d’avoir cru à une paternité. Une histoire proche, sur le plan émotionnel, de ces témoignages de grossesses interrompues où le deuil se vit en silence. Ici, pourtant, il s’agissait d’enfants qui, selon la juge, n’ont probablement jamais existé.

Autre enseignement : la publication du jugement. Il a été rendu en février, mais il n’est rendu public que maintenant, et l’homme demeure anonyme. Sa démarche en justice a donc permis, au moins, de trancher une question que personne n’osait poser : y avait-il des enfants ?

Pour d’autres, la leçon sera plus large. On croit facilement ce qui est accompagné d’images et de sons, d’autant plus quand cela touche à la famille. Or, comme le montre cette affaire, une fausse information en matière de santé peut se dissimuler derrière des détails très convaincants.

Deux bébés qui n’ont probablement jamais existé, trois ans de messages, et un salon de bronzage qui trahit le calendrier : tout tient dans cette phrase de la juge, qui parle d’une campagne de tromperie. Et si vous aimez les histoires où la vérité arrive par un détail minuscule, ce que Jean-Luc Lemoine a appris par une simple news vous fera sûrement lever un sourcil.

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