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« Je devais accoucher sur scène tous les soirs » : Anne Hathaway révèle avoir fait une fausse couche en pleine pièce de théâtre

Publié par Cassandre le 04 Mai 2026 à 9:03
« Je devais accoucher sur scène tous les soirs » : Anne Hathaway révèle avoir fait une fausse couche en pleine pièce de théâtre

Pendant près de dix ans, Anne Hathaway a gardé pour elle l’un des moments les plus douloureux de sa vie. En couverture du Vanity Fair d’avril, l’actrice oscarisée brise enfin le silence sur un épisode intime survenu en 2015. À l’époque, elle montait chaque soir sur la scène d’un théâtre new-yorkais pour incarner une femme enceinte. Ce que personne ne savait dans le public, c’est qu’elle vivait exactement l’inverse dans la vraie vie.

Un rôle qui devient un calvaire secret

En 2015, Anne Hathaway décroche le rôle principal de Grounded, une pièce jouée à Broadway pendant six semaines. Elle y incarne une pilote de drone militaire, seule en scène, dont l’histoire inclut une grossesse et un accouchement. Un rôle exigeant, physiquement et émotionnellement. Ce que l’actrice ne dit à personne à ce moment-là, c’est qu’elle tente d’avoir son premier enfant avec son mari Adam Shulman.

Anne hathaway sous le charme miss france

Et c’est précisément pendant cette série de représentations que tout bascule. Anne Hathaway fait une fausse couche. Du jour au lendemain, elle doit continuer à simuler un accouchement sur scène alors qu’elle porte le deuil d’une grossesse perdue. « Je devais accoucher sur scène tous les soirs », confie-t-elle à Vanity Fair, dans un entretien relayé par Le Parisien. Chaque représentation devient une épreuve que le public ne soupçonne pas.

Ce type de situation, où la vie intime percute violemment la vie professionnelle, reste rarement raconté par les personnalités publiques. Comme Sylvie Vartan qui a révélé avoir perdu un enfant, Anne Hathaway choisit ses mots avec soin. Mais la force de son témoignage tient justement dans ce contraste insoutenable entre la fiction et le réel.

Quand faire semblant devient impossible

Sur scène, Anne Hathaway tient le coup. Elle est professionnelle, le spectacle continue. Mais en coulisses, la façade se fissure. L’actrice finit par confier la vérité à ses amis qui viennent la voir après les représentations. « C’était trop dur de garder ça pour moi lorsque j’étais sur scène et de faire semblant que tout allait bien », explique-t-elle.

ANNE HATHAWAY

Ce qui frappe dans son récit, c’est la solitude. Pendant six semaines, soir après soir, elle rejoue la maternité devant des centaines de spectateurs sans que personne ne mesure ce que ça lui coûte. Le théâtre, par nature, impose de se mettre à nu. Mais là, l’actrice vit une mise à nu qu’elle n’a pas choisie, et que personne ne voit.

Des années plus tard, quand elle annonce sa deuxième grossesse sur Instagram en 2019, elle refuse de poster une simple photo joyeuse. Son message s’adresse directement aux femmes en difficulté : « À tous ceux qui vivent l’enfer de l’infertilité, sachez que ça n’a pas été un parcours sans embûches pour chacune de mes grossesses. Je vous envoie beaucoup d’amour. » Une publication qui prend tout son sens à la lumière de ce qu’elle révèle aujourd’hui.

« Ç’aurait été malhonnête de poster simplement ma joie »

Dans son entretien avec Vanity Fair, Anne Hathaway revient sur ce choix de transparence. « Au vu de tout ce que j’ai pu ressentir quand j’essayais de tomber enceinte, je me suis dit que ç’aurait été malhonnête de poster simplement ma joie alors que je sais très bien que c’est beaucoup plus compliqué que ça. La première fois, ça n’a pas marché pour moi », reconnaît-elle sans détour.

Ce qui rend ce témoignage si puissant, c’est qu’il vient d’une femme que le grand public associe à des tapis rouges et des sourires impeccables. Comme Amel Bent qui s’est confiée sur sa mammographie, l’actrice refuse le vernis habituel des stars sur les questions de santé. Elle ne romantise rien, ne dramatise rien non plus. Elle dit les choses.

En partageant son histoire avec son entourage dès 2015, Anne Hathaway découvre d’ailleurs quelque chose qui la marque profondément : plusieurs de ses proches ont traversé exactement la même épreuve, sans jamais en parler. Le silence autour des fausses couches fonctionne comme un miroir sans tain — chacune souffre en croyant être seule, alors que la voisine, la collègue, l’amie vit la même chose dans l’ombre.

Un tabou qui touche une femme sur dix

« Quand tout s’est bien passé pour moi, j’ai voulu rappeler aux autres femmes qu’il n’y avait pas besoin de toujours faire semblant. Je vous vois et j’ai été comme vous. C’est vraiment difficile de vouloir quelque chose à ce point et de se demander si l’on fait quelque chose de mal », poursuit l’actrice. Des mots qui résonnent bien au-delà d’Hollywood.

Scène de théâtre Broadway vide avec un projecteur solitaire éclairant les planches

Car les chiffres sont vertigineux. En France, environ 200 000 femmes subissent une fausse couche chaque année. À l’échelle mondiale, les estimations tournent autour de 23 millions par an, soit environ une grossesse sur quatre qui s’interrompt avant 22 semaines d’aménorrhée. Dit autrement : c’est l’une des expériences médicales les plus courantes au monde, et pourtant l’une des moins discutées publiquement.

La France a commencé à bouger sur le sujet. En 2023, une loi a instauré un arrêt de travail sans jour de carence ni perte de salaire pour les femmes concernées. Une avancée concrète qui montre que la société reconnaît enfin cette réalité. Mais le chemin reste long : beaucoup de femmes continuent de vivre leur fausse couche dans une forme de honte silencieuse, comme si leur corps avait « échoué ».

Estelle Lefébure racontait récemment les réactions surprenantes de son entourage à l’annonce de sa grossesse tardive. Chaque témoignage de ce type, qu’il vienne d’une star ou d’une inconnue, contribue à normaliser des parcours de maternité qui ne ressemblent pas aux contes de fées.

Dix ans de silence, puis la libération

Pourquoi parler maintenant, près d’une décennie après les faits ? Anne Hathaway, aujourd’hui âgée de 41 ans et mère de deux garçons — Jonathan Rosebanks, né en 2016, et Jack, né en 2019 — semble avoir trouvé la distance nécessaire pour mettre des mots sur cette période. Son premier fils est né un an seulement après la fausse couche de 2015. La vie a repris, mais la cicatrice est restée.

En choisissant la couverture de Vanity Fair pour cette révélation, l’actrice donne à son témoignage une portée maximale. Ce n’est pas un commentaire lâché au détour d’une interview promotionnelle. C’est un choix éditorial mûri. Comme Laurent Voulzy brisant le silence sur son cancer, elle utilise sa notoriété comme un mégaphone pour un sujet qui concerne des millions de personnes.

Le plus marquant dans tout ça, c’est peut-être cette image : une actrice oscarisée, seule sur une scène de Broadway, qui simule la joie d’accoucher devant un public conquis, alors qu’elle vient de perdre l’enfant qu’elle attendait dans la vraie vie. Pendant six semaines, personne n’a rien vu. L’histoire tragique de Kiara Brokenbrough, décédée en accouchant à 32 ans, rappelle à quel point la maternité reste un territoire où le pire peut côtoyer le meilleur.

Aujourd’hui, Anne Hathaway poursuit sa carrière en portant cette parole sur la scène publique. Pas comme un combat militant, mais comme un simple constat : « La première fois, ça n’a pas marché pour moi. » Une phrase courte, factuelle, qui dit tout de ce que des millions de femmes traversent en silence. Et qui, dix ans après, trouve enfin le chemin de la lumière.

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