Il tue son amie de 29 ans en tentant d’« expulser les démons » : le récit glaçant d’un exorcisme mortel


Une soirée entre amis qui bascule dans l’horreur. Au Brésil, une jeune femme de 29 ans a été battue à mort par un homme persuadé de la délivrer de forces démoniaques. Ce qu’a révélé l’autopsie donne la mesure d’une violence que rien — ni la drogue, ni la croyance — ne peut justifier.
Cris, convulsions et silence : ce qui s’est passé dans cet appartement de Serra
Le drame s’est joué le dimanche 21 juin, en soirée, dans le quartier de Jardim Limoeiro, commune de Serra, dans l’État d’Espírito Santo. Marceli de Oliveira Gottardo, 29 ans, se trouvait dans un appartement en compagnie de Bryan Fernando Gimenez Souza, 26 ans, un ami qu’elle connaissait depuis à peine un mois.
Vers 20 h 40, des voisins entendent des hurlements. Le bruit est suffisamment inquiétant pour que plusieurs résidents tentent de joindre les occupants par interphone. Des cris derrière une porte, un silence soudain, puis l’alerte donnée aux forces de l’ordre.
Entre-temps, Bryan sollicite lui-même l’aide d’un voisin. En pénétrant dans le logement, celui-ci découvre Marceli étendue au sol, secouée de convulsions. Une étudiante infirmière de l’immeuble est appelée en renfort et tente les gestes de premiers secours.
Rien n’y fait. À l’arrivée des pompiers, Marceli est déclarée morte sur place. Quand on pense aux disparitions qui mobilisent des régions entières, ici tout s’est joué en quelques dizaines de minutes, dans un appartement ordinaire.
Cocaïne, « possession » et coups mortels : ce que révèle l’interrogatoire
Arrêté dans la foulée, Bryan a été placé en garde à vue. Face aux enquêteurs, il reconnaît avoir agressé la victime — mais invoque une explication qui glace le sang. Selon ses déclarations, Marceli et lui avaient consommé de la cocaïne plus tôt dans la journée. Des sachets vides retrouvés près du canapé confirment cette version.
Puis la situation dérape. Le jeune homme affirme s’être convaincu que son amie était « possédée par des démons ». Cette croyance l’aurait poussé à la frapper violemment, dans ce qu’il décrit comme une tentative d’exorcisme destinée à « expulser » les forces du mal. Un geste qu’il présente presque comme un acte de sauvetage.
Sauf que le corps de Marceli raconte une tout autre histoire. Les médecins légistes ont relevé des marques au cou compatibles avec un étranglement, des traumatismes au visage, un saignement à l’oreille et de nombreuses ecchymoses. L’autopsie de l’Institut médico-légal a conclu à une hémorragie intracrânienne et un traumatisme crânien provoqués par de violents coups portés avec un objet contondant.
Autrement dit, ce n’est pas un « rituel » qui a tué Marceli. Ce sont des coups d’une brutalité extrême. La frontière entre croyance et violence a été franchie de la manière la plus irréversible qui soit.

Homicide aggravé et détention : ce que risque le suspect de 26 ans
Les conséquences judiciaires n’ont pas tardé. Bryan Fernando Gimenez Souza a été mis en examen pour homicide aggravé. Il a été placé en détention provisoire pendant que l’enquête se poursuit dans cette affaire rapportée par le Daily Star.
Au Brésil, l’homicide aggravé — qualifié de « homicídio qualificado » — est passible de 12 à 30 ans de réclusion. L’usage de drogue et les circonstances du passage à l’acte pourraient constituer des facteurs aggravants lors du procès.
Ce qui frappe dans ce dossier, c’est la rapidité de la bascule. Un mois de connaissance, une soirée, de la cocaïne, et une conviction délirante qui se transforme en acte mortel. Les voisins ont réagi vite — interphone, appel à la police, gestes de premiers secours tentés par une étudiante infirmière. Mais le mal était déjà fait.
La famille de Marceli n’a pas encore communiqué publiquement. L’enquête devra déterminer si d’autres éléments — antécédents psychiatriques, quantité de drogue consommée — ont joué un rôle dans le passage à l’acte.
Une jeune femme de 29 ans est morte parce qu’un homme a cru voir des démons là où il n’y avait qu’une amie. Ni la foi ni la drogue ne sont des circonstances atténuantes quand on tue à coups d’objet contondant. Et vous, saviez-vous que des exorcismes mortels sont documentés chaque année dans le monde, y compris en Europe ?