Fouettée, étranglée, forcée à manger les excréments du chat… 6 ans après la mort de Léa, sa mère est toujours libre

Une fillette de 9 ans, battue, humiliée, torturée pendant des mois. Un décès survenu le 30 juin 2020 à Rive-de-Gier, dans la Loire. Et six ans plus tard, toujours aucun procès. Alors que l’instruction est enfin close et que le procureur réclame un renvoi aux assises pour meurtre, la famille paternelle de la petite Léa vit dans l’attente et la colère.
Léa, 9 ans, morte sous les coups : ce que l’autopsie a révélé
Le calvaire de Léa a pris fin de la pire des manières. L’autopsie pratiquée sur son corps a établi que la fillette est décédée d’une péritonite, causée par une déchirure de l’intestin. Un coup violent porté au ventre. Un seul geste, mais pas un cas isolé.
Les médecins légistes ont aussi découvert deux fractures récentes : le crâne et le nez. Des traces plus anciennes, visibles au niveau des côtes et du sternum, témoignaient d’une violence répétée, installée dans le temps. Un corps d’enfant qui portait les marques d’un enfer quotidien.
Très vite, les enquêteurs ont privilégié la piste de la maltraitance. L’enquête a mis au jour des actes d’une cruauté rare : pince plate sur les tétons, coups de pied et de poing, étranglements, cheveux tirés. La petite fille aurait aussi été forcée à manger les croquettes et les excréments du chat. Des actes d’humiliation systématiques, comme si la souffrance physique ne suffisait pas.
Ce dossier rappelle tragiquement d’autres affaires récentes où des enfants ont été victimes de violences dans leur propre foyer. La famille paternelle de Léa fait d’ailleurs le parallèle avec l’affaire Lyhanna, qui a secoué la France ces dernières semaines.
Mise en examen pour meurtre… puis remise en liberté
Trois jours après la mort de Léa, sa mère – une aide-soignante de 29 ans à l’époque – a été mise en examen. Les charges : meurtre et violences volontaires habituelles sur mineur de moins de 15 ans. Elle a été placée en détention provisoire.
Mais la procédure a atteint sa durée légale maximale. En 2022, la mère de Léa a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire. Une décision qui a provoqué la stupeur de la famille paternelle. « La mère est dehors, nous avons vu sur les réseaux qu’elle refaisait sa vie », confient les proches au Progrès.
Seule restriction connue : une interdiction de séjour dans la Loire. Pour la famille, c’est dérisoire. Le beau-père de la victime, lui, avait été mis en examen et incarcéré pour complicité. Il est décédé depuis, sans jamais avoir été jugé.
Six ans d’attente. La famille dénonce une « inertie des institutions » qui contraste avec la gravité des faits. Dans un pays où la violence faite aux plus vulnérables fait régulièrement la une, le silence judiciaire autour de cette affaire interroge. Chaque mois de juin ravive la douleur, et l’absence de procès alimente un sentiment d’injustice que rien ne vient apaiser.

Perpétuité requise : le procès pourrait enfin avoir lieu en 2027
En février 2026, un juge d’instruction de Saint-Étienne a prononcé la fin des investigations. L’instruction est désormais close. Le 3 juin, le parquet a rendu son réquisitoire définitif.
Et il va plus loin que le juge. Là où l’instruction retenait la qualification de « coups mortels », le procureur a choisi de retenir le meurtre. Combinée aux accusations d’actes de torture et de barbarie, cette requalification change tout. La mère de Léa encourt désormais la réclusion criminelle à perpétuité.
Le renvoi devant la cour d’assises de la Loire est demandé. Le procès pourrait se tenir dans le courant de l’année 2027 – soit sept ans après le drame. Sept ans pendant lesquels la famille paternelle n’a cessé de réclamer justice pour une enfant dont le corps portait les stigmates d’une cruauté que personne n’avait su voir à temps.
Pour les proches, ce procès ne sera pas seulement celui d’une mère. Ce sera celui des signaux manqués, des alertes ignorées, d’un système qui a laissé une fillette mourir dans l’indifférence. La question, désormais, est de savoir si la justice sera à la hauteur de ce que Léa a enduré.
Sept ans pour arriver devant une cour d’assises. Sept ans d’attente pour une famille qui n’a jamais cessé de se battre pour une enfant de 9 ans. Si ce procès finit par avoir lieu en 2027, il devra répondre à une question qui dépasse le seul cas de Léa : combien d’enfants souffrent aujourd’hui dans le silence, pendant que la machine judiciaire tourne au ralenti ?