Une femme de 25 ans tuée de 58 coups de couteau à Martigues : son compagnon mis en examen

Lundi 1er juin, les secours découvrent une scène d’horreur dans un appartement de Martigues. Une jeune femme de 25 ans gît au sol, criblée de dizaines de plaies. Son compagnon est là, lui aussi. Il dit l’avoir trouvée comme ça.
L’autopsie révélera 58 coups portés à l’arme blanche. Un chiffre qui glace le sang. Et un suspect qui maintient sa version, malgré des éléments accablants. Voici ce que l’on sait de cette affaire qui relance le débat sur les féminicides en France.
Martigues, 1er juin : ce que les secours ont découvert dans l’appartement
Quand les secours arrivent dans cet appartement des Bouches-du-Rhône, la victime est déjà inanimée. Elle présente plusieurs plaies saignantes sur les parties supérieures du corps. Le tableau est sans ambiguïté : cette femme a subi une violence extrême.
Son compagnon, un homme de 40 ans, est présent sur les lieux. Il déclare spontanément aux intervenants avoir retrouvé sa compagne inconsciente et ensanglantée en rentrant du travail. Selon lui, il aurait immédiatement alerté ses voisins pour demander de l’aide.
L’affaire est confiée au parquet d’Aix-en-Provence, qui ouvre une enquête. Les premiers éléments recueillis sur place vont rapidement orienter les investigations. Car entre la version du compagnon et la réalité médico-légale, un gouffre se dessine.
L’autopsie révèle 58 plaies : la froide mécanique d’un acharnement
Les résultats de l’autopsie tombent et ils sont accablants. Le médecin légiste dénombre 58 plaies compatibles avec l’emploi d’un instrument piquant ou tranchant. La plupart sont localisées sur le torse, la tête et le cou.
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Le parquet précise que ces blessures sont « compatibles avec l’intervention d’un tiers ». En clair, cette femme n’a pas pu s’infliger elle-même de telles lésions. La violence des coups, leur nombre et leur localisation racontent un acharnement méthodique.
Face à ces éléments, le compagnon est placé en garde à vue. Il est présenté au juge d’instruction ce mercredi 3 juin. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire. Malgré tout, l’homme continue de nier être l’auteur de cet homicide. La justice devra reconstituer les dernières heures de la victime.

107 féminicides en 2024 : le chiffre qui ne baisse pas
Ce drame relance une fois de plus la question des violences conjugales en France. Les derniers chiffres officiels, publiés en octobre, font état de 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint entre 2023 et 2024. Soit une hausse de 11 %.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait alors qualifié la situation d’« insupportable », assurant que la mobilisation des forces de l’ordre était « totale ». Des mots forts, mais les chiffres continuent de grimper.
À Martigues, une femme de 25 ans a perdu la vie dans des conditions d’une brutalité rare. L’enquête ne fait que commencer, et de nombreuses zones d’ombre restent à lever. Mais les 58 coups portés à son corps parlent déjà d’eux-mêmes.
Cinquante-huit coups. Un chiffre qui devrait hanter bien au-delà des murs de ce tribunal. En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son partenaire. Et à chaque nouveau drame, la même question revient : à quel moment le système aurait-il pu intervenir avant qu’il ne soit trop tard ?