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Accusés d’avoir arrangé leurs lancers : 450 000 $ pour les parieurs, 65 ans de prison encourus

Publié par Mathieu le 04 Nov 2026 à 19:35
Lanceur de base-ball concentré sur le monticule du stade

Imaginez un lanceur qui sait, avant même de lâcher la balle, où elle va filer et à quelle vitesse. Aux États-Unis, deux joueurs des Cleveland Guardians sont jugés à New York, accusés d’avoir truqué leurs lancers au profit de parieurs. Combien l’affaire a-t-elle rapporté, et quelle peine risquent-ils ? Les chiffres donnent le vertige.

Deux lanceurs des Guardians face aux juges de New York

Le procès s’est ouvert lundi 2 novembre à New York. Sur le banc des accusés, deux Dominicains de la ligue américaine de base-ball (MLB) : Emmanuel Clase et Luis Ortiz, tous deux joueurs des Cleveland Guardians.

Selon le parquet, ils auraient truqué certains lancers pour faire gagner de l’argent à des parieurs. Ces paris se plaçaient sur des plates-formes très prisées outre-Atlantique, comme DraftKings et FanDuel.

Les deux hommes nient les multiples chefs d’accusation. Ils ont été suspendus de la ligue en juillet 2025, puis inculpés en novembre de la même année. Présomption d’innocence oui : à ce stade, rien n’est prouvé devant la justice.

L’affaire a une particularité. Elle ne vise pas un match arrangé de bout en bout, mais un geste minuscule : un lancer isolé, que le public ne remarque même pas. Pourtant, c’est sur ce genre de détail que l’argent peut se déplacer.

L’argent facile attire toujours les combinards. L’histoire de cet Ardéchois qui rêve de 9 000 € de bénéfice sur des places de concert le rappelle à sa façon. Mais comment un simple lancer devient-il un pari gagnant ?

Un lancer décidé à l’avance : la mécanique que décrit l’accusation

Selon le parquet, tout se jouait avant le match. Les joueurs se seraient entendus avec des complices sur le lancer à effectuer, une certaine vitesse ou un certain endroit où placer la balle.

Le principe est limpide. Quelqu’un qui connaît le résultat d’un lancer avant qu’il ait lieu joue avec une longueur d’avance sur tous les autres parieurs. Les complices pouvaient ainsi miser en toute confiance sur ces lancers précis.

Les plates-formes de paris en ligne proposent en effet de miser sur des événements très fins d’une rencontre, pas seulement sur le vainqueur final. C’est justement cette finesse qui, d’après l’accusation, aurait servi de faille.

Le scénario fait penser aux arnaques qui reposent sur la confiance et l’information cachée. Même Yannick Noah s’est laissé piéger par une escroquerie qui a aussi touché d’autres célébrités. Dans l’affaire des Guardians, les victimes seraient surtout les plates-formes et les parieurs qui jouaient sans savoir.

Reste la question qui fâche : combien tout cela a-t-il rapporté ? D’après l’accusation, au total, Clase et Ortiz auraient permis aux parieurs de remporter environ 450 000 dollars, soit environ 402 000 euros. Des centaines de milliers de dollars, pour des gestes qui durent quelques secondes.

Et ce n’est pas le détail le plus troublant du dossier.

Balle de base-ball posée près d'un marteau de juge

Dès le premier lancer, depuis 2023 : le détail qui pèse lourd

Un procès se gagne ou se perd sur les détails, et celui des Guardians n’y échappe pas. Comme dans le procès de Chalençon, les magistrats vont devoir examiner des faits précis, un par un.

Selon les procureurs, ces lancers prémédités ont débuté en 2023. Autrement dit, les faits reprochés s’étendraient sur plusieurs saisons, pas sur un coup isolé.

Le parquet vise surtout un joueur. Emmanuel Clase « effectuait souvent ces lancers frauduleux dès le premier lancer d’un tour », soulignent les procureurs. Un choix qui n’a rien d’anodin : le premier lancer est un moment net, facile à isoler pour un pari.

Et voici ce que cette affaire peut coûter. Si les deux hommes sont reconnus coupables, chacun encourt jusqu’à 65 ans de prison, d’après le parquet. Soixante-cinq ans, pour chacun, soit largement plus qu’une carrière de sportif.

Il faut toutefois garder la nuance. Ces chiffres sont la peine maximale encourue, pas une peine prononcée. Clase et Ortiz contestent tout, et c’est au tribunal de trancher. Le verdict dira si le dispositif décrit par l’accusation tient debout.

Ce que ce procès peut changer pour le sport américain

Pour l’instant, la première conséquence est personnelle : les deux joueurs sont suspendus de la ligue depuis juillet 2025. Leur avenir sportif dépend désormais de ce qui sortira de la salle d’audience.

Le dossier relance aussi une question brûlante : jusqu’où le sport peut-il cohabiter avec le business des paris ? Le sujet s’invite partout, et le public se demande si un résultat peut encore être pris au sérieux. Dans le débat sur les sports les plus pratiqués en France, personne n’imaginait ce genre de dérive.

La triche sportive n’a pourtant rien de neuf. Un siècle avant les applis de paris, le marathon olympique de 1904 avait déjà son lot d’absurdités. Aujourd’hui, c’est la technologie qui change l’échelle.

Autre affaire, autre sport : selon Le Parisien, le traducteur d’une star japonaise du baseball lui aurait volé 16 millions de dollars pour éponger ses dettes de jeu. Dans ce dossier, rien n’est établi : le conditionnel s’impose.

Les audiences à New York vont maintenant dire ce que les jurés retiennent des accusations. Les deux joueurs continuent de se défendre. Reste à surveiller les preuves présentées par le parquet et les arguments de la défense.

Un lancer prévu d’avance, des parieurs informés, 65 ans de prison en jeu : l’affaire raconte surtout ce qui arrive quand le sport devient un terrain de jeu pour l’argent. Et quand on parle de tromperie, cette Porsche à 260 000 € avec 55 km au compteur cache une surprise dans sa boîte à gants. Et que cache vraiment une carrosserie rouge vendue comme une Ferrari par un concessionnaire italien ?

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