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« Une enquête bâclée » : les avocats de Jubillar démolissent le dossier après ses aveux glaçants

Publié par Cassandre le 06 Juil 2026 à 17:02
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© Capture d’écran Facebook

Quelques heures à peine après la révélation des aveux de Cédric Jubillar, ses avocats sont montés au créneau. Le silence de cinq ans venait de se briser, et pourtant, ce n’est pas la contrition qui domine leur discours. C’est la colère contre une enquête qu’ils jugent inachevée, et une question brûlante : le procès en appel de septembre peut-il encore avoir lieu tel quel ?

Un homme condamné qui reconnaît enfin le meurtre de Delphine

Le dossier Jubillar semblait figé depuis des années, entre certitudes judiciaires et absence totale de corps. Cédric Jubillar, déjà condamné pour le meurtre de son épouse Delphine, a bouleversé la donne en reconnaissant les faits, cinq ans après la disparition de l’infirmière de Cagnac-les-Mines.

Cette reconnaissance, révélée ce lundi 6 juillet, tombe à un moment charnière : celui où l’ancien plaquiste doit être rejugé en appel devant la cour d’assises de Toulouse. Une échéance fixée en principe fin septembre, avec une date symbolique retenue : le 21 septembre.

Mais au lieu d’apaiser le dossier, ces aveux viennent de rouvrir une plaie que ses conseils pensaient encore vive : celle du travail d’enquête lui-même, jugé incomplet depuis le premier jour.

« C’est flagrant » : la charge frontale contre les enquêteurs

Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi, l’avocat de Cédric Jubillar, Me Pierre Debuisson, n’a pas mâché ses mots. « C’est flagrant, l’enquête a été bâclée », a-t-il lâché, quelques heures seulement après la publication des aveux de son client. Une déclaration qui tranche radicalement avec l’image d’un dossier scellé par la reconnaissance des faits.

Son confrère, Me Guy Debuisson, a enfoncé le clou en pointant un manque de rigueur médicale et psychiatrique. « Le travail de fond n’a pas été fait par les psychologues, les psychiatres », a-t-il affirmé, suggérant que l’état mental de Cédric Jubillar n’a jamais été examiné avec la profondeur nécessaire dans une affaire aussi lourde de conséquences que celle qui a coûté la vie à Delphine.

Une critique qui fait écho à d’autres zones d’ombre soulevées ces derniers mois, notamment autour du changement d’avocat intervenu à quelques mois du procès en appel.

Vers un report du procès du 21 septembre ?

Pour les deux conseils de Cédric Jubillar, maintenir l’ouverture du procès à la date prévue relèverait tout simplement du « grotesque ». « Tout est à reprendre », a insisté Me Guy Debuisson, dressant une liste de conditions jugées indispensables avant toute audience.

Son confrère a complété cette exigence par trois demandes précises : que Cédric Jubillar soit à nouveau entendu, que des analyses soient réalisées sur le corps de Delphine si celui-ci venait à être retrouvé, et qu’il cesse de prendre des médicaments susceptibles d’altérer son discernement.

Reste que la décision finale n’appartient ni aux avocats ni à leur client. Elle repose désormais entre les mains de la présidente de la cour d’assises d’appel de Toulouse, chargée de rejuger Cédric Jubillar. Selon des informations obtenues par BFMTV auprès d’une source judiciaire, l’enquête est officiellement close et se trouve actuellement en phase d’appel.

D’ici l’échéance de septembre, la magistrate dispose toutefois d’une marge de manœuvre : elle peut ordonner un supplément d’information et demander aux juges d’instruction de réentendre rapidement Cédric Jubillar, avant même l’ouverture des débats.

Entre aveux tardifs et enquête contestée, le dossier Jubillar n’a peut-être jamais été aussi instable qu’à la veille de son procès en appel. La vérité judiciaire, elle, continue de se dérober au fil des rebondissements.

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