Lucas, 17 ans, est mort deux jours avant sa fête d’anniversaire : « anéanti », son village retient son souffle

Un accident de voiture, un adolescent héliporté en urgence absolue, et un village qui retient son souffle. C’est l’histoire tragique de Lucas Lalanne-Fuleki, 17 ans, percuté contre un poteau électrique à Comberouger, en Tarn-et-Garonne. Il devait souffler ses 18 bougies ce samedi. Le destin en a décidé autrement, et l’émotion submerge désormais toute une communauté.
Un accident qui a plongé tout un village dans l’angoisse
Tout commence mercredi 9 septembre 2026, en fin d’après-midi. Lucas circule sur la route de la Citadelle, un axe étroit qui longe le lac de Vigueron, entre Beaumont-de-Lomagne et Saint-Sardos. Dans une courbe à gauche, sa voiture mord le bas-côté pour une raison encore indéterminée.
Le véhicule termine sa course sur le toit, qui s’affaisse sur le jeune conducteur. Les pompiers de Verdun-sur-Garonne et de Beaumont-de-Lomagne doivent procéder à une désincarcération avant son transfert par hélicoptère vers le centre hospitalier de Toulouse-Purpan, autour de 20h30. Un scénario qui rappelle malheureusement combien la route peut se transformer en piège en une fraction de seconde, tout comme les conditions de conduite imprévisibles peuvent basculer un trajet ordinaire en drame.
Dans la commune de Saint-Sardos, l’inquiétude est immense. La mère de Lucas travaille comme secrétaire de mairie du village. Le maire, Gérard Fénié, sollicité par La Dépêche, refuse de s’exprimer face à la gravité de la situation. « Tout le monde est complètement anéanti », confie un habitant du bourg à la presse locale.
La mort de Lucas confirmée au lendemain de l’accident
Ce jeudi 10 septembre, la nouvelle tombe et brise tous les espoirs. Après une nuit et une matinée de lutte à l’hôpital, l’adolescent succombe à ses blessures en milieu de journée. Son état, jugé désespéré dès son arrivée à Purpan, ne laissait que peu de marge de manœuvre aux équipes médicales.
La disparition de Lucas Lalanne-Fuleki résonne particulièrement fort au sein du Stade beaumontois Lomagne rugby, son club depuis plusieurs saisons. Le jeune homme évoluait au centre de l’attaque avec l’équipe U19, en championnat de Régional 1. « Lucas faisait partie de notre équipe, de cette famille du rugby.
Toujours le sourire, assez discret », écrivent ses coéquipiers sur les réseaux sociaux, dans un message qui a bouleversé de nombreux abonnés, un peu comme certains hommages publics marquants qui traversent les réseaux ces derniers mois.
La présidente du club, Virginie Deprince-Delahaye, ne trouve pas de mots simples pour décrire la peine collective. « Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Lorsque nous avons appris le décès de Lucas, nous avons informé ses coéquipiers et leurs parents », explique-t-elle, précisant que la cellule de soutien psychologique de la Fédération française de rugby a été activée. Comme dans d’autres tragédies impliquant de jeunes victimes, le choc dépasse largement le cercle familial immédiat.

Un anniversaire qui ne se tiendra jamais, un club en deuil
Au-delà du club, c’est l’ensemble de la structure sportive qui est frappée. « De nombreux joueurs des équipes seniors ont joué par le passé avec lui, les féminines le connaissaient aussi… C’est un moment très difficile et injuste », insiste la présidente du SBLR.
Une soirée d’hommages est prévue ce vendredi 11 septembre en mémoire de l’attaquant beaumontois, et le club a annoncé qu’il ne participerait pas au tournoi de rugby à VII organisé par la Ligue Occitanie samedi.
Mais c’est un autre détail qui rend ce drame encore plus insoutenable pour l’entourage de l’adolescent. Lucas devait fêter ses 18 ans ce samedi 12 septembre. « Toute sa famille et tous ses amis devaient se réunir pour cet anniversaire, qui ne se tiendra finalement jamais », confie un proche, dévasté. Les préparatifs de la fête, entamés dans la joie quelques jours plus tôt, se sont transformés en organisation de funérailles.
L’enquête se poursuit pour éclaircir les circonstances exactes de la sortie de route. Aucun élément ne permet à ce stade d’expliquer pourquoi le véhicule a quitté la chaussée dans cette courbe. Lucas laisse derrière lui ses deux parents et son petit frère, plongés dans une douleur immense, tandis que Saint-Sardos et Beaumont-de-Lomagne apprennent à vivre avec ce vide soudain.
Un anniversaire transformé en veillée, un club qui range son maillot, une famille qui ne se remettra jamais tout à fait. Derrière chaque accident de la route se cache une histoire brutalement interrompue, et celle de Lucas restera gravée dans la mémoire de tout un territoire.