Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

« Je veux qu’il soit en prison toute sa vie » : Lucie, autiste, violée par son chauffeur de taxi scolaire

Publié par Cassandre le 04 Sep 2026 à 18:30

Elle a 10 ans quand tout commence. Une petite fille autiste, confiée chaque jour à un chauffeur pour aller à l’école. Ce que personne ne soupçonne, c’est que ce trajet quotidien va devenir un cauchemar répété une vingtaine de fois.

Aujourd’hui adolescente, elle s’appelle Lucie — son prénom a été changé pour la protéger. Elle vient de comparaître pour la seconde fois devant la cour d’assises de Paris. Une épreuve immense, à chaque fois.

Un ancien maçon devenu chauffeur pour enfants handicapés

L’accusé s’appelle José B. Il a 74 ans. Ancien maçon, il s’était reconverti à la retraite dans le transport d’enfants handicapés, en Seine-et-Marne.

Un métier de confiance, presque invisible aux yeux du grand public. On pense rarement à ce que vivent ces enfants sur le trajet de l’école, coincés seuls avec un adulte censé veiller sur eux.

C’est justement cette proximité, ce huis clos quotidien, qui a permis les faits reprochés à José B. pendant plusieurs mois.

Dans le box, une adolescente toute menue face à son bourreau

Le jour de son témoignage, Lucie arrive tendue. Queue-de-cheval, pantalon fleuri, elle est accompagnée de sa sœur. Son avocate, Me Mona Coquart, la rassure aussitôt : l’accusé sortira du box pendant qu’elle parlera.

Adolescente réconfortée par son père au tribunal

Mais l’émotion la submerge avant même de commencer. Elle se réfugie en pleurs dans les bras de son père, incapable de retenir ses larmes plus longtemps.

La cour patiente. Le président Philippe Combettes prend le temps de la mettre en confiance, sans précipiter les choses.

« Je suis en colère, je suis enragée »

Une fois calmée, Lucie sèche ses larmes. Elle sort une pochette où elle a glissé un texte, préparé à l’avance, et le lit calmement devant la cour.

Ses mots claquent, simples et sans détour : « Je veux qu’il sorte de ma vie. Qu’il soit en prison toute sa vie. Je suis en colère. Je suis enragée. »

Une phrase brute, sans fioriture, qui dit tout de la violence de ce qu’elle a traversé et de la détermination qu’il lui a fallu pour venir la prononcer à voix haute.

Le calvaire d’une enfant vulnérable, ciblée pour son handicap

L’enquête a établi qu’elle a été violée une vingtaine de fois par cet homme censé assurer sa sécurité sur le chemin de l’école. Son autisme l’a rendue particulièrement vulnérable, incapable parfois d’alerter immédiatement son entourage.

Façade du palais de justice de Paris

Ce type d’affaire relance systématiquement les questions sur les contrôles réels effectués auprès des chauffeurs de transport scolaire, un secteur où la vigilance devrait être maximale compte tenu du public transporté. On pense aussi aux tensions autour du métier de chauffeur scolaire, un poste de confiance qui repose souvent sur peu de contrôles.

Le sujet de l’autisme et de la vulnérabilité des enfants qui en sont atteints reste largement méconnu du grand public. Des institutions comme le NHS britannique renforcent d’ailleurs le dépistage des troubles autistiques chez les plus jeunes pour mieux les protéger.

Un procès qui symbolise un combat plus large

Le verdict de ce procès est attendu avec une attention particulière, tant l’affaire a marqué les esprits par la vulnérabilité de la victime et la position de confiance occupée par l’accusé.

D’autres procès pour agressions sur mineurs continuent de secouer l’actualité judiciaire française, comme celui de l’élève jugé pour l’agression d’une professeure à Saint-Jean-de-Luz, révélateur d’un climat de violence qui touche aussi le milieu scolaire.

Pour Lucie, ce témoignage devant la cour aura été, à sa manière, un acte de courage immense. Reste à savoir si la justice répondra à sa demande simple et sans appel : qu’il ne sorte jamais.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *