« On sait de quoi Lyhanna est morte » : pourquoi l’avocat des parents refuse de révéler la vérité

Trois mois après la découverte du corps de Lyhanna, la question qui obsédait tout un pays vient enfin de trouver une réponse. La fillette de 11 ans avait disparu le 29 mai à la sortie de son collège à Fleurance, dans le Gers, avant que son corps ne soit retrouvé six jours plus tard dans un silo désaffecté de Puycasquier. Mais cette réponse, personne ne l’entendra pour l’instant : son avocat vient d’expliquer pourquoi elle doit rester enfermée dans le secret de l’instruction.
Un silence qui dure depuis trois mois
Depuis la découverte macabre du corps de Lyhanna à Puycasquier, les habitants de Fleurance vivent dans l’attente. Les premiers examens médico-légaux n’avaient pas permis de trancher sur les causes exactes du décès, obligeant les enquêteurs à ordonner des analyses complémentaires. Un flou qui a nourri les rumeurs, les suppositions, et parfois même des affirmations infondées relayées sur les plateaux de télévision.
Ce mardi, devant le collège Hubert-Reeves où la collégienne a été vue pour la dernière fois, l’incompréhension restait palpable chez de nombreux habitants. Beaucoup s’interrogeaient sur ce silence prolongé, semblable à celui qui a longtemps entouré d’autres disparitions marquantes en France. Me François Roujou de Boubée, avocat des parents de l’enfant, a tenu à rassurer : « Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas au courant qu’il ne se passe rien. »
L’affaire a d’ailleurs connu plusieurs rebondissements judiciaires ces dernières semaines, notamment autour du profil du suspect visé par plusieurs procédures distinctes. Un contexte qui explique en partie la lenteur apparente de la communication officielle autour du dossier.
La cause du décès enfin connue, mais verrouillée
C’est la révélation majeure livrée par l’avocat des parents à La Dépêche du Midi : la cause exacte de la mort de Lyhanna est désormais établie. « On le sait », affirme sans détour Me Roujou de Boubée. Une confirmation qui met fin, sur le plan judiciaire, à trois mois d’incertitude scientifique.
Mais l’avocat refuse catégoriquement de dévoiler cette information au grand public. « Je ne le dirai pas, car cet élément relève du secret de l’instruction et va peser lors du procès à la cour d’assises », explique-t-il. Une prudence qui répond aussi à un constat amer sur le traitement médiatique de cette affaire hors norme : « On a entendu de tout et de n’importe quoi, notamment dans les émissions télé. »
L’instruction, elle, avance à un rythme que l’avocat qualifie d’exceptionnel. « Il y a beaucoup d’actes d’enquête qui ont été faits », assure-t-il, précisant n’avoir « jamais vu ça dans aucun autre dossier en seulement trois mois. » Un rythme soutenu qui tranche avec l’image d’une enquête figée, alimentée notamment par les défaillances révélées plus tôt dans le dossier.

Pourquoi les parents, eux, savent tout
Contrairement à l’opinion publique tenue à l’écart, les parents de Lyhanna disposent, eux, de l’intégralité des informations. « Je les ai quasiment toutes les semaines au téléphone. Ils savent ce qu’il y a dans le dossier de A à Z, sans cachotterie », détaille leur avocat. Une transparence totale, réservée aux parties civiles, qui contraste avec le mur dressé face aux médias et à la vague de soutien venue de toute la France.
Ils savent également, précise Me Roujou de Boubée, que « la procédure sera longue ». Un avertissement qui prépare la famille à des mois, voire des années d’attente avant l’ouverture du procès aux assises. Depuis le drame, les parents ont d’ailleurs choisi de se murer dans le silence médiatique, un choix motivé par un traumatisme précis.
« Ils ont été très choqués au moment des recherches de Lyhanna que leur interview passe en boucle à la télé. Maintenant, ils veulent juste avoir la paix », confie l’avocat. Cette rentrée scolaire représente pourtant une épreuve nouvelle et brutale pour la famille. « Ils sont anéantis », souffle-t-il, tout en soulignant que les parents « tentent de reprendre une vie normale pour leur fils. » Les nombreux courriers déposés sur la tombe de l’enfant continuent de leur parvenir, et « ils sont très touchés des manifestations de sympathie et de solidarité du peuple français », insiste leur conseil.
Trois mois de silence, une vérité enfin établie mais scellée jusqu’au procès : voilà le paradoxe glaçant qui entoure aujourd’hui la mort de Lyhanna. La justice avance, discrètement, loin des caméras et des plateaux télé. Reste à savoir combien de temps la France devra encore patienter avant que la cour d’assises ne lève enfin le voile.