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Blocus lycéens : une enquête à Caen pour apologie du terrorisme après des vidéos de jeunes en maillots Hitler et Merah

Publié par Cassandre Jolivet le 16 Oct 2026 à 14:57
Maillots Ben Laden, Hitler et Merah devant deux lycées : le préfet saisit la justice, une enquête est ouverte

Des vidéos tournées en marge des blocus lycéens circulent sur Snapchat. Elles montrent des jeunes de dos, parfois cagoulés, portant des maillots floqués de noms qui font froid dans le dos. Le parquet de Caen vient d’ouvrir une enquête. Reste à savoir qui sont ces jeunes et ce qu’ils risquent vraiment.

Trois noms floqués dans le dos, deux lycées du Calvados

Les images, diffusées sur Snapchat, auraient été tournées le 8 octobre. Les lieux : devant le lycée Salvador-Allende, à Hérouville-Saint-Clair, et devant le lycée Dumont-d’Urville, à Caen.

On y voit trois individus filmés de dos, certains encagoulés. Leurs maillots portent les noms d’Oussama ben Laden, d’Adolf Hitler et de Mohammed Merah. Le numéro 93 apparaît aussi, sans que sa signification soit officiellement établie.

Ces noms ne sont pas choisis au hasard. Merah a tué sept personnes, dont trois enfants, lors des attentats de Toulouse et Montauban en mars 2012. Ben Laden dirigeait Al-Qaida, responsable du 11 septembre 2001. Et sur ce terrain, le sujet des lycéens filmés en train de chanter la gloire de Merah et d’Abdeslam montre que l’affaire de Caen n’est pas isolée.

Ce n’est pourtant pas tout ce que montrent les vidéos de ce jour-là. Et la suite est plus lourde encore.

Mortiers, policiers visés, bâtiment saccagé : ce que la préfecture a décidé

Entrée de lycée avec barrières et débris après un blocus

D’autres séquences circulent sur les réseaux. Elles montrent des individus présentant des mortiers d’artifice. Des violences contre les forces de l’ordre et le saccage d’un bâtiment scolaire ont aussi été signalés.

Alerté, le préfet du Calvados, David Clavière, a saisi le procureur de la République. Il s’est appuyé sur l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige une autorité publique à signaler les faits dont elle a connaissance.

La tension est déjà vive ailleurs. Lecornu a fustigé un mouvement devenu « de violences urbaines », tandis qu’un policier a été mis en examen après un tir de LBD ayant éborgné un lycéen.

Mais que peut faire concrètement le parquet face à des visages cachés ?

Cagoules, anonymat, réseaux : l’enquête qui commence maintenant

Le parquet de Caen enquête pour apologie du terrorisme et apologie de crimes contre l’humanité. L’enquête vise aussi la participation à des dégradations ou à des attroupements en vue de commettre des violences.

Les enquêteurs devront d’abord identifier les personnes filmées. Ils devront aussi établir dans quelles circonstances les vidéos ont été réalisées et quelles infractions ont pu être commises. À ce stade, personne n’est mis en cause.

La préfecture a condamné fermement ces agissements. Violences contre les policiers, dégradations et références au terrorisme « ne peuvent être banalisées », selon elle. Elle rappelle que les réseaux sociaux ne sont pas une zone hors-la-loi.

Son message est clair : « Se cacher derrière l’anonymat ne permet pas de s’affranchir de la loi ni d’échapper à ses responsabilités. » Ce débat sur la place des réseaux dans la vie des jeunes, Attal veut le trancher par référendum.

Le contexte, lui, reste celui de blocages lycéens régulièrement marqués par des affrontements et des dégradations.

Quant aux vidéos, elles ont déjà fait ce que cherchaient peut-être leurs auteurs : circuler.

Ce que montre l’affaire de Caen sur la vie en ligne des ados

Si ces images ont été repérées, c’est qu’elles ont été publiées. Une pratique glaçante née sur les réseaux sociaux avait déjà alerté la police irlandaise, preuve que ce qui se tourne pour un écran déborde vite dans le réel.

Le point décisif ici : la justice ne s’arrête pas à l’écran. Une vidéo diffusée en ligne peut devenir la pièce centrale d’une enquête pénale, cagoule ou non.

Autre enseignement : l’article 40 permet à un préfet de ne pas attendre une plainte. Il suffit qu’il ait connaissance de faits susceptibles d’être des infractions.

Pour l’instant, la signification du « 93 » reste inconnue, tout comme l’identité des trois jeunes. Ce sont ces deux inconnues que les enquêteurs devront lever.

Et c’est précisément ce que les vidéos laissent derrière elles : un filmage de dos, des noms en gros, et une question sans réponse.

Ce qui s’est joué devant ces lycées tient en une phrase : l’anonymat n’efface pas la trace numérique. Et si vous vous demandez comment les ados de ces années-là occupent leur temps en ligne, certains y gagnent 2 000 € par mois en deux heures par jour. Autre fil à suivre, celui d’une mère glacée par la réponse de l’IA de Meta sur sa fille.

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