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32 caméras, 21 enfants, 100 millions de dollars de caution : la « maison de l’horreur » d’Arcadia

Publié par Cassandre le 08 Oct 2026 à 11:41
Grande maison californienne au crépuscule avec caméras de surveillance

Une grande maison à Arcadia, près de Los Angeles. Trente-deux caméras. Et des dizaines de bébés nés de mères porteuses. Un couple californien est poursuivi pour maltraitance après dix-sept mois d’enquête, et les autorités parlent d’une « maison de l’horreur ». Ce que les caméras auraient filmé, et la somme que le procureur veut exiger pour les laisser sortir, racontent une histoire encore plus troublante.

Un nourrisson de 2 mois à l’hôpital, 32 caméras dans la maison : comment l’enquête a démarré

Tout commence en mai 2025. Le couple conduit à l’hôpital un nourrisson de 2 mois souffrant d’un traumatisme crânien. Les autorités commencent alors à s’intéresser de près à la famille.

Guojun Xuan, 66 ans, et Silvia Zhang, 39 ans, dirigeaient une agence de gestation pour autrui, Mark Surrogacy Investment, selon les documents d’inculpation. Ils ont été arrêtés ce mardi à l’issue d’une enquête de dix-sept mois, a indiqué le shérif du comté de Los Angeles à ABC News.

Dans la demeure d’Arcadia, 32 caméras étaient réparties. Selon les autorités, elles filmaient les châtiments corporels brutaux infligés aux enfants par les nourrices. Un huis clos qui rappelle celui des 16 enfants enfermés quatre ans dans 12 m² en Ohio.

L’affaire est devenue virale. Depuis plus d’un an, elle est suivie de près aux États-Unis, d’autant que certaines mères porteuses ayant accouché d’enfants du couple ont commencé à s’interroger sur sa situation familiale. Le Washington Post et People ont relayé la lecture des charges, ce mardi.

Le couple faisait déjà l’objet d’une surveillance avant l’annonce des poursuites. Mais une question donne le vertige : combien d’enfants vivaient réellement sous ce toit ?

Plus de 21 enfants, des mères porteuses recrutées sous de faux prétextes : l’arithmétique de l’affaire

Selon la presse américaine, le couple aurait recruté des mères porteuses sous de faux prétextes. Il aurait ainsi eu au moins 21 enfants, âgés de 2 mois à 13 ans lorsque la police a perquisitionné la maison en juillet. Tous ont alors été placés sous la tutelle de l’État.

Ils ne vivaient pas tous à Arcadia quand l’enquête s’est ouverte. Les prévenus sont toutefois accusés d’avoir maltraité au moins 14 d’entre eux. Un dossier de maltraitance familiale de plus, après celui de cette adolescente séquestrée et affamée dans le Wisconsin.

La justice n’a pas pour autant vu le bout de l’histoire. Malgré le placement des premiers enfants, le couple aurait eu au moins cinq autres bébés nés d’une mère porteuse en Virginie, en Pennsylvanie et en Géorgie, a indiqué CBS News en janvier. Eux aussi ont été placés sous la tutelle de l’État.

Dix-sept mois d’enquête, une perquisition en juillet, des bébés encore nés après le placement des aînés : le calendrier montre une affaire qui a continué à s’étendre pendant que la justice avançait.

Que pèse alors le lien biologique dans cette famille hors norme ? Le lieutenant Kollin Cieadlo, de la police d’Arcadia, a répondu sans détour : sur l’ensemble des enfants, « seulement un ou deux sont nés biologiquement de la mère ».

Reste à comprendre ce que ces enfants vivaient au quotidien. C’est là que les documents d’inculpation prennent toute leur force.

Salle aux petits bureaux vides surveillée par une caméra

100 millions de dollars de caution : ce que le procureur reproche à la « maison de l’horreur »

L’expression « maison de l’horreur » revient dans bien des faits divers, jusqu’à ce chiot retrouvé mort dans une boîte à pizza. Ici, le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman, s’appuie sur des documents d’inculpation précis.

Selon ces documents, les enfants étaient installés à des bureaux plusieurs heures par jour, dans des « espaces d’apprentissage » aménagés au sein de la demeure. Ils y auraient subi des « coups et des punitions au quotidien », a affirmé le procureur lors d’une conférence de presse.

Les poursuites visent aussi l’une des nourrices. Les autorités ont toutefois précisé qu’elles n’avaient pas réussi à l’arrêter, à ce stade.

Et voici le chiffre qui résume la gravité du dossier : l’accusation réclamera une caution de 100 millions de dollars, soit environ 89 millions d’euros. Le procureur la justifie par la gravité des chefs d’accusation, la fortune des prévenus et le risque de fuite qu’ils représentent. Un montant qui en dit long sur la façon dont l’accusation perçoit le couple.

Sur le plan pénal, Guojun Xuan encourt une peine maximale de plus de dix-sept ans de prison en cas de condamnation, et Silvia Zhang plus de onze ans si elle est reconnue coupable. Rien n’est jugé : ils sont à ce stade poursuivis, et la présomption d’innocence s’applique.

Altruisme, philosophes et inventeurs : la défense du couple et ce que l’enquête doit encore éclaircir

Le mobile de cette vaste opération de gestation pour autrui reste mystérieux et fait l’objet d’une enquête. Mitchell Krems, l’avocat de Guojun Xuan, a déclaré à la chaîne locale ABC 7 que son client était motivé par « son altruisme ».

« S’il a tous ces enfants, c’est parce qu’il veut qu’ils contribuent à la société », a-t-il expliqué. L’objectif, selon lui : qu’ils deviennent « les philosophes, les médecins, les chercheurs et les inventeurs qui aideront la société ».

Guojun Xuan avait lui-même déclaré au Wall Street Journal : « Nous ne vendons jamais nos bébés (…) nous en prenons très grand soin ». Une version qui s’oppose frontalement à celle de l’accusation, que la justice devra départager.

Ce type d’affaire, où la violence se cache derrière une façade familiale, laisse souvent des questions longtemps après les premières arrestations. On pense à l’histoire de ce petit garçon de 5 ans qui a fui nu une maison en Pennsylvanie.

Ici, plusieurs points restent à surveiller : la décision sur la caution de 100 millions de dollars, le sort de la nourrice poursuivie mais non arrêtée, et la situation des enfants, placés sous la tutelle de l’État.

Autre rappel de ce qu’un détail peut tout déclencher : cette fillette de 2 ans aperçue seule dans la rue, après quoi la police a découvert l’horreur chez elle.

Trente-deux caméras, au moins vingt et un enfants, une caution à neuf chiffres : l’affaire d’Arcadia tient dans ces chiffres, et la justice n’a pas fini de les éplucher.

Si ce dossier vous a laissé sans voix, le secret de famille que Paul Mirabel raconte enfin dans sa série montre un tout autre visage des histoires de famille.

Et pour tourner la page, cette femme électrocutée à 33 000 volts en montgolfière raconte, dix ans après, ce qu’elle a cru perdre en quelques secondes.

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