« Les 48h les plus sordides de mon existence » : l’influenceuse Manon Delcourt cueillie à Orly après ses posts sur les blocus

Elle descend de l’avion, elle n’a pas encore quitté l’aéroport d’Orly. Et c’est là que tout bascule. Selon Le Parisien, l’influenceuse Manon Delcourt a été placée en garde à vue après des publications sur les mobilisations lycéennes. Le parquet de Paris détaille les chefs retenus, et ils pèsent lourd. Reste une question : qu’a-t-elle dit, exactement ?
Interpellée dès sa descente d’avion : les 48 heures que raconte Manon Delcourt
C’est un jeudi que l’affaire démarre. D’après les informations du Parisien, Manon Delcourt est interpellée à l’aéroport d’Orly, puis placée en garde à vue. Le parquet de Paris a confirmé les faits au quotidien.
Sur Instagram, elle a donné sa version. « J’ai été placée sous arrestation jeudi à mon arrivée à Orly en sortant à peine de l’avion », écrit-elle. Elle évoque 26 heures de garde à vue au commissariat.
Elle a ensuite été déférée au Tribunal de Paris, où elle dit avoir passé une nuit de plus avant de voir le procureur et la juge. Son bilan : « les 48h les plus sordides de mon existence ». Elle ajoute que certains de ses contenus ont « retenu l’attention » des autorités.
Ce n’était pas la première fois que l’actualité des blocus virait au drame sur le terrain. Mais ici, c’est une prise de parole en ligne qui est visée. Et le motif officiel est plus précis qu’on ne l’imagine.
Provocation à commettre un crime, menace de mort : ce que reproche le parquet de Paris
Le parquet de Paris évoque une enquête ouverte après plusieurs posts publiés en septembre et octobre 2026. Les chefs cités : provocation à commettre un crime ou délit, et menace de mort ou atteinte aux biens dangereuses à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique.
Le 2 octobre, face caméra, elle aurait déclaré : « C’est très drôle de voir des gens oser se plaindre des blocus des lycéens en France actuellement, comme si les recours à la violence n’étaient pas la seule manière de se faire écouter en macronie sous le joug de notre roi Emmanuel ».
Elle aurait poursuivi : « Ce qui est encore plus drôle est que ce ne sont, je l’espère, que les prémices, d’une France potentiellement à feu et à sang ». Des mots qui rappellent d’autres dérapages d’influenceurs, comme les appels à « la guerre » signalés à la justice par le préfet de police.
À ce stade, il s’agit d’une enquête : la jeune femme bénéficie de la présomption d’innocence. Reste à savoir ce qu’elle risque, et ce qui l’attend d’ici là.
Contrôle judiciaire, interdiction de manifester et audience en mai : la suite

Avant l’audience, un autre influenceur avait déjà été arrêté par la BAC pour des appels à la violence. Le cas de Manon Delcourt s’inscrit dans ce climat tendu.
La jeune femme sera entendue par la justice en mai prochain. D’ici là, elle est placée sous contrôle judiciaire. Elle a interdiction de manifester sur la voie publique et d’utiliser son compte X.
Sous les articles, les internautes se déchirent. Certains jugent la garde à vue justifiée, d’autres relativisent. Un commentaire rappelle que le code pénal prévoit, pour ce type de délit, 5 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, tout en doutant de la sanction réelle. Ce sont des avis de lecteurs, pas des faits établis.
Aucun jugement n’a été rendu : tout dépendra de l’audience. En attendant, l’affaire pose une question brûlante sur ce qu’un influenceur peut dire en ligne.
Entre liberté de ton et ligne rouge pénale, tout se jouera en mai. Et quand la parole en ligne bascule dans le réel, les conséquences arrivent parfois très vite : l’influenceur qui humiliait des sans-abri en direct en sait quelque chose. Quant à savoir comment une phrase de politique peut faire sortir deux stars de leur silence, la réaction de Nabilla et Squeezie raconte une tout autre histoire.