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Manif du 17 octobre : Rayan PSN et ses appels à « la guerre » signalés à la justice par le préfet de police

Publié par Elodie le 16 Oct 2026 à 5:13

« Le 17, c’est war zone ! » Cette phrase lancée en direct sur Twitch a fini sur le bureau du préfet de police de Paris. Son auteur, un influenceur suivi par des centaines de milliers de personnes, vient d’être signalé à la justice. Quels mots ont fait basculer le dossier, et que risque-t-il vraiment ? Les détails arrivent plus bas.

Des extraits télé, un million d’abonnés et des lycéens dans la rue

Tout part d’une émission. Il y a trois jours, « Police-Justice : 24h en France », sur CNews, s’intéressait à des influenceurs qui appelleraient « à la guerre » lors des manifestations de lycéens. Le sujet a vite pris de l’ampleur.

Parmi les extraits diffusés, plusieurs concernaient Rayan PSN. Selon CNews, il est suivi par 1 million de personnes et n’est pas un inconnu des services : il a déjà eu affaire à la police et à la justice.

Sur les réseaux sociaux, il recruterait des « OQTF qui ont envie de se battre ». Il s’adresserait aussi à des « jeunes » qui n’ont, selon ses mots, rien à perdre. Ces formules ont immédiatement fait réagir.

Le climat était déjà tendu. Les blocus de lycées qui agitent l’Île-de-France ont remis la question de la rue au centre du débat, et chaque appel en ligne est désormais scruté.

Autre élément de contexte : des mobilisations sont prévues le 17 octobre. Elles doivent réunir les revendications des gilets jaunes contre la vie chère et celles portées par les jeunes. Deux colères, une même date.

Dans ce cadre, un influenceur qui parle à un million de personnes ne passe plus inaperçu. Reste une question : qui, dans l’appareil d’État, a décidé de ne pas laisser passer ?

Ce que l’influenceur a dit lundi sur Twitch, mot pour mot

Lundi, lors d’une intervention sur Twitch, l’influenceur, de son vrai nom Rayanne B., a lancé : « Le 17, c’est war zone ! » Une phrase brève, sans ambiguïté apparente, diffusée en direct à son audience.

Il n’en est pas resté là. Il aurait ajouté vouloir des « chefs de meute », des gens « qui n’ont pas peur », et surtout des personnes « qui ont déjà fait des gardes à vue ». Un profil recherché précisément, pas un appel vague.

Selon la préfecture de police, citée par l’AFP, ces propos s’inscrivent dans des appels à participer à des émeutes samedi. Ce sont ces mots, et non l’émission de CNews en elle-même, qui ont servi de base au signalement.

Le dossier prend de l’épaisseur quand on regarde l’agenda. Quelques jours plus tôt, le préfet de police s’alarmait déjà d’une possible présence de casseurs lors d’une manifestation. Le sujet était donc sur son radar.

Le calendrier joue aussi : plus la date approche, plus la marge de manœuvre des autorités se réduit. Attendre revenait à laisser circuler un appel qui, selon la préfecture, visait directement la manifestation à venir.

C’est dans ce contexte que la décision est tombée. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a signalé les propos de l’influenceur à la justice pour « incitation à commettre un crime ou un délit », a indiqué la préfecture à l’AFP.

Voilà pour la décision. Mais le plus lourd dans le dossier n’est peut-être pas ce qu’il a dit lundi.

Barrières métalliques sur un boulevard parisien au crépuscule

Une affaire en 2021, une plainte de Jean-Michel Blanquer

Ce n’est pas la première fois que le nom de l’influenceur croise celui d’un magistrat. Il a déjà fait l’objet de procédures et de condamnations judiciaires, selon la préfecture. Le rapport entre influenceurs et responsables politiques est devenu un terrain miné.

La préfecture évoque en particulier une affaire datant de 2021. À l’époque, Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’Éducation nationale, avait déposé plainte pour outrage et menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Ce passif n’établit aucune culpabilité dans le dossier actuel. Mais il explique pourquoi la préfecture insiste sur le profil de l’intéressé quand elle motive sa démarche : un influenceur déjà connu de la justice, qui s’exprime devant une audience massive.

Soyons clairs sur la procédure. Un signalement n’est ni une mise en examen ni une condamnation. Le préfet transmet des faits à l’autorité judiciaire, qui décide seule de la suite à donner. L’influenceur n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune décision de justice sur ces propos-là.

La préfecture l’a d’ailleurs formulé elle-même : « Il appartient désormais à l’autorité judiciaire […] d’apprécier les faits signalés et de déterminer les suites à leur donner. »

Autrement dit, la balle est dans le camp des magistrats. Et la question qui se pose maintenant dépasse un seul profil.

Ce que ça change avant le 17 octobre

Première conséquence : le signal envoyé à tous ceux qui prennent un micro en ligne. Appeler à « la guerre » devant des centaines de milliers d’abonnés peut désormais attirer l’attention d’un préfet. Le message, lui, est limpide.

Le parquet pourrait, selon les suites choisies, ouvrir une enquête ou classer sans suite. Rien n’est tranché. La source ne dit rien d’une éventuelle interpellation, et le prudent reste de ne pas aller plus vite que la justice.

Autre point à surveiller : la réaction de l’intéressé. Les éléments dont nous disposons ne mentionnent aucune réponse de sa part au signalement. Si elle arrive, elle comptera, car la version de la défense fait partie du dossier.

Sur le terrain, la mobilisation du 17 octobre reste annoncée. Les autorités vont devoir gérer à la fois un cortège de gilets jaunes, de jeunes et un climat numérique chauffé à blanc.

Le phénomène dépasse la France. À Bali, les autorités expulsent des influenceurs par centaines pour des comportements jugés inacceptables : preuve que les États commencent à regarder ce qui se dit en ligne de beaucoup plus près.

Et l’actualité judiciaire des personnalités du web n’est pas en reste. Le procès pour cyberharcèlement de Booba rappelle qu’une publication en ligne peut très concrètement finir devant un tribunal.

Dans les commentaires, les réactions vont de l’inquiétude à la bravade, avec des lecteurs qui évoquent déjà la présidentielle ou le pouvoir des jeunes. Des opinions, pas des faits, mais elles disent la température du moment.

Un signalement, c’est un point de départ. Ce qu’en fera la justice, avant le 17 octobre ou après, dira si cet appel restera une provocation de plus ou deviendra une affaire.

Quand les mots d’un live suffisent à mobiliser un préfet, c’est que l’écran n’est plus un simple décor. Et si vous croyez que les influenceurs ne se font plus surprendre, cette streameuse qui a perdu 140 000 abonnés en quelques secondes prouve le contraire. Quant à ceux qui adorent les voir tomber, la raison pour laquelle se moquer des influenceurs coincés à Dubaï fait tant de bien pourrait vous parler.

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