Booba absent à son procès : 8 mois de sursis et 30 000 € requis pour cyberharcèlement
Mercredi 1er avril, le tribunal correctionnel de Paris attendait Booba. Il n’est pas venu. Et les réquisitions prononcées en son absence sont loin d’être anodines.
La procureure a requis huit mois de prison avec sursis, une amende de 30 000 euros et un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne. Des peines qui reflètent la gravité des faits reprochés au rappeur, de son vrai nom Elie Yaffa.
Des injures racistes, sexistes et du cyberharcèlement

Ce procès ne porte pas sur une simple altercation verbale. Booba était poursuivi pour injures racistes et sexistes ainsi que pour cyberharcèlement. La principale victime est une journaliste de France Télévisions, Linh-Lan Dao, qui a subi une campagne de haine en ligne particulièrement virulente.
L’essayiste Tristan Mendès France était lui aussi visé par des injures. Ce dernier était également absent lors de l’audience.
Booba absent : une raison invoquée
Son avocate, Maître Marie Roumiantseva, a justifié l’absence de son client par des raisons de santé. Selon elle, une blessure contractée lors d’une séance de sport aurait également empêché Booba de se produire le 28 mars dernier au Stade de France, avant le match entre le Sénégal et le Pérou.
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Ce n’est pas la première fois que le rappeur fait faux bond à la justice. En décembre, lors d’une audience précédente reportée à la demande de la défense, Booba — qui vit désormais aux États-Unis — n’était déjà pas présent. Son avocate avait alors simplement indiqué qu’il était « souffrant », sans plus de détails.
Un délibéré fixé au 2 juin
Le dossier a été mis en délibéré. Le jugement sera rendu le mardi 2 juin à 13h30. D’ici là, Booba et son équipe juridique auront le temps de préparer leur réponse aux réquisitions de la procureure.
En attendant, cette affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire particulièrement chargé pour le rappeur. Il est mis en examen dans deux autres dossiers de harcèlement moral en ligne. Le premier concerne l’ex-reine des influenceurs Magali Berdah, depuis octobre 2023. Le second vise Demdem, l’ancienne compagne de son rival Gims, lui-même récemment mis en examen pour blanchiment aggravé.
Un dossier Berdah qui va aller en procès
Dans l’affaire Berdah, le parquet de Paris a estimé en février dernier que le comportement de Booba dépassait largement la simple critique des dérives du monde des influenceurs. Les magistrats ont conclu à un harcèlement ciblé et personnel. Un renvoi en correctionnelle a été demandé dans ce dossier.
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Booba n’en est pas à son premier clash retentissant sur les réseaux sociaux. On se souvient notamment de ses attaques contre Kylian Mbappé lors des législatives 2024 ou encore de ses sorties explosives dans l’affaire P. Diddy. Mais cette fois, c’est la justice qui a le dernier mot.
La haine en ligne devant les tribunaux
Ce procès intervient dans un contexte plus large où la justice française durcit progressivement le ton face au cyberharcèlement. D’autres personnalités médiatiques ont eu à rendre des comptes pour leurs comportements en ligne. Cyril Hanouna a lui aussi été confronté à la justice dans une affaire similaire impliquant un élu.
Le cas de Booba reste emblématique. L’artiste use des réseaux sociaux comme d’une arme depuis des années. Mais entre les rappeurs jugés pour violences, ceux qui comparaissent pour d’autres délits, et ceux derrière les barreaux, la scène rap française enchaîne les affaires judiciaires.
Réponse le 2 juin. Ce jour-là, on saura si la justice française condamne effectivement l’un des rappeurs les plus influents du pays pour ses débordements numériques.