Norvège : le beau-fils du prince héritier condamné à 4 ans de prison pour viol
C’est un verdict qui secoue la monarchie norvégienne. Marius Borg Høiby, 29 ans, fils aîné de la princesse héritière Mette-Marit et beau-fils du prince héritier Haakon, vient d’être condamné à quatre ans de prison pour viol. Le jeune homme avait pourtant plaidé non coupable lors de son procès devant le tribunal de district d’Oslo.
38 chefs d’accusation pour un homme sans titre royal

Précisons-le d’emblée : Marius Borg Høiby ne porte aucun titre royal. Né d’une relation précédente de Mette-Marit avant son mariage avec le prince Haakon, il n’exerce aucune fonction officielle au sein de la famille royale.

Mais son lien avec la couronne norvégienne a propulsé l’affaire sous les projecteurs du monde entier. En février dernier, le procureur Sturla Henriksbø a énuméré pas moins de 38 chefs d’accusation à son encontre. Viol, violences conjugales, menaces de mort, détention de stupéfiants, infractions routières : la liste est accablante.
Face à cette avalanche de charges, Høiby n’a reconnu qu’une partie des faits. Il a admis des infractions au code de la route, une infraction aggravée liée aux stupéfiants et la violation d’une ordonnance d’éloignement. Sur les menaces et les voies de fait aggravées, il n’a que « partiellement » reconnu les faits.
Pour le chef d’accusation principal — le viol — il a catégoriquement nié. Le tribunal en a décidé autrement.
Une affaire qui a grandi au fil des témoignages
Tout a commencé en 2024. Høiby est alors désigné comme suspect d’agression contre une femme avec laquelle il avait été en couple. Il est arrêté, puis remis en liberté. À ce stade, personne n’imagine encore l’ampleur de ce qui va suivre.
Car d’autres femmes se sont manifestées. L’une après l’autre, elles ont porté des accusations contre le beau-fils du futur roi de Norvège. Ce qui semblait être un incident isolé s’est transformé en un dossier judiciaire tentaculaire.
L’acte d’accusation final, déposé par le parquet l’an dernier, détaille quatre viols présumés commis entre 2018 et novembre 2024. Six années pendant lesquelles les victimes auraient subi ces agressions sans que la justice ne soit saisie.
Le dossier comprend aussi des violences et menaces contre une ancienne partenaire entre l’été 2022 et l’automne 2023. Puis deux actes de violence contre une compagne suivante, assortis de violations répétées d’une ordonnance d’éloignement. Un schéma de comportement que le tribunal a manifestement pris très au sérieux.
Un verdict suivi depuis sa cellule de prison
Détail qui en dit long sur la gravité de la situation : Høiby est en détention provisoire depuis début février. Le jour du verdict, il n’était même pas physiquement présent dans la salle du tribunal. Pour des raisons de santé non précisées, il a suivi la lecture de sa condamnation par lien vidéo, depuis sa prison.
Quelques semaines plus tôt, il avait formulé une demande de remise en liberté pour se rendre au chevet de sa mère, la princesse héritière Mette-Marit, gravement malade. Cette demande illustre la situation inextricable dans laquelle se trouve la famille royale norvégienne, prise entre la maladie de la princesse et le scandale judiciaire de son fils aîné.
Quatre ans de prison ferme. C’est le verdict qui tombe ce matin pour un homme de 29 ans dont la mère est appelée à devenir un jour reine de Norvège. Dans l’histoire récente des monarchies européennes, rares sont les scandales qui atteignent une telle gravité.
La monarchie norvégienne face à sa plus grave crise
Le roi Harald V, 87 ans, règne sur la Norvège depuis 1991. Son fils, le prince Haakon, est l’héritier direct du trône. Et c’est justement Haakon qui, en épousant Mette-Marit en 2001, a accueilli le jeune Marius dans le cercle royal. Un cercle dont il ne portait pas les titres, mais dont il partageait la vie quotidienne.

Contrairement à d’autres familles royales européennes habituées à gérer des crises médiatiques, la monarchie norvégienne cultivait jusqu’ici une image de stabilité discrète. Cette condamnation pour viol vient fracasser cette façade.
Le contraste est saisissant. D’un côté, Mette-Marit, princesse héritière gravement malade. De l’autre, son fils aîné, condamné à quatre ans de prison pour des crimes d’une extrême gravité contre plusieurs femmes. La Norvège, pays régulièrement classé parmi les plus avancés au monde en matière de droits des femmes, voit l’un des membres les plus proches de sa famille royale reconnu coupable de viol.
Reste à savoir si Høiby fera appel de cette condamnation. Lui qui avait plaidé non coupable face à 38 chefs d’accusation n’a visiblement pas convaincu les juges d’Oslo. Quatre ans derrière les barreaux : pour les victimes qui ont eu le courage de témoigner, c’est la justice qui a parlé.