« Ce n’est plus mon fils » : la mère d’un des suspects de l’assassinat de Louis à Narbonne sort du silence

Un adolescent de 17 ans battu à mort dans la nuit. Cinq jeunes mis en examen pour assassinat. Et une mère qui décide de parler à visage découvert. Laëtitia, 33 ans, est la mère de Mathias T., l’un des suspects. Ses mots, recueillis par BFMTV, donnent le vertige.
Narbonne, nuit du 20 juin : le drame qui a sidéré la France
Tout bascule dans la nuit du vendredi au samedi 20 juin 2025, à Narbonne. Louis, 17 ans, est violemment passé à tabac par plusieurs individus. Le lendemain matin, des passants le découvrent inanimé sur le chantier d’une résidence pour seniors.
Les images de l’agression, rapidement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent une scène d’une brutalité rare. Plusieurs personnes assènent des coups de poing et de pied à la victime, prostrée au sol dans ce qui ressemble à une cage d’escaliers. Un individu, accroupi au-dessus de lui, frappe au visage avec une violence extrême.
Selon le procureur de Narbonne, Jean-Philippe Rey, Louis présentait « de multiples hématomes au visage ainsi que divers saignements au niveau de la bouche et du nez ». Son état était si grave qu’il a d’abord été hospitalisé à Narbonne, puis transféré en urgence à Perpignan pour une prise en charge adaptée.
Mardi 23 juin, Louis succombe à ses blessures. Il avait 17 ans. Cinq jeunes, âgés de 17 à 19 ans, sont rapidement identifiés grâce aux images. Tous sont mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire.
« Je reste la mère d’un assassin » : le témoignage glaçant de Laëtitia
Face aux caméras de BFMTV, Laëtitia a fait un choix rare. Elle a décidé de témoigner à visage découvert, sans se cacher. À 33 ans, elle est la mère de Mathias T., 17 ans, l’un des cinq suspects. Et chaque mot qu’elle prononce pèse une tonne.
« Je reste la mère d’un assassin. Je ne le vis pas bien, j’en fais des cauchemars toutes les nuits. » La phrase claque, sans détour. Pas d’excuse. Pas de relativisation. Laëtitia dit « ne pas cautionner » les violences dont son fils est soupçonné. Elle va même plus loin : elle affirme le « bannir complètement ».
« Ce n’est plus mon fils. » Cinq mots qui résument un effondrement intime. Celui d’une femme qui apprend que son enfant est accusé d’avoir participé à un meurtre. Un détail important : Mathias T. était placé depuis mai dans une structure de l’aide sociale à l’enfance, loin du domicile familial.
Laëtitia a aussi tenu à adresser directement « son soutien » à la famille de Louis. Un geste qui peut sembler dérisoire face à l’horreur des faits. Mais qui dit quelque chose de la fracture que ce drame ouvre dans toutes les familles concernées.

Deux familles broyées, une question sans réponse
Le témoignage d’un parent face au pire n’est jamais simple à recevoir. Ici, il pose une question vertigineuse : que fait-on quand son propre enfant est accusé d’un acte aussi irréparable ? Laëtitia a choisi la rupture nette. D’autres auraient choisi le silence. Aucune de ces réponses n’efface quoi que ce soit.
Du côté de la famille de Louis, le deuil se double d’une attente insupportable. Cinq suspects sont en détention provisoire, mais l’instruction ne fait que commencer. Les images de l’agression, qui ont circulé massivement en ligne, ajoutent une couche de violence à la violence. Voir son enfant mourir est un cauchemar. Savoir que des milliers d’inconnus ont vu la scène en est un autre.
Cette affaire rappelle aussi la fragilité des dispositifs de protection de l’enfance. Mathias T. était placé en structure ASE depuis mai. Louis avait 17 ans. Ce sont des adolescents qui auraient dû être protégés. Par le système, par les adultes, par la société. Et le système a failli, des deux côtés.
« Ce n’est plus mon fils. » Cinq mots qui résument un double naufrage : celui d’un adolescent mort sous les coups, et celui d’une mère qui choisit de renier le sien publiquement. Peut-on un jour se relever d’un tel aveu ?