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« Il a passé sa main entre ses jambes » : cette autre agression dont est accusé Patrick Bruel

Publié par Cassandre le 04 Sep 2026 à 9:17

Une attachée de presse belge, une journée de promotion film, et un récit qui glace. Karine Viseur fait partie des 32 plaignantes qui accusent aujourd’hui Patrick Bruel. Son témoignage, recueilli lors de la garde à vue du chanteur en juin, révèle une scène précise datée du 23 avril 2010 à Bruxelles.

Une journée de promo qui bascule

Façade d'un palais de justice européen au crépuscule

Ce jour-là, Karine Viseur accompagne Patrick Bruel pour la promotion du film d’Alexandre Arcady, « Comme les cinq doigts de la main ». Elle décrit une « drague lourde, répétée » : mains sur la taille, sur l’épaule, contacts rapprochés qui s’enchaînent toute la matinée.

Dans les locaux de la RTBF, elle tente d’y échapper en prétextant une pause maquillage. Mais le chanteur la rejoint et lui demande où se trouvent les toilettes.

Elle affirme l’y avoir conduit. C’est là que tout dérape, selon son récit livré aux enquêteurs.

Le récit des toilettes de la RTBF

« Il a fermé la porte à clé, en une fraction de seconde, ses mains étaient de nouveau sous ma robe en contact avec ma peau », déclare-t-elle. Elle raconte avoir été maintenue contre lui pendant qu’il abaissait son pantalon.

« Je me suis débattue en le repoussant », poursuit-elle. Elle parvient à ouvrir la porte et à sortir. Le chanteur la suit, « déçu », lui affirmant que « ce n’était pas fini » et qu’il « aimait qu’on lui résiste ».

Cette phrase revient dans plusieurs témoignages recueillis dans l’affaire Bruel, où d’autres femmes évoquent un schéma similaire de résistance revendiquée par l’artiste.

Une soirée qui ne s’arrête pas là

Après cet épisode, Karine Viseur conduit Patrick Bruel à l’UGC Toison d’Or de Bruxelles, où un échange avec le public est organisé. Le chanteur remarque une spectatrice, présentée comme une ancienne reine de beauté et animatrice télé.

Il lui répond après sa question, puis lance : « ce soir, tu repars avec nous et on va au restaurant ». À la sortie de la salle, il va la chercher dans le public pour la faire monter dans la voiture.

Trois silhouettes dans une voiture de nuit à Bruxelles

Patrick Bruel s’installe alors entre les deux femmes sur la banquette arrière. Un choix de placement qui n’a rien d’anodin dans le récit de la plaignante.

« Il tentera de passer sa main entre ses jambes »

Selon Karine Viseur, le chanteur tient la main des deux femmes durant tout le trajet. « À de nombreuses reprises, il tentera de passer sa main entre ses jambes », affirme-t-elle à propos de la jeune animatrice.

Cette dernière le repousse à chaque tentative, invoquant un compagnon et sa fidélité. Sa réponse ne semble pas le décourager : « On ne lui dira pas », aurait-il rétorqué.

« Nous sommes allés au restaurant, je n’étais plus à ce moment-là la première cible. Il avait trouvé une nouvelle proie », résume Karine Viseur aux enquêteurs. Elle précise avoir évoqué cette journée dès 2010 auprès de deux de ses meilleurs amis.

La version de Patrick Bruel : un déni total

Face à ces accusations, le chanteur nie tout souvenir de cette journée. « Aucun souvenir de cette journée et aucun souvenir de l’avoir touché », explique-t-il, jugeant la scène « impensable » compte tenu du monde présent dans une salle de maquillage.

« Je ne demande jamais à personne de m’accompagner aux toilettes surtout qu’à la RTBF, je pense savoir où elles sont », ajoute-t-il. Sur l’agression elle-même : « Cette scène n’a pas existé ».

Il affirme avoir été accompagné toute la journée par une petite amie, Isabelle, qui aurait dormi avec lui ce soir-là. Une attestation de cette dernière a été fournie par sa défense, confirmant sa présence continue.

Un chanteur qui se dit « tactile » mais jamais intrusif

Interrogé sur la soirée au restaurant avec les deux femmes, Patrick Bruel dit ne se souvenir de rien, « même pas de l’avoir rencontrée ». Concernant les mains tenues en voiture et les tentatives évoquées par la reine de beauté, il est catégorique : « Absolument pas, je ne m’en souviens pas, mais ce ne sont pas des choses que je fais ».

Sur son comportement souvent qualifié de tactile, il invoque des « hugs à l’américaine » : « c’est prendre quelqu’un dans les bras, c’est pour éviter la bise aux États-Unis […] cela n’a aucune connotation sexuelle ou intime ».

« Pour moi toute cette histoire est fausse », conclut-il. La jeune femme concernée par l’épisode de la voiture pourrait à son tour être entendue prochainement par les enquêteurs, comme le rapporte ce témoignage vidéo déjà rendu public.

Un dossier judiciaire qui s’épaissit

Patrick Bruel est aujourd’hui mis en examen dans quatre dossiers, dont celui de Karine Viseur pour tentative de viol. Il bénéficie du statut de témoin assisté dans quatre autres procédures.

Depuis le début de cette affaire, l’artiste nie systématiquement les faits qui lui sont reprochés. Il a annoncé renoncer à sa tournée prévue du 2 octobre au 21 novembre, une décision détaillée dans l’annonce officielle du chanteur.

D’autres témoignages continuent d’alimenter le dossier, comme celui d’une hôtesse de l’air évoquant une scène troublante similaire, ou encore celui d’une ancienne attachée de presse passé au JT de France 2. L’instruction se poursuit, entre versions irréconciliables et attestations contradictoires.

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