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« C’est un chasseur, nous sommes des proies » : l’accusatrice de Patrick Bruel montre la vidéo du soir présumé de l’agression

Publié par Elsa Fanjul le 17 Avr 2026 à 10:43

Karine Viseur avait porté plainte en mars contre Patrick Bruel pour agression sexuelle. Ce mercredi 15 avril, l’attachée de presse belge a franchi un cap : face caméra, au journal de 20 heures de TF1, elle a livré son récit détaillé — et des images tournées le soir même des faits présumés. Une vidéo qui montre les deux côte à côte, quelques heures avant ce qu’elle décrit comme une scène de prédation dans des toilettes. Avec désormais trois enquêtes ouvertes simultanément contre le chanteur, l’étau judiciaire se resserre.

Patrick Bruel en portrait, pull noir col V sur fond beige, sourire discret

Des images datées du 23 avril 2010

Le reportage diffusé par TF1 ne laisse pas de place au doute sur un point : Karine Viseur et Patrick Bruel se trouvaient bien ensemble ce jour-là. L’extrait vidéo, daté du 23 avril 2010, montre l’attachée de presse accompagnant le chanteur dans le cadre de la promotion d’un de ses films en Belgique.

Sur ces images, on distingue le duo quittant un immeuble, entouré de trois autres personnes dont les visages ont été floutés. Ils montent ensuite dans une voiture. Rien d’anormal en apparence. C’est pourtant ce soir-là, selon Karine Viseur, que tout a basculé.

L’existence même de cette vidéo constitue un élément rarement disponible dans ce type de dossier : une trace visuelle plaçant accusatrice et accusé au même endroit, à la même date. Reste à savoir ce que les enquêteurs belges en feront — car c’est en Belgique que la procédure initiée par Viseur vient de s’ouvrir.

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« Je sens ses lèvres dans mon cou, ses mains qui remontent »

Devant les caméras de TF1, Karine Viseur a décrit la scène avec une précision clinique. Selon son récit, Patrick Bruel l’aurait saisie par le poignet avant de l’enfermer dans des toilettes. « Je sens ses lèvres dans mon cou, ses mains qui remontent sur mes cuisses », raconte-t-elle. Elle affirme avoir dit « non » à plusieurs reprises avant de réussir à ouvrir la porte et à s’enfuir.

Patrick Bruel tenant un microphone sur scène, visage en gros plan sous un éclairage orangé

Le choix des mots qu’elle emploie ensuite a particulièrement marqué les téléspectateurs : « C’est un chasseur et nous sommes des proies. Clairement. La gent féminine est une proie pour Patrick Bruel. » Un vocabulaire qui fait écho aux témoignages d’autres accusatrices publiés ces dernières semaines.

Détail supplémentaire livré par Viseur : l’équipe du film dont Bruel assurait la promotion aurait été témoin du comportement de l’acteur ce soir-là. Selon elle, plusieurs membres de cette équipe lui auraient ordonné à plusieurs reprises d’arrêter. Un élément que les enquêteurs pourraient chercher à corroborer auprès de témoins potentiels, quinze ans après les faits.

« On se dit qu’on est enfin écoutée »

Avant de livrer son récit, Karine Viseur a réagi à l’annonce de l’ouverture d’une enquête en Belgique suite à sa plainte. Ses premiers mots trahissent un soulagement longtemps contenu : « Une certaine sérénité. Le temps s’est arrêté l’espace de quelques secondes en entendant ces mots. »

Pour cette attachée de presse belge, la reconnaissance institutionnelle semble compter autant que la procédure elle-même. « On se dit qu’on est enfin écoutée, qu’on est enfin entendue et que là maintenant les choses bougent », a-t-elle confié. Un sentiment partagé par d’autres femmes ayant témoigné contre le chanteur ces derniers mois.

Le fait qu’elle ait choisi le journal le plus regardé de France pour s’exprimer n’est pas anodin. Après des années de silence, le passage à la télévision représente un point de non-retour, tant sur le plan personnel que judiciaire. Mais Viseur n’est pas la seule à avoir franchi ce cap récemment.

Trois enquêtes ouvertes simultanément

L’affaire Bruel a pris une dimension inédite ces dernières semaines. En tout, trois procédures distinctes pour agressions sexuelles visent désormais le chanteur et acteur. La première est celle de Karine Viseur, instruite en Belgique. La deuxième a été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris, à la suite d’une plainte déposée par Daniela Elstner, directrice d’Unifrance.

Façade d'un palais de justice néoclassique au coucher du soleil, symbolisant les procédures judiciaires en cours contre Patrick Bruel

La troisième enquête, peut-être la plus grave pénalement, a été ouverte par le parquet de Saint-Malo. Elle concerne une plainte pour viol qui remonterait à octobre 2012, en marge du festival du Film britannique de Dinard. L’identité de la plaignante n’a pas été rendue publique.

Trois pays, trois procédures, trois femmes. Le parallèle avec d’autres affaires médiatiques récentes est difficile à ignorer. L’enquête de Mediapart avait déjà révélé les témoignages de huit femmes contre Patrick Bruel. Depuis, les révélations sur l’existence d’un prétendu « chaperon » chargé de « nettoyer » après les comportements du chanteur ont ajouté une couche supplémentaire au dossier.

Un entourage qui commence à vaciller

Si Patrick Bruel n’a pas réagi publiquement aux dernières accusations, son entourage envoie des signaux contradictoires. D’un côté, Anny Duperey a pris sa défense avec des propos qui ont immédiatement suscité la polémique. De l’autre, une actrice française connue a choisi de s’exprimer publiquement contre lui.

La question de son hôtel 5 étoiles en Provence illustre aussi les répercussions concrètes de l’affaire sur sa vie professionnelle et patrimoniale. Entre les enquêtes judiciaires et l’onde de choc médiatique, chaque nouvelle prise de parole — comme celle de Karine Viseur ce mercredi — rapproche le dossier d’un possible tournant.

Dans le paysage médiatique français, la parole des accusatrices se libère progressivement, que ce soit dans l’affaire Bruel ou dans d’autres dossiers de violences sexuelles. Mais la présomption d’innocence demeure : à ce stade, Patrick Bruel n’a été ni mis en examen ni condamné. Les trois enquêtes suivent leur cours.

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