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Patrick Bruel accusé de viol : « Je me suis retrouvée au sol, ses mains partout sur mon corps »

Publié par Elsa Fanjul le 14 Avr 2026 à 7:28

Alors que huit femmes avaient déjà témoigné contre lui dans une enquête de Mediapart, le magazine Elle vient de publier quatre nouveaux récits accablants visant Patrick Bruel. Parmi les accusatrices, une journaliste culturelle décrit une scène d’une violence soudaine dans une chambre d’hôtel. Deux plaintes ont été déposées, dont une pour viol.

Huit témoignages, puis quatre de plus : l’étau se resserre

Au mois de mars, Mediapart révélait les récits de huit femmes mettant en cause le comportement du chanteur sur une période de plus de 25 ans. Des faits allant de gestes déplacés à des agressions caractérisées, avec des témoignages concordants sur un mode opératoire récurrent. Patrick Bruel niait en bloc.

Patrick Bruel tenant un microphone lors d'une prise de parole publique

Moins d’un mois plus tard, le lundi 13 avril 2026, le magazine Elle a rendu publics quatre nouveaux témoignages. Les faits décrits se seraient déroulés entre 2000 et 2015. Parmi ces quatre femmes, deux ont décidé de porter plainte. Les deux autres, anciennes employées du label qui gérait la carrière de l’artiste au début des années 2000, relatent des agressions sexuelles survenues dans sa loge ou sa chambre, sans avoir pour l’heure engagé de procédure judiciaire.

Le dossier judiciaire s’alourdit donc considérablement. Le chanteur, déjà visé par plusieurs plaintes antérieures, fait désormais face à un faisceau de témoignages qui couvre un quart de siècle. Mais c’est le récit de l’une de ces nouvelles plaignantes qui a particulièrement marqué les esprits.

« En un quart de seconde, je me suis retrouvée au sol »

La première plainte a été déposée auprès du parquet de Paris par une journaliste culturelle qui a choisi de témoigner anonymement dans les colonnes de Elle. Les faits remontent à l’année 2000. À l’époque, elle travaillait sur un projet d’encyclopédie de la musique noire-américaine et devait rencontrer le chanteur dans un cadre professionnel.

Selon son récit, Patrick Bruel l’aurait invitée à monter dans sa chambre d’hôtel en prétextant une blessure au genou qui l’empêchait de descendre dans le lobby. Une fois sur place, il lui aurait demandé d’appliquer de la crème sur sa blessure. La journaliste décrit la suite sans détour.

« J’ai voulu l’aider, je me suis baissée vers lui, et en un quart de seconde, je me suis retrouvée au sol, sur la moquette, j’ai senti ses mains partout sur mon corps », a-t-elle affirmé au magazine. Un témoignage qui décrit un basculement brutal, sans aucun signe avant-coureur, dans un contexte où la victime présumée pensait se trouver dans un cadre strictement professionnel.

Patrick Bruel en portrait, pull noir col V sur fond beige, sourire discret

Ce mode opératoire — l’invitation dans un espace privé sous un prétexte anodin, suivie d’une agression soudaine — fait écho à d’autres récits recueillis par Mediapart. Plusieurs femmes avaient déjà décrit des scénarios similaires, où la confiance liée au contexte de travail était exploitée. Mais une autre plainte, plus récente dans les faits, vient compléter le tableau avec des accusations encore plus graves.

La plainte pour viol classée sans suite, bientôt relancée

La deuxième plainte concerne Ophélie Fajfer, qui accuse Patrick Bruel de faits survenus en 2015 à son domicile de l’Isle-sur-la-Sorgue, en Provence. Ce lieu provençal revient dans plusieurs témoignages liés à l’affaire.

Selon le récit rapporté par Elle, le chanteur aurait d’abord tenté de l’embrasser contre son gré. « Il insiste, la serre fort par la taille, lui intime d’ouvrir grand la bouche », détaille le magazine. L’agression ne se serait pas arrêtée là : une pénétration digitale dans la piscine, puis de nouveaux faits sur un matelas hors de l’eau.

Ophélie Fajfer n’en est pas à sa première démarche judiciaire. Dès 2021, elle avait déposé plainte pour viol. Mais cette plainte avait été classée sans suite, faute de preuves suffisantes. Un dénouement que connaissent de nombreuses victimes présumées de violences sexuelles, la parole de l’une contre celle de l’autre ne suffisant pas toujours à enclencher des poursuites.

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Son avocate a néanmoins annoncé une stratégie différente cette fois. Si le parquet de Saint-Malo refuse la réouverture de l’enquête, elle compte redéposer plainte avec constitution de partie civile. Cette procédure permet de saisir directement un juge d’instruction, contournant ainsi le filtre du parquet. Un signal clair : la défense d’Ophélie Fajfer ne compte pas en rester là.

Deux employées du label brisent aussi le silence

Les deux autres témoignages publiés par Elle émanent de femmes qui travaillaient pour le label discographique de Patrick Bruel au début des années 2000. Elles n’ont pas déposé plainte, mais leurs récits ajoutent une dimension supplémentaire à l’affaire : celle d’un comportement qui se serait manifesté aussi dans le cadre professionnel quotidien, pas uniquement lors de rencontres ponctuelles.

Couloir d'hôtel de luxe vide avec une porte entrouverte laissant filtrer une lumière tamisée, ambiance sombre et lourde

Les deux anciennes employées décrivent des agressions sexuelles survenues dans la loge de l’artiste ou dans sa chambre, lors de déplacements liés à sa tournée ou à des événements promotionnels. Des situations où la relation hiérarchique implicite — lui étant l’artiste phare du label, elles étant salariées — rendait toute résistance ou dénonciation particulièrement difficile.

Ces témoignages font écho à des révélations sur l’entourage professionnel du chanteur qui avaient déjà été évoquées dans la presse. La question de la connaissance — voire de la complicité passive — de certains proches refait surface à chaque nouvelle vague de témoignages.

Un chanteur qui conteste, une présomption d’innocence qui demeure

Le père d’Oscar et Léon réfute catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre lui. Sa défense n’a pas varié depuis les premières révélations de Mediapart : il conteste chaque témoignage et nie tout comportement répréhensible. À ce stade de la procédure, Patrick Bruel bénéficie de la présomption d’innocence.

Mais la dynamique de l’affaire a profondément changé. En quelques semaines, le nombre de femmes ayant publiquement mis en cause le chanteur est passé de huit à douze. Les faits décrits couvrent désormais une période allant de 2000 à 2015. Et surtout, deux nouvelles plaintes viennent s’ajouter aux procédures déjà en cours, avec pour la première fois une plainte déposée directement par une journaliste — un profil professionnel qui confère une visibilité médiatique particulière au dossier.

L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole dans le milieu du spectacle français. D’autres personnalités ont été mises en cause ces dernières années, de Cauet placé en garde à vue à Gérard Depardieu jugé pour agressions sexuelles. Des producteurs du cinéma français ont également été accusés par de nombreuses femmes.

Dans le cas de Patrick Bruel, certaines voix se sont élevées pour le défendre, parfois avec des propos polémiques. D’autres célébrités ont au contraire réagi en soutenant les accusatrices. Le monde du spectacle français reste profondément divisé sur ces affaires, mais une chose est certaine : à chaque nouveau témoignage, la pression judiciaire et médiatique sur le chanteur s’intensifie un peu plus.

La suite dépendra désormais des suites données par le parquet aux deux nouvelles plaintes — et de l’éventuelle constitution de partie civile d’Ophélie Fajfer, qui pourrait forcer l’ouverture d’une instruction judiciaire même en cas de refus initial du ministère public.

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