Anny Duperey défend Patrick Bruel avec des propos qui font polémique
Patrick Bruel traverse l’une des crises les plus graves de sa carrière. Deux plaintes pour viol, six nouvelles accusatrices, des enquêtes ouvertes à Saint-Malo et à Paris. Et au milieu de cette tempête, une voix inattendue s’est levée pour le défendre : celle d’Anny Duperey.

Mais les propos de la comédienne de 78 ans ont, eux aussi, provoqué une véritable onde de choc.
Deux plaintes, six accusations : l’affaire Bruel prend de l’ampleur
Tout a commencé avec les révélations de Mediapart, qui a révélé les accusations de huit femmes contre le chanteur-comédien.
Le parquet de Saint-Malo a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Une première plainte vise des faits de viol qui se seraient déroulés en 2012, en marge du festival du film britannique de Dinard — dont Patrick Bruel était alors président du jury.
Une deuxième plainte a été enregistrée le 12 mars par le parquet de Paris. Elle porte sur une tentative de viol et une agression sexuelle lors du festival français d’Acapulco, au Mexique, en 1997.
Au total, selon Mediapart, six femmes dénoncent des violences sexuelles couvrant une période allant de 1992 à 2019. Parmi elles, Daniela Elstner, directrice d’Unifrance, a attendu trente ans avant de prendre la parole publiquement.
Patrick Bruel, qui fêtera ses 67 ans en mai, reste présumé innocent de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Des révélations ont également évoqué la présence d’un « chaperon » chargé de gérer les situations délicates dans son entourage, alimentant encore davantage les interrogations.
Anny Duperey prend la parole — et crée la polémique
C’est dans l’émission Domino, diffusée sur la chaîne ABC Talk TV sur YouTube, qu’Anny Duperey a choisi de s’exprimer. Interrogée par la journaliste Florence Belkacem sur l’affaire Bruel, la comédienne n’a pas mâché ses mots.
Elle a d’abord rappelé des souvenirs de sorties de concerts. « J’aurais plutôt tendance à dire que j’ai vu des films de certaines sorties de concert de Bruel où je pense que c’est lui qui aurait pu porter plainte pour agression sexuelle, avec les filles qui se jetaient sur lui comme ça », a-t-elle déclaré.
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Puis elle a ajouté, avec le franc-parler qui la caractérise : « Les filles quand elles ont envie de quelque chose ou qu’elles veulent un mec, et qu’elles sont hystériques comme ça, elles n’ont aucune pudeur ! Mais aucune ! »
Des mots qui, on s’en doute, n’ont pas manqué de faire réagir. D’autant qu’une autre actrice française avait déjà pris position sur cette affaire, dans un tout autre sens.
Un trait d’humour qui fait froid dans le dos
Anny Duperey a ensuite rendu hommage à Patrick Bruel en le qualifiant de « merveilleux acteur ». Puis elle a glissé une remarque teintée d’ironie que beaucoup ont trouvée particulièrement déplacée.
« Alors c’est peut-être vrai, peut-être qu’il n’aimait pas qu’on se jette sur lui et qu’il préférait lui se jeter sur les filles », a-t-elle lancé. Une formulation perçue par beaucoup comme une minimisation des accusations portées contre le chanteur.
Ce type de soutien public n’est pas sans rappeler d’autres affaires similaires dans le milieu du spectacle. Des scandales impliquant des personnalités comme P. Diddy lors de l’ouverture de son procès, ou encore Jared Leto accusé par neuf femmes, ont montré que les soutiens publics peuvent parfois aggraver la situation médiatique d’un accusé.
Sur les « besoins primaires » des hommes : une théorie qui dérange
Florence Belkacem avait posé la question : ne trouve-t-on pas qu’on accable trop les hommes ? Anny Duperey avait sa réponse toute prête.
Pour la comédienne, les femmes conservent toutes leurs « prérogatives primales ». Elle a notamment cité la maternité, puis, sans langue de bois : « on peut faire la p*** librement si on veut ».
Côté masculin, sa vision est différente. « Leurs besoins primaires, ils n’ont pas le droit de s’en servir. On ne peut plus faire la guerre, on ne peut plus casser la gueule à son voisin, c’est très très mal vu, on peut plus faire du rodéo en bagnole parce que non, ça n’est pas possible. »
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Un discours qui a suscité des réactions vives sur les réseaux sociaux, beaucoup estimant que ces propos banalisent les comportements dénoncés par les plaignantes.
Une affaire qui s’inscrit dans un contexte plus large
L’affaire Bruel n’existe pas en vase clos. Elle s’inscrit dans une vague de prises de parole qui secoue régulièrement le milieu du cinéma et du spectacle français.
Cyril Hanouna avait d’ailleurs évoqué à l’antenne une liste de dix grands noms du cinéma liés à des affaires sexuelles, potentiellement révélée avant Cannes. Un contexte qui rend le débat encore plus tendu.
D’autres affaires ont également défrayé la chronique récemment. Une star de la comédie française a été accusée de violences sexuelles par vingt femmes. Et Adriana Karembeu a brisé le silence sur les violences de son ex-mari.
Quant à Anny Duperey, dont la vie personnelle a traversé de terribles épreuves ces dernières années, ses déclarations sur le plateau d’ABC Talk TV risquent de longtemps alimenter les débats.
Patrick Bruel, lui, doit aussi faire face à d’autres répercussions. Son hôtel cinq étoiles en Provence se retrouve lui aussi dans la tourmente de l’affaire.
Une chose est certaine : dans ce dossier explosif, chaque prise de parole — même celle censée défendre — finit par jeter de l’huile sur le feu.