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« C’était chez moi, je suis rentré » : à 79 ans, il expulse un squatteur en moins de 24 heures

Publié par Cassandre le 18 Juil 2026 à 9:21
Retraité tenant des clés devant sa maison

Une réservation Airbnb de trois nuits, un couple bien habillé arrivé sur une moto rutilante, et puis ce message qui change tout : « j’ai changé toutes les serrures ». Ce scénario, un retraité de 79 ans l’a vécu dans sa propre maison de Romainville, en Seine-Saint-Denis. Mais contrairement à des dizaines de propriétaires piégés chaque année, lui n’a pas attendu des mois de procédure. Il est allé chercher les clés lui-même.

Une réservation Airbnb qui tourne au piège

Pour financer des travaux de rénovation, cet ancien intermittent du spectacle loue régulièrement sa maison sur Airbnb. Une pratique banale, sans histoire, jusqu’à cette réservation d’une certaine Natacha : profil vérifié, trois nuits annoncées, tout semblait normal.

Le couple débarque en moto rutilante, « très bien habillé » selon la compagne du propriétaire. Rien ne laisse deviner ce qui va suivre. Ce genre de mésaventure n’est plus isolé : plusieurs propriétaires ont récemment dû faire face à des squatteurs installés après une location courte durée, profitant d’un cadre légal qui protège désormais l’occupant entré légalement.

Car depuis la loi du 27 juillet 2023 censée protéger les logements contre l’occupation illicite, un locataire entré via une plateforme comme Airbnb peut, une fois sur place, se retrouver dans une zone grise juridique. Beaucoup de propriétaires découvrent alors qu’ils sont plus démunis qu’ils ne le pensaient, un peu comme cette retraitée de 78 ans contrainte d’improviser pour reprendre son logement.

Le message qui change tout : « je vais rester »

Au bout de trois jours, le propriétaire reçoit un message qu’il n’a pas vu venir. « Ça ne va pas vous plaire, ce n’est pas contre vous mais j’ai changé toutes les serrures, pris un abonnement énergie à mon nom, je vais rester », lui écrit l’homme surnommé Nacha, selon les propos rapportés au Parisien.

Le septuagénaire ne perd pas de temps. Il porte plainte pour « dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui », puis retourne immédiatement devant sa maison. C’est là que tout se joue en quelques secondes.

« On a vu qu’un homme venait d’arriver en voiture. C’était Nacha. Il est rentré par le portail. La porte ne s’est pas refermée tout de suite. C’était ouvert, c’était chez moi alors je suis rentré », raconte-t-il. Une brève altercation éclate, avant que le couple de retraités n’appelle la police, qui refuse d’abord d’intervenir. Le squatteur, lui, obtient une réponse immédiate en prétendant être « en danger ».

Un contrôle qui fait tout basculer

Le retraité et sa compagne présentent leurs pièces d’identité sans difficulté. Nacha, lui, ne peut sortir qu’une carte vitale. Un détail qui va tout précipiter, un peu à l’image de ce contrôle qui avait fait basculer une autre affaire de squat filmée en direct.

Contrôle de papiers d'identité devant une porte d'entrée

Le contrôle qui fait basculer l’affaire

Les policiers réclament ensuite les clés de la maison. Nacha refuse net, lance un « qu’est-ce que vous faites si je ne vous les donne pas ? » plein d’aplomb. Les agents bluffent : ils menacent de défoncer la porte. Le squatteur cède et remet finalement les clés, comme le rapporte Le Parisien.

Le contrôle d’identité révèle alors deux informations décisives : le véhicule du squatteur est volé, et l’homme conduit sans permis. Une découverte qui change immédiatement la nature de l’affaire et qui accélère la reprise du logement, quand d’autres propriétaires doivent parfois risquer gros pour déloger un occupant.

Le parquet de Bobigny confirme que le prévenu est poursuivi pour « dégradation d’un bien appartenant à autrui et violation de domicile ». Le retraité a bien retrouvé sa maison en moins de 24 heures, mais le bilan reste amer : ses papiers et de nombreuses affaires personnelles ont disparu. Airbnb a remboursé le changement en urgence des serrures, une compensation jugée bien maigre face au préjudice.

Une porte laissée ouverte, un aplomb qui vacille devant une carte vitale : parfois, la loi du plus rapide compte plus que celle du plus prudent. Combien de propriétaires, eux, n’osent pas franchir cette porte à temps ?

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