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« On n’avait pas le droit d’exister en tant que blancs » : à Rouen, 4 amis hospitalisés après avoir chanté des chants catholiques

Publié par Cassandre Jolivet le 08 Nov 2026 à 10:40
Jeune homme au visage meurtri dans un couloir d'hôpital

Un anniversaire, un dîner entre amis, une balade vers une fête foraine. Rien que de très banal, un samedi soir à Rouen. Pourtant, quatre jeunes hommes d’environ 25 ans affirment avoir fini à l’hôpital, le visage brisé, après avoir été pris pour cible par une vingtaine d’individus cagoulés. Que se serait-il passé, selon eux, juste avant les premiers coups ? Et qu’ont-ils décidé de faire ensuite ? Leur récit, rapporté par la presse française, est précis.

Un dîner d’anniversaire, une fête foraine et une vingtaine d’hommes en noir

Tout commence par une soirée ordinaire. Le groupe vient de terminer un repas pour fêter l’anniversaire de l’un d’entre eux et se dirige vers une fête foraine de la ville. Les amis marchent, chantent, de bonne humeur.

Selon le récit publié par Le Figaro, Martin, 24 ans, explique qu’ils entonnaient des airs comme Chevaliers de la Table ronde et d’autres chansons aux accents catholiques. Rien de militant, assurent-ils. Juste des chants entre copains.

C’est alors qu’une vingtaine d’individus, vêtus de survêtements noirs et le visage couvert de cagoules, seraient arrivés par-derrière. Les victimes disent avoir entendu : « Allez, il y a des fachos ici ! ». Les agresseurs les auraient encerclées et bombardées de pierres.

L’un des jeunes décrit une « scène apocalyptique ». Les agresseurs, d’après lui, n’avaient pas besoin de provocation pour frapper.

Reste une question : que criaient-ils pendant que les coups tombaient ? Les témoignages sont, à ce stade, très durs.

Des coups jusqu’à l’évanouissement, des insultes et une vidéo

Les victimes racontent avoir été frappées à coups de poing et de pied jusqu’à perdre connaissance. Bilan médical évoqué : nez, pommettes et os orbitaires fracturés. Tous ont été hospitalisés.

Martin dit avoir été paralysé par la peur. « J’ai vu mon petit frère se faire frapper par dix ou quinze personnes », raconte-t-il, évoquant un état de sidération totale.

Pierre-Alexis Michau, un autre jeune homme, a livré son témoignage sur une chaîne de télévision française. Il parle de regards chargés de haine, d’yeux injectés de sang, d’une « scène de guerre ».

Selon les victimes, les assaillants auraient lancé « sales blancs », « sales fachos » et « on va vous tuer ». L’un d’eux aurait même crié : « Je suis musulman, j’ai 16 ans et je vais niquer vos mères ».

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrerait des assaillants vêtus de noir poursuivant un homme blanc qui tente de fuir, en criant des insultes. Elle illustrerait, selon la source, la violence de la scène.

Mais pourquoi eux ? Une explication est avancée par l’une des victimes, et elle est saisissante.

« Ils nous ont pris pour des militants d’extrême droite »

Rue pavée déserte près d'une fête foraine la nuit

Pour Pierre-Alexis Michau, tout tient à l’apparence. « Nous étions un groupe de garçons en chemise et en chaussures de cuir, ils nous ont pris pour des militants nationalistes d’extrême droite », explique-t-il.

Il décrit des agresseurs d’origine nord-africaine, âgés selon lui de 16 à 18 ans. Les insultes, dit-il, étaient clairement racistes. « Nous répétions : on ne vous a rien fait, laissez-nous tranquilles. »

Il va plus loin : « Ces individus se sont érigés en police à notre place. On n’avait pas le droit d’exister dans l’espace public en tant que blancs. » Un autre jeune, qui n’a pas voulu donner son identité par peur pour sa sécurité, affirme avoir été attaqué parce que « blanc, catholique et français ».

Un quatrième reste plus mesuré : il se dit « pas en colère mais attristé » par ce mal et par l’incapacité à se parler. « Ils nous ont traités comme des ennemis. »

Une source policière locale évoque une récidive. Le même groupe d’adolescents aurait mené une attaque similaire quatre jours plus tôt, près de la même fête foraine. Leurs cibles, dit-elle, sont les « petits bourgeois », qu’ils associeraient sans distinction aux fascistes.

Ces propos restent des déclarations de victimes et d’une source anonyme. Aucun auteur n’a été identifié publiquement à ce stade. Que va-t-il se passer maintenant ?

Plainte, enquête et réactions : ce que l’affaire déclenche à Rouen

Quatre des victimes ont déposé plainte lundi auprès du parquet de Rouen pour « violences en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion ». Le procureur, Sébastien Gallois, indique que les enquêteurs exploitent les images de vidéosurveillance. L’enquête est donc en cours.

Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a condamné « sans réserve » ces violences. « Aucune différence de croyance ou de conviction ne peut les justifier », a-t-il déclaré. Le diocèse de Rouen a de son côté exprimé, dans un communiqué mercredi, sa « plus vive réprobation » et son « soutien profond » aux victimes.

Selon des journalistes français cités par la source, des appels à « lyncher les blancs » auraient circulé sur les réseaux sociaux dans la ville ces dernières semaines. Ces éléments restent à vérifier par l’enquête.

Ce fait divers s’inscrit dans un climat tendu. D’après la source, des semaines de violences urbaines ont fait près de 4 000 interpellations, près de 1 200 membres des forces de l’ordre blessés et plus de 1 500 commerces pillés ou endommagés. Le débat sur les actes antireligieux et leur instrumentalisation y trouve un écho évident.

Dans la foulée, les questions de foi et de visibilité religieuse ne cessent d’alimenter la polémique, comme la messe filmée à Carcassonne et les réactions qu’elle a suscitées.

Pour l’heure, la justice doit établir les faits : qui sont les auteurs, quel a été leur mobile, et si la qualification retenue sera confirmée. Les images de surveillance pourraient être décisives.

Quatre amis, une chanson, un soir d’anniversaire : l’enquête dira ce qui s’est vraiment joué à Rouen. Et si la foi vous intrigue, ce qu’une candidate de télé-réalité dit lui devoir pourrait vous surprendre. Quant aux tensions autour du symbole, la vraie raison de l’absence du pape à Bondy fait déjà beaucoup parler.

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