« Je veux le regarder dans les yeux » : le survivant de Fort Hood face à l’exécution en direct de son tireur

Les États-Unis s’apprêtent à vivre une première depuis des décennies : l’exécution d’un ancien soldat par un peloton. Et l’image pourrait être diffusée en direct. Dans ce pays qui se dispute déjà sur le principe, un homme dit qu’il veut regarder, les yeux dans les yeux, celui qui lui a tout pris. Son motif, lui, n’est pas celui qu’on imagine.
Un peloton, une base militaire et un livestream : le projet qui secoue l’Amérique
L’affaire concerne Nidal Malik Hasan, aujourd’hui âgé de 56 ans. Condamné à mort en 2013, il doit être exécuté par un peloton d’exécution, selon le quotidien allemand Bild, source de ces informations.
La date est fixée au 3 décembre, à 13 heures précises. Le lieu, lui, est lourd de sens : la base de Fort Hood, au Texas, là où Hasan a semé la mort.
Ce serait la première exécution menée par l’armée américaine depuis 1961. Et la première d’un soldat par un peloton depuis la Seconde Guerre mondiale, toujours selon Bild.
Mais c’est un autre détail qui provoque le malaise : une retransmission en direct est envisagée. Selon le journal, l’idée vient du ministre de la Guerre, Pete Hegseth.
Dans un pays qui revendique la liberté, la dignité humaine et le sens de la communauté, l’idée de montrer une mise à mort heurte beaucoup d’Américains. Le débat dépasse déjà largement le cas de Hasan. Pour comprendre ce qu’il a fait, il faut revenir en 2009. Et ce que raconte la sidérante affaire du verdict tombé 27 ans après la mort de Tupac rappelle que la justice américaine peut être aussi lente que spectaculaire.
5 novembre 2009 : ce que Nidal Malik Hasan a fait à Fort Hood
Ce jour-là, Hasan ouvre le feu sur la base texane. Bilan : 13 soldats tués et 32 blessés.
Selon Bild, il a affirmé avoir agi parce que ses camarades menaient en Afghanistan une guerre contre les musulmans. Une justification qui n’a pas empêché sa condamnation à mort quatre ans plus tard.
Parmi les blessés, Alonzo Lunsford, aujourd’hui âgé de 59 ans, a été touché plusieurs fois, y compris à la tête. Il a perdu la vue de l’œil gauche et souffre encore de stress post-traumatique.
Pendant que l’on s’interroge sur les images, certains drames, comme celui d’un appel au 911 enregistré avant un drame, montrent à quel point le récit des victimes pèse dans l’opinion américaine.
Alors que le pays débat, Lunsford a pris la parole. Et sa position surprend.
Il s’est confié à TMZ. Ce qu’il y a dit, et pourquoi il veut regarder, change la façon de voir toute l’affaire.
« Regarder dans les yeux » : pourquoi un survivant veut suivre l’exécution

Lunsford voit dans cette diffusion une chance. Selon Bild, il espère y trouver une forme de clôture, un point final après plus de quinze ans de séquelles.
Il a annoncé à TMZ qu’il suivrait le livestream. À l’écran, il veut regarder dans les yeux l’homme qui lui a tant pris, au moment où celui-ci mourra.
Mais il pose des limites très nettes. Pour lui, l’exécution ne doit pas devenir un événement festif, un rendez-vous où l’on se retrouve pour faire la fête ou le « tailgating », ce pique-nique qui précède les matchs.
Il demande aussi que les enfants et les adolescents n’aient pas accès à la diffusion. Autrement dit, regarder, oui, mais dans le respect des victimes.
Reste à savoir si cette retransmission aura vraiment lieu. Et là, la réponse n’est pas encore tranchée au sommet de l’État.
Trump hésite, Vance se détourne : ce qui reste incertain
Le président Donald Trump, 80 ans, a précisé vendredi que la diffusion en direct n’était pas acquise à cent pour cent. Il doit encore décider s’il suit le plan de Pete Hegseth, qu’il dit toutefois approuver.
Le vice-président JD Vance, 52 ans, a pris ses distances sur le plan personnel : « Si cela passe en livestream, je ne le regarderai pas. »
Les semaines à venir diront si le projet résiste à la polémique. Plusieurs questions restent ouvertes : qui pourrait avoir accès au flux, sous quelle forme, avec quelles protections pour les mineurs ?
Autre point à surveiller : l’exécution est prévue sur le lieu même du massacre. Ce choix symbolique ajoute une charge émotionnelle supplémentaire pour les familles des victimes. Des affaires comme le verdict de Versailles montrent à quel point une peine est scrutée par les proches.
Et la mécanique judiciaire est aussi source de débats ailleurs : dans le dossier d’une peine doublée en appel, la question de la juste sanction revient en permanence.
Selon Bild, c’est bien la première fois depuis plus de soixante ans que le sujet d’une exécution militaire s’invite à ce point dans le débat public.
Pour l’instant, rien n’est figé : ni le format, ni la diffusion, ni l’ampleur de la polémique.
Une chose est sûre : le 3 décembre, à 13 heures, l’Amérique aura les yeux tournés vers le Texas, qu’elle regarde ou non.
Entre le besoin de clôture d’un blessé et le malaise d’un pays, l’affaire Hasan pose une question simple : qu’a-t-on le droit de montrer ? Et si la justice des morts vous fascine, ce que l’autopsie d’Elvis a caché pendant 49 ans vous réserve une autre surprise. Vous voulez savoir comment un corps peut trahir son propre instinct ? Ce réflexe étrange par grand froid a de quoi glacer.