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« Je voulais être à ses côtés jusqu’au bout » : Thelyo, 4 semaines, meurt après un freinage de bus à Nevers

Publié par Cassandre le 19 Juin 2026 à 15:04
Jeune femme effondrée assise seule dans un couloir d'hôpital

Un bébé de huit jours dans un bus de ville, un freinage brutal, une barre métallique. Thelyo n’aura vécu que quatre semaines. Sa mère, Emma Monniot, raconte un cauchemar que rien ne laissait présager ce 21 mai à Nevers. Voici ce que l’on sait de ce drame qui a poussé la police à lancer un appel à témoins pour retrouver le conducteur responsable.

Un freinage d’urgence qui brise tout à Nevers

Le 21 mai, vers 17h45, Emma Monniot monte dans un bus du réseau de Nevers avec son fils Thelyo. Le nourrisson est né huit jours plus tôt, le 13 mai. Ils viennent tout juste de quitter la maternité.

À un carrefour, une voiture grille un cédez-le-passage. Le chauffeur du bus n’a pas le choix : il écrase la pédale de frein. La violence du choc propulse le bébé contre une barre de maintien. La tête du nourrisson heurte le métal de plein fouet.

Les secours arrivent rapidement. Thelyo est héliporté vers l’hôpital de Nancy, à plus de 300 kilomètres de là, dans un état critique. Les médecins le plongent immédiatement dans un coma artificiel. Le diagnostic tombe comme un couperet : lésions cérébrales irréversibles.

Pour Emma, 23 ans, le monde s’effondre. Son premier enfant, celui qu’elle venait de présenter au monde, lutte pour sa vie dans un service de réanimation néonatale. Le trajet en bus qui devait être banal a viré au cauchemar en une fraction de seconde.

Trois semaines de combat, puis le silence

Pendant plus de deux semaines, les équipes médicales de Nancy tentent tout. Le 5 juin, une opération chirurgicale à haut risque est pratiquée sur le crâne du nourrisson. Un geste désespéré, un dernier espoir pour tenter de sauver ce qui peut l’être.

Mais le cerveau de Thelyo ne récupère pas. Les lésions sont trop profondes, trop étendues. Le bébé ne se réveillera jamais de son coma. Une semaine après l’intervention, le 12 juin, son cœur s’arrête.

Il meurt dans les bras de sa mère. « Je voulais être à ses côtés jusqu’au bout. Thelyo est parti une semaine après avoir été opéré », a confié Emma Monniot au Journal du Centre. Des mots d’une simplicité déchirante, prononcés par une jeune femme de 23 ans qui enterre son fils avant même d’avoir pu le voir sourire.

Les obsèques de Thelyo ont eu lieu samedi matin à Nevers. Il aura vécu quatre semaines. Quatre semaines dont trois passées dans un lit d’hôpital, branché à des machines, loin de chez lui. Mais la douleur d’Emma se double désormais d’une colère froide, dirigée vers celui qui a provoqué l’accident et qui n’a toujours pas été identifié.

Barre de maintien métallique à l'intérieur d'un bus de ville

Un appel à témoins lancé : la Volkswagen Polo blanche est recherchée

Emma Monniot a déposé plainte contre X. La police nationale de la Nièvre a lancé un appel à témoins pour retrouver deux types de personnes : les passagers présents dans le bus ce jour-là, et surtout le conducteur du véhicule qui a grillé le cédez-le-passage.

Les enquêteurs disposent déjà d’éléments précis. Le véhicule est une Volkswagen Polo blanche équipée de plaques d’immatriculation roses — ces plaques provisoires attribuées temporairement lors de l’achat d’un véhicule. Un détail qui pourrait permettre de remonter rapidement jusqu’au propriétaire.

Toute personne disposant d’informations peut contacter la police au 03 86 60 53 27 ou au 03 86 60 53 36. Les autorités espèrent que des témoins se manifesteront pour reconstituer les circonstances exactes du freinage. Chaque témoignage compte pour établir les responsabilités.

Car au-delà du deuil, c’est une question de justice. Le conducteur de la Polo n’a visiblement pas réalisé — ou pas voulu réaliser — les conséquences de son infraction. Un cédez-le-passage grillé. Un freinage. Un bébé de huit jours. Un mois plus tard, un cercueil blanc.

Thelyo n’aura connu du monde que les néons d’un hôpital et les bras de sa mère. Si vous étiez dans ce bus le 21 mai à Nevers, ou si vous avez croisé cette Polo blanche aux plaques roses, une famille attend que quelqu’un parle.

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