Selon l’UFC-Que Choisir, ces lasagnes Lidl à 60 % moins cher sortent exactement de la même usine qu’une célèbre marque

Vous pensiez que les produits Lidl et les grandes marques vivaient dans deux mondes séparés. La réalité est bien plus troublante. L’UFC-Que Choisir a révélé que certaines lasagnes vendues chez Lidl sortent de la même chaîne de production qu’une marque nationale célèbre — pour un prix jusqu’à 60 % inférieur. Voici les cas prouvés et la méthode pour traquer vous-même ces jumeaux industriels.
Lidl et grandes marques : quand la même usine produit les deux
L’idée peut surprendre, mais elle obéit à une logique économique implacable. Pour un industriel, faire tourner ses lignes de production à plein régime est vital. Produire pour une marque nationale et pour une marque de distributeur permet d’amortir les coûts fixes — machines, personnel, énergie — sans construire une seconde usine.
L’expert en consommation Lukas Scheller, interrogé dans l’émission de vulgarisation scientifique Galileo, le résume sans détour : « Plus une usine tourne à plein régime, plus la production revient bon marché. » Résultat : le même fabricant, les mêmes ingrédients, les mêmes valeurs nutritionnelles… mais deux étiquettes très différentes en rayon.
Et la différence de prix, elle, ne vient pas de l’assiette. Elle vient de tout ce qui l’entoure. Campagnes publicitaires, packaging travaillé, marge du distributeur : quand vous achetez « l’original », vous financez aussi cette visibilité. Lidl, de son côté, mise sur un emballage plus simple et un prix agressif pour ses marques de distributeur.
Ce mécanisme n’est pas nouveau. Mais ce qui change, c’est que des revues de consommateurs documentent désormais des cas précis, preuves à l’appui. Et le dernier en date a fait bondir les consommateurs français.
Les lasagnes Toque du chef (Lidl) et Marie : le cas qui change tout
Le jumeau industriel pointé par l’UFC-Que Choisir ? Les lasagnes surgelées Toque du chef, vendues chez Lidl, et les lasagnes Marie. Même usine, même recette, mêmes valeurs nutritionnelles. Seuls le packaging et le prix diffèrent — et pas qu’un peu.
La version Marie serait vendue environ 60 % plus cher que son double Lidl. Six euros de différence sur dix, en résumé, pour un contenu rigoureusement identique. L’emballage, la publicité télévisée et la marge de la marque nationale expliquent l’essentiel de cet écart.
Ce n’est pas un cas isolé. En mai 2026, des enquêtes ont aussi identifié des biscuits Lidl fabriqués sur les mêmes chaînes que des marques connues, avec un écart de prix pouvant atteindre 25 %. Les produits importés en France ne sont d’ailleurs pas épargnés par ce phénomène de double étiquetage.
Attention toutefois : même usine ne signifie pas toujours produit strictement identique. Un test réalisé par Galileo sur des bâtonnets de poisson panés a révélé 65 % de poisson pour la marque nationale contre 60 % pour la version distributeur. Proche, mais pas jumeau parfait. La nuance est importante, et c’est pour ça qu’il faut savoir vérifier par soi-même.

Comment repérer ces jumeaux industriels sans vous tromper
Bonne nouvelle : quelques réflexes simples suffisent pour traquer ces doublons en rayon. Premier indice : le code EMB imprimé sur chaque emballage. Ce numéro identifie l’usine de fabrication. Si deux produits — l’un Lidl, l’autre grande marque — affichent le même code EMB, ils sortent du même site de production.
Deuxième réflexe : comparez la liste d’ingrédients. Si elle est identique dans le même ordre, c’est un signal fort. Les fabricants sont tenus de lister les composants par ordre décroissant de poids. Un copier-coller entre deux étiquettes ne laisse guère de place au doute.
Troisième vérification : les valeurs nutritionnelles. Calories, lipides, glucides, protéines — si les chiffres correspondent au gramme près, la recette est la même. Le pourcentage de l’ingrédient principal reste votre meilleur indicateur de qualité réelle.
Lukas Scheller le rappelle : « Il existe énormément de produits sans marque aussi bons, voire meilleurs, que les produits de marque. » Pas besoin de boycotter les grandes marques. Mais avant de payer 60 % de plus, un coup d’œil à l’étiquette peut vous faire économiser chaque semaine sans rien sacrifier dans l’assiette.
Même usine, même recette, 60 % d’écart : la prochaine fois que vous hésitez devant le rayon surgelés, retournez simplement la boîte. Le code EMB ne ment jamais. Et si ça se trouve, votre marque préférée de biscuits a elle aussi un jumeau caché qui attend sagement sur l’étagère d’en face…