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Bouygues Telecom active encore une option payante discrètement : comment la désactiver avant qu’il ne soit trop tard

Publié par Elsa Fanjul le 30 Avr 2026 à 16:30

Vous n’avez rien demandé, et pourtant votre facture Bouygues Telecom pourrait grimper de 2 euros par mois dès cet été. L’opérateur est en train d’activer une option TV sur des milliers de forfaits B&You, sans que les abonnés aient donné leur accord. Le mail d’alerte ? Il a de bonnes chances d’atterrir dans vos spams. Voici ce qu’il faut savoir — et surtout ce qu’il faut faire.

Abonné Bouygues frustré regardant un mail sur son smartphone

Un service que personne n’a demandé

Depuis quelques jours, des abonnés B&You reçoivent un mail les informant de « l’enrichissement » de leur forfait avec l’option b.tv multi-écrans. Concrètement, cette option permet de regarder la télévision sur cinq appareils en simultané — smartphone, tablette, ordinateur ou TV connectée — avec en bonus la qualité 4K HDR, le son Dolby Atmos et une centaine d’heures d’enregistrement dans le cloud.

Sur le papier, l’offre paraît généreuse. Le premier mois est même gratuit. Mais c’est précisément là que le piège se referme : sans action de votre part, le service sera automatiquement facturé 2 euros par mois à partir du 13 juin 2026. Aucun réengagement n’est imposé, certes, mais l’option reste active tant que vous ne la désactivez pas vous-même.

Pour rappel, cette fonctionnalité est habituellement facturée 4,99 euros mensuels. Bouygues Telecom l’avait lancée lors de la refonte de ses offres Bbox fin mars. Sauf que la grande majorité des foyers n’en ont tout simplement pas l’usage — et surtout, n’ont jamais rien réclamé. Et ce n’est malheureusement pas la première fois que l’opérateur utilise cette méthode.

Norton, B&You Max… la même recette à chaque fois

Client vérifiant ses options forfait sur un ordinateur portable

Les habitués reconnaîtront le mode opératoire. Au cours des derniers mois, Bouygues Telecom a déjà activé par défaut l’antivirus Norton sur les forfaits B&You et Bbox. Même scénario : un mail discret, un mois offert, puis une facturation automatique pour ceux qui n’avaient pas réagi à temps. L’option B&You Max avait suivi exactement le même chemin, comme le rappelaient déjà les abonnés B&You exaspérés par ces hausses déguisées.

Le blogueur tech Antoine Guilbert a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur X (ex-Twitter) : « Bouygues Télécom recommence… après Norton et l’option activée par défaut, c’est maintenant au tour de l’option TV multi-écrans à 2 €/mois. Comme d’hab, le premier mois est gratuit et il faut annuler l’option soi-même. Pensez à vérifier vos mails ! »

Le problème ne s’arrête pas au principe même de l’activation par défaut. Lors de l’épisode Norton, plusieurs abonnés avaient signalé que le fameux mail d’information avait atterri directement dans leur dossier de spams. Une situation qui rendait la manœuvre quasi invisible pour les clients les moins vigilants. Avec l’option b.tv, le risque est exactement le même — et les conséquences identiques pour votre portefeuille.

Cette succession de pratiques commence d’ailleurs à peser lourd dans la balance. Depuis le début de l’année 2026, Bouygues Telecom enchaîne les annonces impopulaires : hausse des prix des forfaits, frais de résiliation revus à la hausse, options imposées sans consentement et une offre Smart Change qui soulève des questions. Mais au fait, est-ce seulement légal ?

Techniquement, la pratique est encadrée par la loi. L’opérateur peut modifier les conditions d’un forfait sans engagement à condition d’en informer le client au préalable et de lui laisser un délai de rétractation. En envoyant un mail avec un mois d’essai gratuit, Bouygues Telecom respecte la lettre du cadre réglementaire.

Mais la limite entre information loyale et consentement forcé devient de plus en plus floue. Quand le mail atterrit dans les spams, quand la facturation démarre automatiquement sans validation explicite, et quand la charge de la preuve repose entièrement sur le consommateur, difficile de parler d’un choix éclairé. C’est d’ailleurs ce que de nombreux abonnés qualifient sans détour d’« abonnement imposé sans consentement » sur les réseaux sociaux.

Cette tendance n’est pas propre à Bouygues. L’ensemble du secteur télécom français traverse une phase de tensions tarifaires, entre le rachat de SFR qui redistribue les cartes et la question de l’impact sur les clients. Reste que Bouygues se distingue par la régularité de ses activations par défaut — trois en quelques mois, c’est un rythme soutenu. Alors comment se protéger concrètement ?

Ce qu’il faut faire avant le 13 juillet 2026

La date limite varie légèrement selon les profils, mais la plupart des abonnés ont jusqu’au 13 juillet 2026 pour refuser l’option. Passé ce délai, les 2 euros mensuels seront prélevés automatiquement. Trois méthodes s’offrent à vous pour annuler l’activation.

La plus rapide : cliquez directement sur le lien de renoncement présent dans le mail envoyé par Bouygues Telecom. Vérifiez bien votre boîte de réception ET vos spams — c’est souvent là que le message se cache. Si vous ne trouvez rien, ne paniquez pas : les deux autres méthodes fonctionnent tout aussi bien.

En ligne : connectez-vous à votre espace client sur le site ou l’application Bouygues Telecom, rendez-vous dans la rubrique « Options » de votre forfait et désactivez b.tv multi-écrans manuellement. L’opération prend moins de deux minutes.

Par téléphone : appelez le 1064, le service client de Bouygues Telecom, et demandez explicitement la désactivation de l’option b.tv multi-écrans. Notez la date et l’heure de votre appel au cas où une contestation serait nécessaire par la suite.

Un réflexe utile : profitez-en pour vérifier l’ensemble des options actives sur votre forfait. Les abonnés qui avaient raté l’épisode Norton ou B&You Max paient peut-être encore ces services sans le savoir. Et si vous envisagez de changer d’opérateur après cette énième déconvenue, sachez que la situation chez SFR n’est pas forcément plus rassurante.

Pourquoi il faut surveiller sa boîte mail comme un faucon

Le vrai problème de fond, c’est la charge mentale que ces pratiques imposent aux consommateurs. Être client Bouygues Telecom en 2026, c’est accepter de jouer les sentinelles permanentes sur sa boîte de réception. Manquer un seul mail, c’est potentiellement 24 euros de plus par an sur sa facture — par option non demandée.

Multipliez ce montant par les millions d’abonnés B&You et Bbox, et vous comprenez l’intérêt économique de la manœuvre. Même si 80 % des clients finissent par désactiver l’option, les 20 % restants représentent une manne financière considérable pour l’opérateur. Une stratégie qui repose, en fin de compte, sur l’inattention plutôt que sur la valeur du service proposé.

Face aux réactions de plus en plus virulentes sur les réseaux sociaux, Bouygues Telecom finira peut-être par revoir sa copie. En attendant, le meilleur conseil reste de paramétrer une alerte sur votre boîte mail pour tout message provenant de l’opérateur — et de partager cette information avec vos proches abonnés B&You, qui n’ont probablement pas vu le fameux mail passer.

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