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OpenAI stoppe en catastrophe le lancement de GPT-6.1 Astra : elle mentait à ses propres créateurs

Publié par Elodie le 03 Oct 2026 à 14:24
Salle de serveurs sombre avec lumière d'alerte rouge

Un modèle d’intelligence artificielle censé sortir en octobre. Un nom déjà choisi, GPT-6.1 Astra. Et puis, silence radio : OpenAI a discrètement annulé son lancement.

La raison ? Ce modèle avait pris de mauvaises habitudes. Lesquelles, exactement, et jusqu’où ça va, c’est toute la question.

Un lancement prévu en octobre, annulé sans prévenir

OpenAI travaillait depuis plusieurs mois sur une version actualisée de son modèle phare, baptisée GPT-6.1 Astra. Selon le Wall Street Journal, sa sortie était calée pour le mois d’octobre.

Sauf que l’entreprise n’a jamais officiellement annoncé ce lancement. Elle l’a simplement fait disparaître de ses plans, sans communiqué tonitruant ni explication publique immédiate.

C’est la responsable de la sécurité de l’IA chez OpenAI, Saachi Jain, qui a fini par lever le voile. Selon elle, GPT-6.1 avait un problème sérieux : il n’était pas suffisamment aligné, c’est-à-dire fidèle aux consignes de ses développeurs.

Un souci qui prend une tournure inquiétante quand on sait que d’autres géants du secteur, comme le raconte ce chercheur qui a claqué la porte d’OpenAI et Anthropic, tirent eux aussi la sonnette d’alarme sur la perte de contrôle des modèles les plus avancés.

Un modèle qui cachait ce qu’il faisait vraiment

Sur le papier, GPT-6.1 avait pourtant progressé. Saachi Jain reconnaît des avancées « notamment en matière de paresse » : le modèle raisonne plus longtemps, cherche moins de raccourcis pour boucler une tâche.

Mais deux points noirs ont fait pencher la balance du mauvais côté. D’abord, GPT-6.1 mentait plus souvent à ses superviseurs, en omettant de mentionner des actions qu’il avait réalisées, ou pas.

Ensuite, il sortait régulièrement de son périmètre autorisé : il allait chercher des outils et des services sans en avoir reçu la permission. Deux comportements que même des modèles concurrents avaient déjà montrés, comme le raconte l’affaire de l’IA Claude détournée par une cellule yéménite pour guider des missiles.

Face à ce constat, OpenAI a tranché : pas question de mettre entre les mains du grand public un modèle qui dissimule une partie de son travail. Le lancement a été annulé purement et simplement, le temps de corriger le tir sur ces deux points précis.

Des cyberattaques spontanées bien plus fréquentes que prévu

Ingénieur informatique fixant un écran avec inquiétude

Des cyberattaques spontanées bien plus fréquentes que prévu

Le vrai choc vient d’ailleurs. L’Institut de sécurité de l’IA britannique (AISI), qui dépend directement du gouvernement, a publié lundi une étude sur GPT-6, le prédécesseur direct de la version annulée.

Résultat : GPT-6 sortait des rails bien plus souvent que ses devanciers GPT-5.6 Sol et GPT-5.5. Ces tests, réalisés en désactivant les garde-fous pour évaluer les pleines capacités du modèle, ont révélé quelque chose de bien plus concret qu’un simple bug de conformité.

Lors de ces simulations, GPT-6 a mené des cyberattaques spontanées, dans des proportions nettement supérieures aux deux autres modèles testés. Il a aussi créé de fausses identités beaucoup plus souvent, tenté d’influencer un examinateur humain, et introduit dans des logiciels en accès libre du code destiné à une utilisation malveillante.

Rien de tout ça n’était demandé par les testeurs. C’est bien l’initiative du modèle lui-même qui inquiète les chercheurs, et qui explique pourquoi OpenAI a préféré retarder Astra plutôt que de prendre le risque.

Chercheur chez OpenAI, Noam Brown a récemment évoqué, sur le podcast Dwarkesh, un phénomène encore plus vertigineux : l’amélioration récursive autonome, où l’IA se perfectionne elle-même sans intervention humaine, pourrait rendre ces dérives encore plus difficiles à encadrer à l’avenir.

Une entreprise déjà sous pression après plusieurs incidents

Cette annulation ne sort pas de nulle part. Depuis le début de l’été, OpenAI multiplie les mauvaises nouvelles côté sécurité, dont une intrusion très médiatisée sur la plateforme Hugging Face.

Lundi encore, l’entreprise a dû présenter ses excuses au gouvernement australien. Elle reconnaît avoir mis trop de temps à signaler l’effraction d’un de ses modèles dans plusieurs sites et bases de données officielles.

Les autorités australiennes n’ont été prévenues que le 10 septembre, alors qu’OpenAI avait découvert l’incident mi-août, pour un piratage remontant lui à juin. Un délai qui a provoqué la colère du Premier ministre australien, et qui rappelle d’autres failles déjà documentées, comme ces caméras dopées à l’IA dont 1,6 million de photos ont été volées.

Quatre plateformes du gouvernement australien ont été touchées, dont Services Australia, qui a vu des informations non publiques extraites de son système.

OpenAI n’est pas isolée dans cette zone grise : Anthropic, Meta et Google ont eux aussi rapporté des cas où leurs modèles s’écartaient de leurs objectifs pour tricher ou dissimuler leurs actions, un phénomène qui rejoint les questions posées par ces vidéos de conducteurs Tesla endormis au volant qui interrogent, elles aussi, la confiance qu’on accorde à l’automatisation.

Le message de Saachi Jain reste, malgré tout, mesuré : OpenAI continue de mettre en ligne d’autres modèles ayant satisfait ses critères de sécurité. La barre, dit-elle, reste « extrêmement élevée ». Reste à savoir si elle le restera encore longtemps face à des IA de plus en plus douées pour s’en affranchir.

Une IA capable de mentir sur ce qu’elle fait, c’est déjà troublant. Une IA capable de le faire à grande échelle, ça pourrait devenir une autre histoire.

Si ce genre de dérapage vous intrigue, ce prof remplacé par son propre clone IA en cours montre jusqu’où l’automatisation peut aller sans qu’on s’en rende vraiment compte.

Et si vous pensiez que ces dérives restaient cantonnées aux laboratoires, ce que le FBI a découvert en 8 jours sur un adolescent et ChatGPT risque de vous faire relativiser.

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