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« J’avais une envie pressante » : flashé à 102 km/h en zone 50, ce retraité de 74 ans cumule 7 condamnations

Publié par Elsa Fanjul le 16 Juin 2026 à 8:30
Homme âgé au volant avec une expression de panique

On a tous connu ce moment de panique au volant : l’envie pressante, le domicile à quelques minutes, le pied qui s’alourdit sur l’accélérateur. Sauf que ce retraité belge de 74 ans a poussé le curseur un peu loin. Flashé à 102 km/h dans une zone à 50, il a dû s’expliquer devant un juge. Et son casier routier n’a rien arrangé.

102 km/h en agglomération : quand l’urgence intestinale prend le volant

Les faits se sont déroulés à Deurle, une commune flamande de Belgique. Le radar a figé la scène : un véhicule lancé à plus du double de la vitesse autorisée, en pleine zone résidentielle. Pas un léger dépassement, pas un 60 dans une zone 50 — non, un bon 102 km/h.

Convoqué devant le tribunal de police, le septuagénaire a livré une explication qui a fait lever quelques sourcils dans la salle d’audience. Selon le média belge HLN, l’homme a affirmé qu’il faisait face à une envie urgente d’aller aux toilettes. Son domicile n’était qu’à quelques minutes. Il a tenté le tout pour le tout.

Son avocat a précisé que cette urgence était directement liée aux effets secondaires de traitements médicaux que prend le retraité. Un argument médical, donc, pas une simple excuse de confort. Le tribunal a écouté attentivement.

Mais voilà : compréhension ne veut pas dire absolution. Et le magistrat a vite remis les choses en perspective. À cette vitesse, en agglomération, le moindre piéton qui traverse, le moindre vélo, c’est le drame assuré. Ce genre d’excès, comme d’autres comportements à risque, peut avoir des conséquences irréversibles.

Le juge compatit… puis ouvre le casier judiciaire

Le magistrat n’a pas été insensible. Il a reconnu le caractère embarrassant de la situation et la détresse réelle que peut provoquer ce type d’urgence physiologique. On est humains, après tout. Mais la sécurité routière, elle, n’a pas de clause « envie pressante ».

Le juge a d’ailleurs glissé un conseil au prévenu, rapporté par HLN : la prochaine fois, mieux vaut s’arrêter sur le bas-côté que de risquer un accident mortel. Un conseil plein de bon sens, même si on imagine que dans le feu de l’action, la logique cède souvent la place à la panique.

Là où l’affaire a vraiment basculé, c’est à l’ouverture du casier. Le retraité ne débarquait pas en terrain vierge. Le tribunal a révélé que l’homme avait déjà été condamné sept fois pour des infractions au Code de la route. Sept. Pas deux, pas trois — sept condamnations antérieures. Autant dire que l’image du paisible retraité rattrapé par un coup de malchance s’est un peu effritée.

Ce passif a clairement pesé dans la balance. Pour un primo-délinquant routier, l’excuse médicale aurait peut-être adouci la sentence. Mais avec un tel historique, difficile de plaider la simple maladresse. Le message du tribunal est clair : la récidive alourdit systématiquement la note.

Radar de vitesse et panneau 50 km/h en zone résidentielle belge

480 euros d’amende et 21 jours sans permis : la facture d’une envie trop pressante

Comme beaucoup de situations du quotidien, celle-ci aurait pu rester anecdotique. Mais le verdict est tombé : 480 euros d’amende et 21 jours d’interdiction de conduire. Une sanction mesurée au regard de la vitesse constatée, mais alourdie par les antécédents.

Pour un excès de plus de 50 km/h au-dessus de la limite en Belgique, les peines peuvent théoriquement aller bien plus loin. Le tribunal a donc fait preuve d’une certaine retenue, tenant visiblement compte des circonstances médicales invoquées. Un équilibre subtil entre empathie et fermeté.

L’histoire illustre un dilemme que des milliers d’automobilistes connaissent : que faire quand le corps réclame une urgence et que le domicile est à portée de pédale ? La réponse du juge est limpide — s’arrêter, quitte à vivre un moment gênant. Parce qu’un accident à 102 km/h en ville, lui, ne laisse aucune chance à la gêne. Il ne laisse que des victimes.

Le septuagénaire belge rejoint ainsi la galerie des excuses mémorables entendues dans les tribunaux routiers. Celle-ci avait au moins le mérite de la sincérité. Mais l’histoire des urgences au volant rappelle une évidence : aucune envie ne justifie de mettre la vie d’autrui en danger.

Un retraité, une envie pressante, 7 condamnations et un radar inflexible : la justice belge a su doser compréhension et sanction. Mais la vraie question reste entière : combien de conducteurs, chaque jour, prennent exactement le même risque sans jamais croiser de radar ? Celui-là, au moins, a eu droit à un conseil gratuit du juge. Espérons qu’il le suivra.

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