À 17 ans, il vapotait l’équivalent de 50 cigarettes par jour : « Je crachais des litres de sang »
Jayden Richardson avait 12 ans quand il a tiré sa première bouffée sur une vapoteuse. Cinq ans plus tard, en vacances en Turquie avec sa famille, il s’est retrouvé à cracher du sang dans une piscine pendant dix minutes. Le diagnostic posé par les médecins à son retour en Angleterre a glacé sa mère : « Le consultant a dit qu’il n’avait jamais vu autant de dégâts pulmonaires chez un gamin. » Voici l’histoire d’un ado qui pensait que vapoter, c’était juste de la vapeur d’eau parfumée.
« Je voulais juste m’intégrer » : comment tout a commencé à 12 ans
Jayden vit dans le Shropshire, un comté tranquille de l’ouest de l’Angleterre. À 12 ans, comme beaucoup de collégiens, il veut faire comme les autres. La vapoteuse circule dans la cour de récré, et il ne veut pas être celui qui refuse. « Je voulais m’intégrer », explique-t-il simplement. Ce qui commence comme un geste social devient très vite une habitude compulsive.

En quelques mois, sa consommation explose. Au plus fort de son addiction, Jayden inhale l’équivalent de 50 cigarettes par jour via sa vapoteuse. Un chiffre qui peut sembler abstrait, mais qui représente une quantité massive de substances chimiques inhalées quotidiennement par des poumons encore en pleine croissance. Des études récentes montrent d’ailleurs que vapoter serait plus dangereux que ce qu’on imaginait.
Le NHS britannique reconnaît lui-même que « le vapotage n’est pas totalement inoffensif » et que les effets à long terme restent inconnus. L’organisme de santé précise aussi que la vape ne devrait servir que d’outil de sevrage tabagique, pas devenir une habitude en soi. Surtout pas chez un gamin de 12 ans. Mais personne n’a prévenu Jayden. Et ce qui l’attendait en Turquie allait lui faire comprendre la leçon de la pire des manières.
Turquie : la nuit où les premiers signes sont apparus
Été 2024. Jayden est en vacances en Turquie avec sa famille. Soleil, piscine, insouciance. La veille du drame, il ressent une légère douleur dans la poitrine. Rien d’alarmant à ses yeux. « Je n’y ai pas vraiment prêté attention », raconte-t-il. Le lendemain matin, il se réveille, tire quelques bouffées sur sa vapoteuse et tousse un peu. Rien de fou. Une toux grasse, comme un petit rhume.
Puis il remarque « de petits morceaux de sang ». Là encore, il minimise. À 17 ans, on se croit invincible. « Ce n’était vraiment pas grave du tout », se souvient-il. Il décide d’aller piquer une tête dans la piscine. C’est à ce moment précis que tout bascule. En France, des cas similaires ont d’ailleurs été documentés, comme celui de cet adolescent qui crachait du sang à cause du vapotage.
« Je crachais des litres de sang » : dix minutes de terreur dans la piscine
Une fois dans l’eau, Jayden commence à tousser. Mais cette fois, ce n’est plus un filet de sang. C’est un torrent. « Je crachais des litres de sang », décrit-il. On doit le sortir de la piscine. La crise dure dix longues minutes. Dix minutes de toux violente, de sang qui coule, d’incompréhension totale.

« C’était traumatisant. Surtout à cet âge-là, voir autant de sang sortir de son propre corps… » L’adolescent est sous le choc. Sa famille aussi. Personne ne comprend ce qui se passe. Les vacances sont terminées. La priorité, c’est de rentrer en Angleterre. Et vite. Certaines douleurs ne doivent jamais être ignorées, et Jayden venait de l’apprendre de la manière la plus brutale qui soit.
Le diagnostic que personne n’attendait
De retour à Birmingham, Jayden est immédiatement hospitalisé. Il continue de cracher du sang. Les médecins pensent d’abord à un ulcère de l’estomac. Sa mère, Elita, se dit que ça pourrait coller : trop de boissons, de nourriture grasse « tous les soirs » en Turquie. Rien de catastrophique, en somme.
Mais quand les résultats de l’endoscopie tombent, tout le monde déchante. Ce n’est pas l’estomac. Ce sont les poumons. Et les dégâts sont considérables. Le consultant qui examine les résultats lâche une phrase que la famille n’oubliera jamais : « Il n’a jamais vu autant de dégâts pulmonaires chez un enfant. »
Elita, sa mère, reste incrédule : « Je pense qu’ils ont exploré toutes les options sans imaginer qu’un gamin de son âge puisse avoir des poumons aussi abîmés. » Une semaine plus tard, le verdict tombe, sans appel : « Vapotage excessif. » Deux mots. Un choc. Un cas qui rappelle celui de cette jeune femme diagnostiquée d’un cancer du poumon après des années de vapotage intensif.
La rechute d’anniversaire qui a tout confirmé
Les médecins prescrivent un traitement médicamenteux à Jayden. Il arrête de vapoter. Pendant quelques mois, tout semble aller mieux. Ses poumons se reposent. Il se remet doucement. Mais le 10 janvier, jour de son anniversaire, la tentation revient.
« Stupidement », selon ses propres mots, il reprend une vapoteuse pendant la fête. Quelques bouffées, pas plus. Il pense que les dégâts sont faits et que ses poumons vont « se réparer tout seuls ». Que quelques taffes n’y changeront rien. Il se trompe. Lourdement.
Immédiatement, la toux revient. Et avec elle, le sang. « J’ai su tout de suite que j’allais cracher du sang », explique-t-il. La preuve, cruelle et implacable, que ses poumons sont devenus hypersensibles. Que les dégâts ne « guérissent » pas comme une simple coupure. « J’étais totalement dans l’erreur et je n’arrive pas à croire à quel point c’est facile de refaire les mêmes dégâts. »
Un phénomène qui n’a rien de surprenant quand on connaît les effets néfastes de la cigarette électronique documentés par la recherche scientifique. Les tissus pulmonaires fragilisés par le vapotage ne se régénèrent pas en quelques semaines.
Un scanner en attente et une promesse
Aujourd’hui, Jayden attend un scanner thoracique (CT scan) pour évaluer l’étendue réelle des dégâts. Il ne sait pas encore si ses poumons pourront récupérer ou si les lésions sont permanentes. À 17 ans, il fait face à une incertitude médicale que la plupart des gens ne connaissent qu’après des décennies de tabagisme.
Cette fois, il jure que c’est terminé. « Plus jamais. » Il est catégorique. Plus une seule bouffée. « Si je pouvais remonter le temps, au moment où j’ai commencé, je me dirais de ne jamais toucher à ces trucs », confie-t-il. Ses mots résonnent d’autant plus fort qu’en France, les puffs ont été interdites justement pour protéger les plus jeunes.
« C’est dingue à quel point c’est dangereux et ce que ça peut réellement faire au corps humain. On ne s’en rend pas compte quand on le fait. Ça te détruit sur le long terme. » Des mots simples, directs, qui viennent d’un gamin de 17 ans avec des poumons de fumeur de longue date. Une comparaison entre vapotage et tabac montre d’ailleurs des résultats édifiants sur les dommages causés.
Ce que l’histoire de Jayden dit sur une génération entière
Le cas de Jayden n’est pas isolé. Partout dans le monde, des adolescents qui ont commencé à vapoter très jeunes se retrouvent avec des problèmes pulmonaires graves. Une jeune femme atteinte d’un cancer après six ans de vapotage a récemment lancé un cri d’alarme similaire. Le problème est systémique.
Les vapoteuses ont été conçues comme un outil de sevrage pour les fumeurs adultes. Pas comme un accessoire lifestyle pour des collégiens. Mais le marketing, les saveurs sucrées, le design coloré et la pression sociale ont fait le reste. En France, la consommation de vapoteuses chez les 13-16 ans a explosé ces dernières années, poussant le gouvernement à prendre des mesures drastiques pour protéger les mineurs.
L’histoire de Jayden Richardson a au moins un mérite : elle met un visage, un nom et des mots crus sur une réalité que beaucoup de parents, d’éducateurs et d’ados eux-mêmes préfèrent ignorer. Vapoter n’est pas anodin. Vapoter 50 cigarettes par jour à 17 ans, c’est jouer à la roulette russe avec ses poumons. Et Jayden, lui, a eu de la chance. Pas de cancer. Pas de coma. Juste des litres de sang et un avertissement qu’il espère ne jamais devoir répéter. Chaque année, ce sont des milliards de cigarettes et désormais d’inhalations de vapoteuses qui ravagent des poumons à travers le monde. L’histoire de Jayden est un rappel brutal que l’âge ne protège de rien.