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Elle commence à vapoter à 15 ans : à 22 ans, on lui annonce qu’il lui reste 18 mois à vivre

Publié par Cassandre le 23 Avr 2026 à 9:52
Elle commence à vapoter à 15 ans : à 22 ans, on lui annonce qu'il lui reste 18 mois à vivre

Kayley Boda avait 15 ans quand elle a tiré sa première bouffée de vapoteuse. Sept ans plus tard, les médecins lui ont annoncé qu’elle avait un cancer du poumon. Puis qu’elle était guérie. Puis que le cancer était revenu — et qu’il lui restait moins de deux ans à vivre. Entre-temps, huit consultations médicales l’avaient renvoyée chez elle avec un simple diagnostic d’infection thoracique. Voici son histoire.

Du mucus brun, du sang, et huit portes fermées

Kayley vit à Manchester. En janvier 2025, elle consomme environ une vapoteuse jetable de 600 bouffées par semaine. Un matin, elle commence à cracher un mucus brun, épais, avec des « petits grains » dedans. Elle consulte son médecin. On lui dit que c’est une infection pulmonaire. Elle y retourne. Même réponse. Au total, huit consultations se soldent par le même verdict : rien de grave.

Jeune femme anxieuse dans une salle d'attente médicale

Quelques mois plus tôt, en novembre 2024, elle avait déjà été traitée successivement pour un zona, la varicelle et la gale — à cause d’une éruption cutanée qui ne disparaissait jamais. Aucun traitement n’avait fonctionné. Le mucus brun, elle l’avait d’abord mis sur le compte de sa consommation intensive de vape. Ce n’est que lorsqu’elle a commencé à cracher du sang, en mars 2025, que les médecins ont enfin accepté de pousser les examens.

Une radio a révélé une ombre sur son poumon. Malgré ce résultat, on l’a rassurée : les médecins étaient « sûrs à 99 % » que ce n’était pas un cancer, vu son âge. On lui a dit de ne pas s’inquiéter. Elle avait 22 ans. Qui aurait imaginé le contraire ?

« Quand ils m’ont dit que c’était un cancer, ça m’a semblé irréel »

Sept biopsies plus tard, le verdict tombe : cancer du poumon. Kayley est sous le choc. « Avant le diagnostic, j’étais très naïve. Je pensais que ce genre de chose ne m’arriverait jamais », confie-t-elle. Le cancer est d’abord classé au stade 1. Une opération est programmée pour retirer le lobe inférieur de son poumon droit.

Patiente hospitalisée après une opération du poumon

Mais pendant l’intervention chirurgicale, les chirurgiens découvrent des cellules cancéreuses dans six ganglions lymphatiques. Le cancer est reclassé au stade 3. Après l’opération, Kayley doit réapprendre à marcher. Elle ne peut plus respirer correctement. S’ensuit un traitement de chimiothérapie lourd, épuisant. Le genre de parcours qu’on associe d’habitude à des patients bien plus âgés — et c’est exactement ce que les médecins ont fini par lui confirmer.

Les équipes médicales lui ont expliqué que ce type de cancer de la plèvre est « extrêmement rare » chez une personne de son âge. C’est « habituellement quelque chose qu’on observe chez des patients de 80 ans ». Kayley, elle, en a 22.

Guérie en février, condamnée en avril

En février 2026, Kayley reçoit la nouvelle qu’elle attendait : elle est déclarée en rémission. Le soulagement est immense. « Ça faisait un bien fou », raconte-t-elle. Mais la joie est de courte durée. Peu après, des douleurs thoraciques violentes réapparaissent. Le genre de douleurs qu’on n’ignore pas.

Deux mois plus tard, le couperet tombe une seconde fois. Le cancer est revenu. Il s’est installé dans la plèvre — l’enveloppe qui entoure les poumons. Cette fois, les médecins sont moins optimistes : il lui reste moins de deux ans à vivre. Kayley n’a pas les mots pour décrire ce qu’elle ressent. On peut la comprendre. Selon certaines recherches récentes, l’âge joue un rôle complexe dans la formation des tumeurs, mais le cas de Kayley reste exceptionnel par sa précocité.

Sa famille a lancé une cagnotte GoFundMe pour financer un essai clinique en Allemagne, seul espoir de prolonger sa vie. Un dernier recours quand la médecine conventionnelle n’a plus rien à proposer.

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Les vapoteuses jetables : le tournant qui a tout déclenché

Kayley est catégorique : c’est la vape qui l’a rendue malade. Ses symptômes ont commencé quelques mois seulement après qu’elle est passée des vapoteuses rechargeables aux vapoteuses jetables — ces « puffs » colorées que l’on trouve partout. Sa famille n’a aucun antécédent de cancer du poumon.

Les médecins, eux, restent prudents. Ils lui ont dit qu’ils ne pouvaient pas déterminer avec certitude la cause exacte de son cancer, mais que « le tabac et le vapotage n’ont pas aidé ». Une formulation diplomatique qui en dit long. Ce que les études récentes sur le vapotage commencent à documenter, Kayley l’a vécu dans sa chair.

Vapoteuse jetable écrasée dans une main

Depuis son diagnostic, elle n’a plus touché à une vapoteuse. Elle a aussi fait arrêter son compagnon et sa mère. Elle supplie ses amis de faire pareil. Son message est simple, direct, brutal : « Arrêtez les vapes, parce qu’elles finiront par vous rattraper. »

Un signal d’alarme pour toute une génération

L’histoire de Kayley n’est malheureusement pas isolée. De plus en plus de jeunes adultes se retrouvent hospitalisés après un usage intensif de vapoteuses. Les puffs jetables, vendues avec des parfums fruités et des packagings attractifs, sont devenues un phénomène de masse chez les adolescents. Et les conséquences à long terme restent largement inconnues.

Ce qui frappe dans le parcours de Kayley, c’est aussi la cascade d’erreurs médicales. Huit consultations sans diagnostic correct. Un « sûr à 99 % » qui s’est transformé en cancer de stade 3. Des mois perdus pendant lesquels la maladie progressait. D’autres témoignages similaires émergent régulièrement, dessinant un schéma inquiétant : les médecins n’imaginent tout simplement pas qu’un patient de 20 ans puisse avoir un cancer du poumon.

Pourtant, les cancers précoces chez les jeunes sont en augmentation dans plusieurs pays occidentaux. Et si la vape n’est pas encore officiellement classée comme cause directe de cancer du poumon — les données manquent encore, faute de recul —, les signaux s’accumulent. Le corps médical commence à peine à mesurer l’ampleur du problème.

« Ça ne m’arrivera jamais à moi »

C’est probablement la phrase la plus dangereuse de cette histoire. Kayley elle-même l’admet : elle pensait être invincible. À 15 ans, qui se soucie de ses poumons ? À 18 ans, une puff entre amis, c’est aussi banal qu’un chewing-gum. À 22 ans, on ne s’attend pas à entendre le mot « cancer ».

Aujourd’hui, Kayley utilise le temps qu’il lui reste pour alerter les autres. Pas avec des statistiques. Pas avec des campagnes de prévention aseptisées. Avec son propre corps comme preuve. Son lobe pulmonaire en moins. Ses cicatrices de chimio. Son espoir accroché à un essai clinique à l’étranger.

Elle a 22 ans. Et elle sait combien de temps il lui reste à vivre. Si ça ne donne pas envie de poser la puff, rien ne le fera.

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