À 33 ans, cet ébéniste des Landes a mis 2 500 heures à sculpter une Renault 6 en bois

À Peyrehorade, dans les Landes, un ébéniste s’est lancé un défi que personne n’attendait : reconstruire à l’identique une voiture des années 1970, sans une seule pièce de métal visible sur la carrosserie. Le projet a démarré en août 2025, presque sur un coup de tête. Ce que ce père et ce fils ont fini par produire dépasse largement l’atelier.
Un ébéniste landais s’attaque à une icône oubliée de Renault
Fabien Fordin, 33 ans, travaille le bois à la Chaiserie Landaise de Peyrehorade. Comme beaucoup d’artisans du secteur, il connaît le prix d’un chantier long : d’autres ébénistes en France témoignent régulièrement du temps que réclame un ouvrage minutieux.
Mais son idée, elle, sort de l’ordinaire : marier sa passion pour les voitures anciennes à son métier, en choisissant un modèle méconnu. « On connaît beaucoup la 4L, on connaît beaucoup la R5, et la R6 était au milieu. Pas grand monde la connaissait, donc je me suis dit : on va essayer de la faire redécouvrir », raconte-t-il.
Son père s’est pris au jeu, et le duo a terminé la voiture ensemble. Comme certains jeunes artisans qui montent des projets improbables dans un garage, Fabien a transformé une passion personnelle en démonstration de savoir-faire. L’inspiration venait d’ailleurs : une 2 CV en bois, roulante et motorisée, construite par Michel Robillard, menuisier-ébéniste retraité originaire de Touraine, qui y avait consacré 5 à 6 ans de sa vie et environ 5 000 heures de travail.
2 500 heures de travail pour recréer chaque courbe de la Renault 6
La base de travail était une Renault 6 TL achetée 500 euros près d’Hasparren, dans les Pyrénées-Atlantiques. La berline a été entièrement désossée, à l’exception du châssis et du compartiment moteur, restés intacts pour garder la mécanique d’origine.
« J’ai recréé la carrosserie tout autour en me basant sur ce modèle. Le plus dur a été de faire les courbures », explique Fabien. Un défi qui rappelle celui d’un passionné ayant reconstruit une réplique de Ferrari F40 à partir de rien : redonner vie à des lignes qu’aucun plan industriel ne facilite.
Le bois utilisé n’a rien d’exotique : du chêne fourni directement par la chaiserie où travaille Fabien, initialement destiné à être jeté. Il avait été scié à dix kilomètres de là. « Plus local que ça, on ne peut pas », s’amuse l’artisan, dans un esprit proche de ceux qui fabriquent leur propre supercar sans jamais copier une pièce industrielle. Au total, près de 2 500 heures de travail ont été nécessaires. « Et je dois en oublier quelques-unes », glisse-t-il.

Direction les musées et les salons de vieilles mécaniques
Comme les passionnés qui reconstruisent un village médiéval planche par planche, Fabien Fordin ne conçoit pas son travail comme une pièce d’atelier fermée. Il veut que sa Renault 6 en bois soit vue, pas simplement admirée entre quatre murs à Peyrehorade.
Son objectif affiché : la vendre aux enchères. Mais son vrai souhait va plus loin, il aimerait que la voiture rejoigne un musée. « Ce n’est pas la peine de créer quelque chose si ça reste dans un atelier. Si un musée l’acquiert, tout le monde pourra l’observer et ça serait l’idéal pour sa conservation », conclut-il.
En attendant un éventuel acquéreur, la Renault 6 en bois sera exposée en septembre à Bidache puis à Hagetmau, avant de rejoindre le Pau Rétro Show début octobre. De quoi croiser, au même endroit, les amateurs de voitures françaises revisitées autrement, entre nostalgie mécanique et innovation.
Une carrosserie en chêne, un châssis d’origine, et près de 2 500 heures d’obstination : voilà comment une R6 oubliée redevient, dans les Landes, un objet que l’on regarde deux fois. Reste à savoir quel musée aura l’œil pour l’accueillir.
- 06/09/2026 à 17:28Illustrer un travail sur une Renault 6 par une photo de Citroën DS bravo, il fallait le faire !!!
- 06/09/2026 à 16:08C est une citroen DS,non?06/09/2026 à 17:00Oui quelle erreur de la part d'un journaliste 👍
2 commentaires