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Scrabble a été refusé par tous les fabricants : un patron en vacances l’a sauvé

Publié par Elsa Fanjul le 30 Sep 2026 à 10:01

Tu as sûrement déjà posé un « Q » sans « U » en priant pour qu’on ne te conteste pas le mot. Ce jeu est aujourd’hui dans des millions de salons. Pourtant, à l’origine, il n’intéressait aucun fabricant, et son nom n’était même pas le bon.

Son salut est venu d’un détail de vacances, et la version qu’on raconte est plus floue qu’il n’y paraît.

Un jeu de lettres né d’un comptage de journaux

Nous sommes en 1938. L’architecte américain Alfred Mosher Butts invente un jeu de mots qu’il appelle Lexiko. Il utilise déjà des jetons avec des lettres.

Son secret : la répartition des lettres n’a rien d’au hasard. Butts a fait une analyse de fréquence des lettres dans plusieurs sources, dont le New York Times. C’est pour ça que tu as beaucoup de E et très peu de Z dans ton sac.

Inventeur des années 1930 fabriquant un jeu de lettres

Il ajoute ensuite un plateau de 15 × 15 cases et des règles de mots croisés. Le jeu s’appelle désormais Criss-Crosswords. Il semble tenir la bonne idée, mais le monde du jouet ne suit pas.

Et c’est là que l’histoire devient frustrante pour son inventeur.

Le flop que personne ne voulait

Butts fabrique quelques boîtes lui-même. Il n’arrive pas à vendre son jeu à un grand fabricant de l’époque. Personne ne veut de ce jeu de mots.

En 1948, James Brunot, habitant de Newtown dans le Connecticut, l’un des rares propriétaires du jeu d’origine, rachète le droit de le fabriquer. En échange, Butts touchera une redevance sur chaque exemplaire vendu. Un deal qui ne ressemble pas à une fortune immédiate.

Brunot change peu de choses. Il réarrange légèrement les cases « bonus » du plateau, simplifie les règles et rebaptise le jeu : Scrabble.

Reste à le vendre, et ça ne se passe pas comme prévu.

2 400 boîtes et aucun bénéfice

En 1949, Brunot et sa famille fabriquent les boîtes dans une ancienne école transformée en atelier, à Dodgingtown, un quartier de Newtown. Ils en produisent 2 400 cette année-là. Résultat : ils perdent de l’argent.

Famille fabriquant des boîtes de jeu dans une ancienne école

Autrement dit, trois ans après la naissance du nom, Scrabble n’est toujours qu’un petit produit artisanal qui ne rapporte rien. Rien n’annonce le futur classique des soirées de famille.

Jusqu’à une partie jouée loin de chez soi.

La partie de vacances qui a tout lancé

Selon la légende, le vrai déclic arrive en 1952. Jack Straus, président du grand magasin Macy’s, joue au Scrabble pendant ses vacances. À son retour, il découvre que son magasin n’en vend pas.

Il passe alors une grosse commande. En un an, dit l’histoire, « tout le monde devait en avoir un ». Les sources parlent bien de légende : la version est racontée ainsi, sans qu’on puisse la garantir à 100 %.

Ce qui est sûr, c’est que Brunot n’arrive plus à suivre la demande. La société Selchow and Righter lui rachète le jeu en 1952.

Le twist : qui possède le Scrabble aujourd’hui ?

Le jeu continue de changer de mains. Selchow and Righter est rachetée par Coleco en 1982, qui fait faillite quelques années plus tard. C’est alors que Hasbro récupère Scrabble.

Autre détail : le nom a survécu à tous ces rachats, comme d’autres marques devenues noms communs. On dit « faire un Scrabble » comme on dit « prendre un Kleenex ».

Et question histoires de noms à rallonge, le vrai nom de Barbie n’est pas mal non plus.

Même logique chez les marques : un chiffre ou un détail semble évident, puis on découvre qu’il est faux, comme sur les bouteilles de ketchup Heinz.

Et si tu aimes les histoires de noms qui cachent un secret, la moquerie de tranchées derrière La Vache qui rit vaut le détour.

Ce que tu peux raconter à ta prochaine partie

Pose ton prochain mot et balance-le : le Scrabble s’appelait Criss-Crosswords, il a fait perdre de l’argent à son premier éditeur, et un patron de Macy’s l’a peut-être lancé après une partie de vacances. Ton adversaire ne saura plus quoi répondre.

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