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2 300 mètres : l’épaisseur de roche au-dessus de ta tête dans le plus long tunnel du monde

Publié par Elsa Fanjul le 03 Oct 2026 à 8:01

Imagine un train qui file sous les Alpes, et au-dessus de lui, plus de deux kilomètres de montagne. Pas une colline, pas un col : un empilement de roche qui dépasserait largement la hauteur de la tour Eiffel, multipliée par sept.

C’est le quotidien d’un ouvrage suisse que beaucoup de Français ont déjà traversé sans y penser. Et son chiffre le plus spectaculaire n’est peut-être pas celui que tu crois. 🚆

2 300 mètres de montagne sur le toit du train

Le tunnel de base du Saint-Gothard s’étire sur 57 kilomètres. À son point le plus profond, il se situe à 2 300 mètres sous la roche, d’après les autorités suisses.

Pour te donner une idée : la tour Eiffel mesure environ 330 mètres. Il faudrait en empiler près de sept pour atteindre l’épaisseur de montagne qui pèse au-dessus des voies.

Et pourtant, des trains y passent à pleine vitesse. Ce qui pose une question simple : comment creuse-t-on une chose pareille sans que tout s’effondre ?

Passagère étonnée dans un train traversant un tunnel alpin

17 ans de travaux pour un seul trou

Le chantier a duré 17 ans. L’ouvrage a été inauguré le 1er juin 2016, en présence de plusieurs dirigeants européens dont François Hollande, Angela Merkel et Matteo Renzi.

Environ 2 400 ouvriers ont travaillé à l’extraction de 28,2 millions de tonnes de débris. Les mineurs ont dû percer des roches très variées, du granit à des sédiments bien plus fragiles.

C’est ce mélange qui rend l’exploit si délicat : on ne perce pas un granit comme on traverse un terrain friable. Mais le plus étonnant, c’est ce que ce tunnel remplace.

Le prédécesseur de 1881, qui n’avait rien d’un détail

Le nouveau tunnel ne supprime pas l’ancien. Il vient le compléter : le tunnel dit « de faîte », long de 15 kilomètres, a été construit entre 1872 et 1881.

À l’époque, creuser sous le Saint-Gothard était déjà une prouesse. Ce genre de chantier appartient à une époque où la main-d’œuvre faisait le gros du travail, comme celle de ces métiers oubliés de nos aïeux.

Entre les deux, la différence est vertigineuse : 15 kilomètres au XIXe siècle, 57 aujourd’hui. Et ce n’est pas qu’une question de longueur.

Ingénieur casqué devant un tunnelier géant sous la montagne

Le record qui a détrôné le Japon

Avant 2016, le titre appartenait au tunnel japonais de Seikan, qui mesure 53,8 kilomètres. Le Saint-Gothard le dépasse donc de quelques kilomètres seulement.

Mais la bataille des records ne se joue pas qu’en longueur. Sa grande particularité, c’est d’offrir une traversée alpine plate et basse, sans les montées et descentes d’une ligne de montagne classique.

Résultat concret : la liaison Zurich-Milan est raccourcie d’environ 30 minutes. Un gain que tu sentirais vraiment, un peu comme ce voyageur qui rate son train et file en Uber vers Marseille, mais sans la facture.

Un record déjà menacé ?

Ce titre n’est pas éternel. Des projets de tunnels encore plus longs sont évoqués, certains impliquant la France, selon la presse spécialisée.

Les grands chantiers français n’échappent pas aux polémiques ni aux changements de cap, comme l’a montré la tempête autour de la tour Eiffel. Mais les tunnels, eux, avancent lentement et sûrement.

Aujourd’hui, le Saint-Gothard reste la référence mondiale. Et dire que la prouesse se cache dans un trou noir que tu ne vois jamais depuis ta fenêtre de train.

Pourquoi ce chiffre change ta façon de voyager

Quand tu regardes un tunnel, tu vois un trou. Quand tu retiens 2 300 mètres de roche au-dessus de toi, tu vois un gratte-ciel inversé.

C’est le même vertige que celui qu’on ressent en regardant des images de ces passagers qui filment un décollage depuis leur hublot : ce qui nous dépasse nous fascine.

La prochaine fois que ton train plonge dans le noir, tu sauras ce qui se passe au-dessus de toi. 🏔️

Envie d’un autre chiffre qui retourne le cerveau ? Découvre pourquoi un simple éternuement file à 640 km/h, ou plonge dans le détail qui frappe dans le record des centenaires au Japon.

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