« C’est la première fois que je vois ça » : à Paimpol, des sangliers dévastent les jardins depuis 10 jours

Depuis dix jours, un quartier tranquille de Paimpol, dans les Côtes-d’Armor, vit au rythme des visites nocturnes de sangliers. Nuit après nuit, ces animaux sauvages retournent pelouses et massifs, semant la panique chez des riverains désemparés. Une caméra installée par un habitant a révélé un détail que personne n’imaginait sur le nombre réel de bêtes impliquées.
Un quartier de Paimpol pris d’assaut la nuit
Tout se joue dans le quartier de Kérity, rue Yves-Leroux. Depuis dix jours, une ou deux familles de sangliers y divaguent chaque nuit, sautant d’un jardin à l’autre en quête de nourriture. Le comportement de ces animaux rappelle celui d’autres espèces sauvages capables de surprendre les zoologues eux-mêmes par leur adaptabilité.
Jacqueline et Michel Bourbon, 89 ans tous les deux, habitent leur maison depuis 34 ans, au début de la rue. « C’est la première fois que je vois ça depuis que nous habitons ici », confie Jacqueline Bourbon. Leur jardin a été retrouvé totalement retourné, sans qu’ils n’aient rien entendu.
Le couple avoue ne plus être serein, alors que les intrusions se répètent. Un phénomène qui interroge aussi sur l’état des espaces boisés voisins, alors que la France perd chaque année 38 millions d’arbres, réduisant les habitats naturels de la faune sauvage.
Des familles entières de sangliers en maraude
Chez Patrick Forget, 78 ans, voisin des Bourbon, le scénario se répète. En quelques jours, il a aperçu les sangliers à trois reprises et retrouvé son jardin très endommagé. Il tente désormais de remettre en place les mottes de terre à l’aide d’un râteau.
« Ils passent à travers les haies. Comme je n’ai pas encore de portail, j’ai garé ma voiture pour empêcher leur passage à l’entrée de ma maison. Mais cela n’a pas suffi », raconte-t-il. Un comportement furtif qui n’est pas sans rappeler celui des animaux traqués par les cueilleurs de champignons les plus discrets, habitués à observer la faune forestière.
Pour comprendre ce qui se passe la nuit, Patrick Forget a installé une caméra infrarouge. Les images ont révélé un couple accompagné de cinq marcassins, puis une dizaine d’animaux lors de leur dernière visite, une seconde famille étant venue rejoindre la première. Les sangliers arrivent vers 22h ou 22h10, restent entre 20 minutes et une heure, puis repartent sans bruit, un peu comme des jardins qui subissent des dégâts silencieux avant que leurs propriétaires ne s’en aperçoivent.

La mairie alertée, mais le mystère persiste
À proximité des bois de Beauport, les sangliers semblent avoir trouvé dans les jardins de Kérity un terrain d’exploration inédit, attirés par la nourriture qu’ils y dénichent facilement. Le secteur, habituellement calme, se retrouve ainsi transformé en garde-manger nocturne pour ces animaux de plus en plus nombreux.
Face à la situation, les riverains ont signalé les faits à la mairie de Kérity. Les informations ont été transmises au garde champêtre, chargé désormais de suivre le dossier de près. Aucune intervention concrète n’a toutefois encore eu lieu sur le terrain.
En attendant, les habitants restent sur le qui-vive chaque soir, guettant le moindre bruit suspect. Certains envisagent même d’installer des protections similaires à celles utilisées pour sécuriser un jardin exposé aux intempéries, faute de solution officielle. Le nombre exact de sangliers impliqués, lui, reste flou, tant les familles semblent se multiplier de nuit en nuit.
Dix jours de jardins labourés, une caméra qui découvre une dizaine de sangliers là où on n’en attendait qu’un couple : à Paimpol, la nature a repris ses droits plus vite que prévu. Reste à savoir combien de temps il faudra à la mairie pour trouver une réponse à la hauteur du problème.