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Les zoologues n’en reviennent pas : des grenouilles mangent des frelons et résistent à leurs piqûres

Publié par Sofia le 03 Jan 2026 à 7:20

La chaîne alimentaire est souvent perçue comme un système rigide, dans lequel chaque espèce connaît ses limites face à ses prédateurs et à ses proies. Les insectes dotés d’un dard venimeux, comme les abeilles ou les frelons, occupent traditionnellement une position dominante grâce à leurs défenses chimiques.

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Grenouille

Pourtant, une étude menée au Japon montre que de petites grenouilles de mare ne se contentent pas de chasser des frelons, des insectes potentiellement mortels, mais qu’elles supportent également leurs piqûres sans conséquences apparentes.

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Des grenouilles capables de manger des frelons sans subir de dégâts

L’étude, publiée dans la revue Ecosphere, est dirigée par Shinji Sugiura, écologue à l’université de Kobe, spécialisé dans l’analyse des interactions entre prédateurs généralistes et proies fortement défendues.

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Lors de leurs observations de terrain, les chercheurs ont constaté un comportement inattendu : des grenouilles capturant et avalant des insectes munis d’un dard, sans montrer de signes visibles de douleur ou de stress. Ce qui n’était au départ qu’une observation isolée est rapidement devenu une expérimentation méthodique.

Selon le site Earth.com, 45 grenouilles adultes ont été exposées à trois espèces différentes de frelons. Les résultats sont sans appel : le taux de réussite dépasse 90 % face au frelon jaune japonais et reste élevé même avec des espèces plus grandes et plus agressives.

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Pourquoi le venin des frelons n’affecte pas ces grenouilles

Ce constat est d’autant plus surprenant que le venin des frelons est extrêmement puissant. Il contient des amines, des peptides et des enzymes capables de détruire les tissus et de perturber les fonctions cardiaques et neurologiques.

Des essais en laboratoire ont montré qu’une seule piqûre de frelon géant asiatique peut être mortelle pour de petits mammifères si le venin pénètre directement dans la circulation sanguine.

Au cours des tests, les frelons ont parfois piqué les grenouilles dans des zones sensibles comme la bouche ou la langue. Malgré cela, les chercheurs n’ont observé ni lésions graves ni réactions physiologiques inquiétantes.

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Ces résultats confirment que la toxicité d’un venin dépend autant de sa composition que de la biologie de l’espèce qui y est exposée.

Les mécanismes biologiques derrière cette résistance

Plusieurs hypothèses sont avancées par les scientifiques. La première concerne des barrières physiques renforcées au niveau de la peau et des muqueuses, limitant l’absorption du venin.

Une autre piste concerne la salive des grenouilles, qui possède des propriétés particulières : lors de la morsure, elle devient moins visqueuse, facilitant une déglutition rapide et réduisant le temps de défense de l’insecte.

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Les chercheurs étudient également des adaptations internes, comme des enzymes capables de neutraliser les toxines ou des modifications des canaux nerveux bloquant la perception de la douleur, un mécanisme déjà observé chez d’autres animaux résistants aux venins.

Cette étude enrichit les connaissances en écologie évolutive et ouvre des perspectives prometteuses pour la recherche médicale. Comprendre comment ces grenouilles tolèrent des venins aussi puissants pourrait contribuer au développement de nouveaux antivenins ou de traitements liés à la gestion de la douleur.