24 octobre : le jour où l’ONU est née, où la Zambie a gagné son indépendance… et où Kevin Kline est né
Un 24 octobre, un traité signé par une poignée de pays a donné naissance à l’organisation censée empêcher une troisième guerre mondiale. Un 24 octobre aussi, Wall Street a basculé dans la panique. Et un pays africain a ri aux larmes en voyant son drapeau monter pour la première fois.
Cette date cache des événements que tout oppose, de la diplomatie la plus solennelle à la catastrophe financière. Le plus étonnant n’est pas forcément celui qu’on croit.
1945 : un texte signé à San Francisco devient la plus grande organisation du monde
Le 24 octobre 1945, la Charte des Nations unies entre officiellement en vigueur. Elle a été signée quatre mois plus tôt à San Francisco par 50 États, mais il fallait encore qu’une majorité de signataires la ratifient.
La condition posée était précise : la ratification par la Chine, la France, l’URSS, le Royaume-Uni, les États-Unis et la majorité des autres signataires. Une fois le seuil atteint, l’ONU existe vraiment, et l’ancienne Société des Nations, discréditée par son échec face à la guerre, devient un souvenir.
Le détail qui surprend : la date a été choisie pour son symbole, pas pour son confort. Depuis 1948, le 24 octobre est célébré chaque année comme la Journée des Nations unies, et aucun autre texte diplomatique n’a connu une telle longévité mondiale. Mais ce même jour, vingt ans plus tôt, un autre événement avait montré à quel point un monde peut se fracasser.

1929 : le jeudi où Wall Street a perdu pied
Le 24 octobre 1929, on l’appelle encore aujourd’hui « Jeudi noir ». À l’ouverture de la Bourse de New York, les ordres de vente s’accumulent à une vitesse que les machines à téléscripteur ne parviennent plus à suivre.
Près de 13 millions d’actions sont échangées dans la journée, un record absolu pour l’époque. Les cours des grandes valeurs s’effondrent, et des investisseurs apprennent leur ruine avec plusieurs heures de retard, tant les téléscripteurs accusent le coup.
Des banquiers de premier plan tentent de rassurer le marché en achetant massivement des titres. Ça marche quelques jours. Puis vient le « Mardi noir » du 29 octobre, bien plus violent, qui lance la Grande Dépression. Et si le krach avait commencé par un geste de panique collective ? La suite est plus sombre qu’on l’imagine.
1648 : le traité qui a mis fin à trente ans de massacres
Le 24 octobre 1648, les traités de Westphalie sont signés à Münster et Osnabrück. Ils mettent fin à la guerre de Trente Ans, un conflit qui a ravagé l’Europe centrale et fait, selon les estimations, plusieurs millions de morts.
Certaines régions allemandes perdent près d’un tiers de leur population. Des villages entiers disparaissent, laissés à l’abandon par les armées qui y passent et repassent.
Ce traité a une conséquence durable : il pose l’idée de souveraineté des États, chaque prince restant maître de sa religion sur son territoire. Les historiens y voient souvent la naissance de l’ordre international moderne, celui-là même que l’ONU prétendra organiser trois siècles plus tard. La boucle est étrangement bouclée.

1964 : un drapeau neuf, un pays neuf, un monde qui regarde
À minuit le 24 octobre 1964, la Rhodésie du Nord devient la République de Zambie. Après plusieurs décennies de domination britannique, le pays obtient son indépendance sous la direction de Kenneth Kaunda, un instituteur devenu militant.
Le drapeau zambien, vert, rouge, noir et orange, est hissé dans un stade rempli de milliers de personnes. Dans la foule, des familles venues de loin pour assister à l’événement, certains marchant plusieurs jours.
Le pays hérite d’une richesse précieuse, le cuivre, qui représente alors l’essentiel de ses exportations. Kaunda dirigera la Zambie pendant 27 ans, avant d’accepter de céder le pouvoir lors d’élections libres en 1991, un geste rare sur le continent à cette époque.
2005 : la femme qui a refusé de céder sa place s’éteint à 92 ans
Le 24 octobre 2005, Rosa Parks meurt à Detroit. Cinquante ans plus tôt, en décembre 1955, cette couturière de Montgomery, en Alabama, avait refusé de laisser son siège à un passager blanc dans un bus.
Son arrestation a déclenché un boycott des transports en commun qui a duré 381 jours. Les habitants noirs de la ville ont marché, partagé leurs voitures, s’organisant pour ne plus jamais monter dans ces bus ségrégués.
À sa mort, son cercueil est exposé dans la rotonde du Capitole à Washington, un honneur jusque-là réservé à une poignée de personnalités. Elle est la première femme à avoir reçu cet hommage. Comme quoi un simple refus peut déplacer des montagnes.
Ceux qui sont nés un 24 octobre
Kevin Kline, acteur américain, naît le 24 octobre 1947 à Saint-Louis, dans le Missouri. Il remportera l’Oscar du meilleur second rôle en 1989 pour « Un poisson nommé Wanda », une comédie où il joue un voleur narcissique et colérique.
Drake voit le jour le 24 octobre 1986 à Toronto. Le rappeur canadien sera aussi comédien dans la série « Degrassi » avant de devenir l’un des artistes les plus écoutés de l’histoire du streaming.
Citons aussi Monica Bellucci, née le 30 septembre, qui n’est pas de la partie : en revanche, Wayne Rooney, footballeur anglais, est né le 24 octobre 1985 à Liverpool. Il deviendra le meilleur buteur de l’histoire de Manchester United. La date a décidément un faible pour les carrières hors norme.
Les anecdotes que l’Histoire a failli oublier
Le 24 octobre 1901, Annie Edson Taylor, institutrice américaine de 63 ans, devient la première personne à descendre les chutes du Niagara dans un tonneau. Elle y survit, avec de simples égratignures, et espère que cet exploit lui apportera la fortune.
Ça n’a pas été le cas. Elle finira sa vie dans une relative pauvreté, vendant des souvenirs de son aventure. Le tonneau, lui, a été conservé et reste une pièce de musée.
Autre curiosité : le 24 octobre 1861, le premier télégramme transcontinental américain est envoyé de Californie à Washington. Il annonce la fin du Pony Express, ce service de courriers à cheval, qui avait fonctionné à peine 18 mois. Une gloire de légende, une existence éclair.
Envie de poursuivre le voyage dans le calendrier ? Rien de tel que de revenir la veille, quand un monument parisien disparaissait, ou de découvrir le 22 octobre et ses surprises spatiales.