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Halloween : pourquoi la citrouille a remplacé le navet, et ce que ça dit de nous

Publié par Ambre Détoit le 24 Oct 2026 à 21:30

Vous croquez dans une petite citrouille en chocolat orange, vous en collez une sur le rebord de la fenêtre, vous en videz une pour le dîner. Normal, c’est Halloween. Mais d’où vient cette obsession pour ce gros légume rond ? La réponse commence loin de la France, il y a des siècles, et elle ne parle pas du tout de citrouille.

Spoiler : à l’origine, le héros de la fête était bien moins photogénique. Et il y a un diable, une pièce d’argent et un forgeron un peu roublard dans l’histoire.

Un navet, un diable et un type qui ne voulait pas aller en enfer

Direction l’Irlande. La légende raconte l’histoire de Stingy Jack, un forgeron buveur et malin. Il aurait piégé le diable à plusieurs reprises, notamment en le coinçant dans un arbre en gravant une croix sur l’écorce. En échange de sa liberté, le diable promet de ne jamais prendre son âme.

À sa mort, Jack est refusé au paradis, et l’enfer ne veut pas de lui non plus. Il est condamné à errer dans le noir. Le diable lui lance un charbon ardent, que Jack glisse dans un légume creusé pour éclairer sa route.

Ce légume, c’était un navet. Pas une citrouille. Et on l’appelait déjà « Jack of the lantern », la lanterne de Jack, devenue plus tard Jack-o’-lantern.

Pourquoi sculpter des légumes à la fin octobre ?

Cette histoire se greffe sur une fête bien plus ancienne : Samhain, la fin de l’été dans la tradition celtique. On y croyait que la frontière entre le monde des vivants et celui des morts devenait poreuse. Pour éloigner les esprits, on creusait des navets, parfois des betteraves, et on y posait une braise.

Le principe était simple : un visage grimaçant et une lueur dans le noir pour faire peur aux âmes errantes. Sauf que sculpter un navet, c’est un sport de combat. La chair est dure, compacte, et le résultat reste modeste.

Alors comment est-on passé de ce petit légume têtu à la star orange que tout le monde connaît ? La réponse traverse l’Atlantique.

Forgeron irlandais sculptant une lanterne dans un navet

Le jour où la citrouille a volé la vedette

Au XIXe siècle, la famine pousse des centaines de milliers d’Irlandais à émigrer vers les États-Unis. Dans leurs bagages, ils emportent leurs coutumes, dont celle de la lanterne creusée. Mais sur place, il y a un problème : pas de navets en quantité, et surtout un légume local gigantesque, mou et facile à évider.

La citrouille cumule tous les avantages. Elle est grosse, abondante à l’automne, et sa chair tendre se découpe presque à la cuillère. Le visage grimaçant devient plus expressif, la lueur plus spectaculaire. Le navet ne fait plus le poids.

Et ce n’est pas le plus étonnant : c’est d’abord par les écoles, les journaux et les fêtes de quartier américaines que la citrouille devient le symbole officiel d’Halloween. Reste à savoir comment elle a fini dans nos vitrines.

Comment la citrouille a débarqué en France

Enfant tenant un chocolat en forme de citrouille

Longtemps, Halloween a été une fête quasi inconnue chez nous. En France, la Toussaint et le 2 novembre dominaient, avec les chrysanthèmes et le recueillement. Les citrouilles servaient surtout à faire de la soupe.

Le virage date des années 1990. Films américains, séries, publicités, rayons de supermarchés : la fête arrive avec tout son décorum. La citrouille orange devient un visuel facile à vendre, immédiatement reconnaissable. Pour comprendre cet engouement, on peut aussi se pencher sur la tradition des bonbons, qui a suivi le même chemin.

Curieusement, la France avait ses propres coutumes de légumes creusés. Des betteraves creusées pour la Toussaint éclairaient autrefois certaines campagnes. Une lanterne de légume avant l’heure, oubliée avec le temps.

Femme creusant une citrouille d'Halloween dans sa cuisine

Et le chocolat dans tout ça ?

Voilà la dernière étape. Une fois la citrouille devenue l’emblème d’Halloween, les confiseurs ont fait ce qu’ils savent faire de mieux : la transformer en friandise. Moulée en chocolat, coulée en gelée, glissée dans un sachet orange, elle s’est invitée dans les paniers de bonbons.

Le raisonnement est limpide : un symbole que tout le monde reconnaît se vend tout seul. Pas besoin d’expliquer ce qu’est une citrouille d’Halloween, l’enfant comme l’adulte fait le lien en une seconde.

Si vous préparez la fête, vous pouvez même cuisiner vos propres douceurs avec les enfants, ou vérifier le bon moment pour acheter vos bonbons. Et pour calibrer vos stocks, voici combien en prévoir selon votre quartier.

Ce que la citrouille nous raconte vraiment

Au fond, l’histoire est belle : une légende irlandaise sur un forgeron retors, un légume modeste, une migration, une trouvaille américaine, puis un chocolat orange dans la main d’un enfant à Lyon ou à Nantes. Une tradition ne naît presque jamais d’un coup. Elle voyage, se déforme, change de légume en route.

La prochaine fois que vous découpez une citrouille, pensez à ce pauvre navet qui a tenu le rôle pendant des siècles. Et si l’envie vous prend de creuser davantage, l’histoire de ce légume bien moins spectaculaire mérite aussi le détour.

Et si vous cherchez de quoi occuper les enfants pendant les vacances, dix déguisements à zéro euro vous attendent juste après.

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