Pourquoi se déguise-t-on en squelette ou en sorcière ? L’origine oubliée de 8 costumes d’Halloween
Chaque 31 octobre, des millions de personnes enfilent un drap blanc, un chapeau pointu ou un collant d’os sans se poser la moindre question. C’est comme ça, c’est Halloween, point.
Sauf que derrière chaque costume se cache une histoire. Des légendes celtes, des peurs médiévales, des romans du XIXe siècle et même un coup de génie d’Hollywood. Spoiler : le fameux chapeau de sorcière n’a rien de magique.
Le drap blanc : un linceul devenu costume culte
Commençons par le plus simple, et pourtant le plus chargé d’histoire : le fantôme. Son look vient directement des rites funéraires. Pendant des siècles, en Europe, on enterrait les morts enveloppés dans un simple linceul de tissu blanc.
Quand on a voulu imaginer à quoi ressemblaient les âmes des défunts, le réflexe a été naturel : elles portaient forcément leur linceul. Le drap sur la tête n’est donc pas un gag, c’est un vêtement d’enterrement recyclé.
Et ce n’est pas un hasard si le fantôme est le premier costume auquel on pense. Il colle à la fête depuis ses origines, quand on croyait que les morts revenaient rôder. Mais un autre personnage a un lien encore plus étonnant avec cette croyance.
Les Celtes, Samain et l’art de tromper les esprits
Il y a plus de 2 000 ans, les Celtes célébraient Samain, la fin de l’été et le début de l’hiver. Ils pensaient que, cette nuit-là, la frontière entre le monde des vivants et celui des morts devenait poreuse.
Problème : les esprits qui revenaient n’étaient pas tous bienveillants. La solution trouvée ? Se déguiser pour leur ressembler et passer inaperçu. Peaux de bêtes, masques, visages noircis : on se camouflait en monstre pour ne pas être pris pour une victime.
C’est là, dans cette peur bien réelle, que naît le principe même du déguisement d’Halloween. Un vrai système de défense, pas un simple jeu. Et si vous pensiez que la sorcière était née de cette période, attendez de lire la suite.
Le chapeau pointu de la sorcière : ce que personne ne raconte
Voici la partie qui surprend le plus. Les sorcières du Moyen Âge n’ont jamais porté de chapeau pointu. Ce détail apparaît bien plus tard, et son origine reste débattue par les historiens.
Plusieurs pistes circulent. Certains évoquent les chapeaux hauts des quakers anglais, d’autres les coiffes pointues imposées à certaines minorités à la fin du Moyen Âge. Dans les illustrations des XVIIe et XVIIIe siècles, la silhouette se fige : nez crochu, balai, chapeau pointu.
C’est ensuite le cinéma qui a fait le reste, notamment avec la méchante sorcière du film Le Magicien d’Oz en 1939. Depuis, l’image est gravée dans toutes les têtes. Le balai, lui, a sa propre histoire, liée à une vieille croyance sur les onguents magiques.
Et le chat noir qui l’accompagne toujours ? Là aussi, la vérité est plus sombre qu’on ne le croit, comme l’explique cet article sur la mauvaise réputation des chats noirs.

Le squelette : un rappel que la mort est pour tout le monde
Le costume de squelette est l’un des plus populaires, et l’un des plus anciens dans l’imaginaire européen. Au Moyen Âge, la peste noire a décimé une grande partie de la population. La mort devient une obsession.
C’est l’époque de la « danse macabre », ces fresques où des squelettes entraînent par la main des rois, des évêques et des paysans. Message : face à la mort, tout le monde est égal. Le squelette devient alors une figure presque familière.
Ce goût pour les os qui dansent a traversé les siècles. Il s’est mélangé à d’autres traditions, comme celle du Mexique, avec ses crânes décorés. Mais attention : le Día de los Muertos n’est pas Halloween, même si les deux se croisent souvent dans les costumes.
Le vampire : de Transylvanie à la cape de velours

Pâle, élégant, cape relevée : le vampire d’Halloween doit presque tout à un livre. En 1897, l’écrivain irlandais Bram Stoker publie Dracula. Avant lui, les vampires des légendes d’Europe de l’Est étaient plutôt des cadavres gonflés et peu avenants.
C’est Stoker qui invente l’aristocrate mystérieux, charismatique et dangereux. Puis le cinéma s’en empare, et la cape à col haut devient un incontournable. Les crocs, eux, sont plus récents que l’on ne le croit.
Le plus drôle ? Le vampire est devenu si séduisant au fil des films que son costume est aujourd’hui l’un des plus portés chez les adultes. Mais il existe un autre monstre, né lui aussi d’un livre, qui a failli ne jamais devenir un déguisement.
Frankenstein, la momie, le loup-garou : les stars de l’écran
Ces trois-là ont un point commun : ils doivent leur look de déguisement au cinéma des années 1930. Frankenstein est né dans le roman de Mary Shelley en 1818, mais son crâne plat et ses boulons viennent du film de 1931.
La momie, elle, a profité de la fièvre égyptienne qui a suivi la découverte du tombeau de Toutânkhamon en 1922. Quant au loup-garou, il puise dans des légendes très anciennes, avant d’être redessiné par les studios d’Hollywood.
Autrement dit, ces monstres que l’on croit millénaires sont surtout des stars de cinéma. Et si vous voulez prolonger la soirée, quelques jeux flippants entre adultes feront parfaitement l’affaire.

Le plus étonnant : pourquoi on se déguise encore
Reste la question qui chatouille : pourquoi continue-t-on de se déguiser, alors que plus personne ne craint les esprits ? Parce que le déguisement, c’est un moyen de jouer avec la peur en toute sécurité.
Quand on se grime en monstre, on apprivoise ce qui nous effraie. Les enfants le savent d’instinct, et c’est aussi ce qui explique le succès de la tradition des bonbons, dont l’histoire est tout aussi surprenante.
La France, longtemps réticente, s’y est mise franchement dans les années 1990. Aujourd’hui, les rayons de déguisements débordent dès la mi-octobre. Et cette année, la fête tombe un samedi : l’occasion rêvée de sortir les costumes.
Pour parfaire l’ambiance, jetez aussi un œil à l’histoire de la citrouille qui n’a pas toujours été une citrouille. Vous ne regarderez plus jamais votre lanterne de la même façon.