El Niño le plus intense depuis 155 ans : ce météorologue alerte sur un hiver qui pourrait tout renverser

Dans le Pacifique, une immense bulle d’eau chaude vient de faire surface, à des milliers de kilomètres de la France. Trois grands services météorologiques, américain, européen et australien, tirent la même conclusion sans se concerter. Ce phénomène porte un nom familier, El Niño, mais son ampleur inquiète même les experts les plus aguerris : ce qui se prépare pourrait redessiner l’hiver prochain.
Un phénomène jamais vu depuis 1870
El Niño n’a rien d’un mystère pour les climatologues. Normalement, les alizés poussent les eaux chaudes de surface vers l’ouest du Pacifique, en direction de l’Indonésie, pendant que des eaux froides remontent au large de l’Amérique du Sud. C’est ce mécanisme précis qui se dérègle actuellement sous nos yeux.
Les alizés s’affaiblissent, et les eaux chaudes reviennent vers l’est. Résultat : une réaction en chaîne qui bouleverse la circulation atmosphérique sur près de la moitié du globe, un peu comme lors du dernier épisode marquant en 2016, année qui avait battu des records de chaleur.
Les écarts de température de la mer pourraient atteindre trois degrés au-dessus des normales, voire quatre degrés localement. Aucune valeur pareille n’a été enregistrée depuis le début des relevés, en 1870. On parle désormais ouvertement d’un « super El Niño », un cran au-dessus de ce qu’ont connu les précédentes générations, un phénomène qui rappelle celui décrit dans certaines projections évoquant un épisode pouvant durer jusqu’en 2028.
Pourquoi cela va faire grimper les températures partout
L’Australie et l’Indonésie s’assèchent tandis que le Pérou et l’Équateur croulent sous les pluies. Le jet-stream, ce ruban de vents violents situé à environ dix kilomètres d’altitude qui pilote une bonne partie de notre climat, accélère brutalement sous l’effet de ce basculement.
Pour l’été en cours, la nouvelle n’a rien de rassurant. El Niño agit comme un amplificateur qui ajoute quelques dixièmes de degré supplémentaires à la température moyenne mondiale. Les vagues de chaleur ne sont pas causées par le phénomène lui-même, mais elles deviennent plus sévères à cause de lui : un ou deux degrés de plus en haut de l’échelle, cela fait toute la différence entre 39 et 41 degrés dans une région donnée, un scénario qui n’est pas sans rappeler certaines canicules déjà enregistrées en France ces dernières années.
Les années record du climat mondial suivent presque toujours de près une forte phase El Niño. C’est exactement ce qui s’était produit en 2016, année la plus chaude jamais mesurée à l’époque, un précédent que les climatologues surveillent de près face aux records de chaleur déjà annoncés pour 2026.

L’hiver 2026-2027 pourrait basculer sans prévenir
C’est ici que le sujet devient vraiment personnel pour les Français. Un El Niño puissant a la fâcheuse habitude d’affaiblir le vortex polaire, cet immense tourbillon d’air glacial qui agit comme un couvercle au-dessus de l’Arctique. Quand ce couvercle vacille, l’air froid dévale vers le sud, un mécanisme déjà observé lors de précédents épisodes de vortex polaire instable en France.
C’est précisément ce signal qui commence à apparaître dans les premiers modèles à long terme pour l’hiver 2026-2027. Si un réchauffement soudain de la stratosphère venait s’ajouter à ce déséquilibre, le couvercle pourrait littéralement s’envoler. Résultat possible : des vagues de froid et de la neige jusqu’à basse altitude, juste après l’un des étés les plus chauds jamais enregistrés, un contraste qui ne serait pas sans précédent selon certaines projections évoquant des hivers bien plus rigoureux en Europe.
Il faut rester honnête : une prévision hivernale annoncée en plein été n’est pas une certitude, mais un calcul de probabilité. El Niño augmente fortement le risque d’une perturbation du vortex polaire, sans le garantir. L’hiver 2015-2016 avait lui aussi suivi un super El Niño et s’était finalement révélé bien trop doux. Tout dépendra du moment exact : un effondrement du vortex en janvier laisse espérer neige et gel, un effondrement en mars arrive quand l’hiver touche déjà à sa fin.
Une chose reste certaine : cet hiver mérite d’être surveillé de près. Ceux qui envisagent une pompe à chaleur, une commande de fioul ou des pneus neige feraient bien de suivre l’évolution des modèles dans les prochaines semaines. Et cette année, ceux qui espèrent de la neige ont, pour une fois, de solides arguments de leur côté.