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Le « Godzilla » El Niño pourrait dérégler le vortex polaire

Publié par Elsa Fanjul le 05 Oct 2026 à 6:31
Le « Godzilla » El Niño pourrait dérégler le vortex polaire : le Royaume-Uni invite déjà à faire des stocks

Un océan à des milliers de kilomètres, et des Britanniques priés de remplir leurs placards de conserves. Le Pacifique se réchauffe, et certains météorologues scrutent déjà le ciel de l’Arctique. Un phénomène baptisé « Godzilla » par ses observateurs pourrait, selon Metro, dérégler la grande machine glacée du pôle Nord. Voici le mécanisme exact, et pourquoi il concerne aussi l’Europe.

Un El Niño « Godzilla » dans le Pacifique, et des stocks de conserves à la maison

Commençons par le décor. El Niño est l’une des deux moitiés du cycle ENSO, pour « El Niño Southern Oscillation ». Il se déclenche quand la surface du Pacifique dépasse une certaine température.

Cette hausse a un effet domino sur la météo du monde entier. L’impact précis varie selon l’endroit où l’on se trouve, mais un El Niño fort peut provoquer des dégâts étendus.

Or les scientifiques avertissent que l’épisode actuel serait le plus puissant jamais enregistré. On parle officieusement de « Super El Niño », voire de « Godzilla » El Niño. Ce ne sont pas des noms officiels, mais ils disent l’ampleur de ce qui se prépare.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a publié des messages invitant les Britanniques à constituer des réserves de produits essentiels : conserves, mais aussi de quoi s’éclairer et se chauffer en cas de coupure de courant. Le pays a déjà connu des records de température cet été, d’après Metro.

Reste une question : comment un océan tropical peut-il toucher la glace de l’Arctique ? Elle se joue dans un lieu que vous connaissez peut-être de nom, sans savoir comment il fonctionne. Et les modèles qui annoncent un épisode historique ne rassurent pas vraiment.

Le vortex polaire, cette toupie de vent qui retient le froid au pôle Nord

Imaginez le haut du globe. Autour du pôle Nord, des vents tournent en cercle, créant un effet de tourbillon : c’est le vortex polaire. Tant qu’il tourne bien, il garde l’air glacé enfermé là-haut.

Le problème, c’est quand il se dérègle. Un vortex perturbé laisse échapper de l’air froid vers le sud, en direction de l’Europe et de l’Amérique du Nord. C’est ce que d’autres analystes décrivent déjà quand le vortex se déstructure.

Dans le cas présent, le scénario évoqué par Metro est le suivant : la puissance de l’El Niño pourrait perturber ce vortex. Le froid s’échapperait alors plus facilement, avec à la clé une chance accrue de fortes chutes de neige et de conditions de blizzard dans ces régions.

Le Met Office, par la voix de son porte-parole climat Grahame Madge, a rappelé que l’événement est encore en développement dans le Pacifique tropical. Il a déjà dépassé la magnitude des précédents, dont celui de 2015-2016. Selon lui, un El Niño modifie les régimes de pluie et fait grimper la température mondiale.

Alors, que se passerait-il concrètement au-dessus des îles Britanniques ? C’est là que se cache le mécanisme le plus surprenant, celui qui renverse l’habitude d’un climat plutôt doux.

Un affaiblissement du vortex, qui peut être associé à El Niño, laisse parfois des vents du nord et du nord-est, plus froids, l’emporter sur la dérive nord-atlantique. Cette dérive, plus chaude, pèse lourd dans la météo britannique. Si elle perd la partie, l’hiver peut basculer.

Neige, tempêtes, inondations : la double menace qui explique les consignes

Voilà donc l’information centrale : un hiver qui pourrait tout renverser n’est pas qu’une affaire de froid. Selon Metro, ce dérèglement « augmenterait le potentiel » de temps pluvieux et de conditions orageuses.

Autrement dit, il ne faudrait pas seulement redouter la neige. Il faudrait aussi compter avec un risque accru d’inondations, qui s’ajouterait aux blizzards. Un hiver plus froid, mais aussi plus humide et plus agité.

C’est ce qui donne du sens aux consignes officielles. Constituer des stocks de conserves, prévoir de la lumière et de la chaleur, ce n’est pas du catastrophisme gratuit : c’est la réponse à des coupures de courant possibles quand la météo se déchaîne.

Prudence tout de même. Tout ceci relève du conditionnel. La source parle d’un vortex qui pourrait être perturbé, de conditions qui pourraient se produire, d’un hiver potentiellement plus froid. Aucun scénario n’est garanti.

Le Met Office insiste d’ailleurs sur un point : le phénomène est toujours en train de se former. Les conséquences exactes sur la météo dépendent de l’endroit et de la façon dont l’épisode évoluera.

Ce que l’on retient, c’est la logique. Un Pacifique brûlant peut ébranler un vortex, qui peut lâcher du froid, qui peut battre la douceur atlantique. Et le plus troublant reste peut-être un autre chiffre, venu d’une étude sur la chaleur.

Vue aérienne d'un océan Pacifique aux eaux anormalement chaudes

451 000 décès liés à la chaleur : le chiffre qui accompagne ce Super El Niño

Car ce phénomène n’a pas seulement des conséquences hivernales. Les scientifiques avertissent que 2027 pourrait être encore plus chaud que 2026, d’après les éléments rapportés par Metro.

Un rapport va plus loin et évoque plus de 450 000 décès liés à la chaleur entre juin 2026 et février 2027, sous l’effet d’El Niño. Le chiffre précis cité par son co-auteur est de 451 000.

Ce co-auteur, c’est le professeur Michael Greenstone, de l’université de Chicago. Il reconnaît que ce nombre est si grand qu’il peut anesthésier : « made up of parents and children, grandparents and neighbours », dit-il en substance, des parents, des enfants, des grands-parents, des voisins.

Son message est clair : derrière la statistique, il y a des gens qui vont travailler, s’occupent de leur famille et vivent leur vie. Le chiffre n’est pas une abstraction.

Les conclusions du rapport restent une estimation, pas un constat, et la source ne détaille pas la méthode. Mais elle montre comment un même phénomène peut produire des effets opposés selon les saisons : chaleur record d’un côté, froid possible de l’autre.

Ce que ça change dès maintenant pour l’hiver qui vient

Que retenir, concrètement ? D’abord que les autorités britanniques ne laissent pas la question à la seule météo : les consignes de stockage sont déjà en circulation. Et ce n’est pas un cas isolé, comme le montre ce que les modèles saisonniers confirment pour l’hiver 2026-2027.

Ensuite, que le sujet ne s’arrête pas à la frontière. Si le vortex se dérègle, l’Europe et l’Amérique du Nord sont citées parmi les régions où le froid pourrait descendre. La France n’est pas nommée par la source, mais le raisonnement vaut pour tout le continent.

Ce qu’il faut surveiller, c’est l’évolution de l’épisode lui-même. Il est encore en train de se développer, et son intensité future décidera de beaucoup de choses : la force de la perturbation du vortex, la place de la dérive nord-atlantique, le niveau des pluies.

Et puis il y a l’assiette. Une météo qui se dérègle à l’échelle planétaire finit toujours par se voir dans les rayons : c’est tout l’enjeu de la baisse des récoltes de maïs et de ses effets sur votre caddie.

Le plus sage reste de suivre les prévisions locales au fil des semaines. Un scénario évoqué avec des « pourrait » n’est pas une certitude, mais il invite à ne pas se laisser surprendre.

Un Pacifique en surchauffe, un vortex qui tangue, et un hiver qui pourrait mordre : le Super El Niño n’a pas besoin d’être là pour qu’on le sente venir. Et si ce Godzilla n’était que le début d’un grand dérèglement climatique ?

Jusqu’où le froid pourrait-il aller un jour, jusqu’à −30 °C en hiver selon les projections scientifiques ? Et pendant que l’Europe se réchauffe, cette zone glaciale cachée dans l’Atlantique Nord aggraverait pourtant les canicules.

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