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« Vous évoquez une adolescente de 14 ans » : la lettre d’Adeline Blondieau à Amanda Sthers qui a tout fait basculer

Publié par Hannah le 21 Juin 2026 à 7:16

En 2013, la publication de l’autobiographie de Johnny Hallyday provoquait un séisme dans la vie d’Adeline Blondieau. Décrite en termes humiliants par le rockeur, l’ancienne star de Sous le soleil choisissait de répliquer par une lettre ouverte adressée directement à la co-autrice du livre, Amanda Sthers. Ce qui a suivi — un procès, des accusations gravissimes et un combat qui dure encore — a changé le cours de sa vie publique.

adeline blondieau

Un livre, des mots qui blessent et une réponse immédiate

Tout commence avec Dans mes yeux, l’autobiographie de Johnny Hallyday rédigée avec Amanda Sthers. L’ouvrage revient longuement sur la relation du chanteur avec Adeline Blondieau, qu’il a épousée à deux reprises dans les années 1990.

Les passages sont d’une violence rare. Johnny y décrit son ancienne femme comme « hystérique », « manipulatrice » ou encore « serpent ». Des qualificatifs qui tombent comme des gifles, d’autant qu’ils touchent aussi ses enfants et sa famille. Face à ce portrait dévastateur, Adeline Blondieau refuse de garder le silence.

Elle rédige une lettre ouverte publiée dans la presse. Le ton est direct, presque chirurgical. « Avez-vous mesuré la violence de la description que vous vous permettez de faire de moi ? », écrit-elle à Amanda Sthers. Elle s’interroge aussi sur l’impact concret : « Avez-vous réfléchi au mal qu’ils pouvaient faire à mes enfants, à ma famille et à moi-même ? »

Mais c’est une phrase précise qui cristallise toute la charge émotionnelle du texte. « Vous évoquez ici une adolescente de quatorze ans », rappelle-t-elle. Une manière de repositionner le récit : celle que Johnny Hallyday dépeint comme manipulatrice n’était qu’une jeune fille de 14 ans face à l’une des plus grandes stars du pays. La différence d’âge, le rapport de pouvoir — tout cela, selon la comédienne, avait été soigneusement passé sous silence dans le livre.

Du face-à-face médiatique au procès : les accusations qui ont stupéfait la France

Amanda Sthers, de son côté, opte pour la retenue. Interrogée sur RTL Belgique en mars 2014, l’écrivaine se tient à une ligne sobre. « Je n’ai pas réagi et je ne réagirai pas avec vous non plus », déclare-t-elle. Elle concède comprendre la douleur de Blondieau mais précise son rôle : « Je suis juste transcriptrice d’un autre. C’est sa vérité à lui. »

Un positionnement qui ne suffit pas à calmer la tempête. Adeline Blondieau engage une procédure en diffamation contre Johnny Hallyday et Amanda Sthers. L’affaire se retrouve devant le tribunal correctionnel de Paris en 2015. Et c’est là que tout bascule, bien au-delà de la simple question littéraire.

À la barre, la comédienne crée la stupeur. Elle accuse publiquement Johnny Hallyday de l’avoir violée lorsqu’elle était adolescente. « Johnny m’a violée quand j’avais 14, 15 ans », déclare-t-elle devant les juges. Des accusations d’une gravité extrême, que le chanteur a toujours contestées de son vivant.

Le verdict tombe pourtant en défaveur de Blondieau. Le tribunal estime que les passages incriminés du livre sont trop imprécis pour constituer une diffamation au sens juridique. Un revers judiciaire qui ne referme pas la blessure. Bien au contraire. Ces dernières semaines encore, Adeline Blondieau a pris la parole sur les réseaux sociaux pour soutenir d’autres femmes ayant brisé le silence, notamment Flavie Flament, qui accuse elle aussi Patrick Bruel de viol.

Salle d'audience vide avec micro à la barre des témoins

Dix ans après, un combat qui ne faiblit pas

Plus d’une décennie après cette confrontation, Adeline Blondieau n’a pas changé de ligne. Le 17 juin 2026, elle se confiait longuement sur ses deux burn-outs, révélant qu’après le premier, les médecins craignaient qu’elle reste dans un état « proche du légume ». Une période noire dont elle dit être sortie grâce à une remise en question profonde.

Son engagement pour les victimes de violences sexuelles s’inscrit dans cette trajectoire de reconstruction. « J’ai été victime et je me sens concernée », écrivait-elle dans un message largement partagé. La phrase résonne d’autant plus fort qu’elle fait écho au face-à-face avec Amanda Sthers — ce moment où le débat littéraire a laissé place à quelque chose de bien plus intime et douloureux.

Le cas Blondieau illustre un paradoxe cruel. Perdre un procès en diffamation ne signifie pas que la souffrance exprimée est fictive. Le droit a ses limites, ses définitions strictes, ses critères techniques. La parole des victimes, elle, obéit à d’autres règles. Les mots prononcés à la barre en 2015 n’ont jamais été effacés par le jugement.

« Le silence, c’est ce qui protège le mieux les bourreaux », rappelait-elle encore récemment. Une conviction qui guide désormais l’essentiel de ses prises de parole publiques.

Cette histoire entre Adeline Blondieau et Amanda Sthers dépasse le simple fait divers people. Elle pose une question que la société française n’a toujours pas tranchée : quand une star raconte « sa vérité » dans un livre, qui protège ceux qu’elle écrase au passage ?

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