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Une voiture brûlée, des crachats, des messages de mort : Alain Prost raconte pourquoi il a quitté la France

Publié par Mathieu le 03 Nov 2026 à 11:13
Une voiture brûlée, des crachats, des messages de mort : Alain Prost raconte pourquoi il a quitté la France

Quatre titres mondiaux, 51 victoires en Grand Prix, un nom qui impose aujourd’hui le respect. Pourtant, Alain Prost n’a pas toujours été applaudi chez lui. Selon ses propres mots, il aurait connu une voiture brûlée, des messages de mort et des crachats en pleine rue. Deux événements précis, d’après lui, expliquent cet acharnement, et c’est ce qui l’a poussé à partir.

Quadruple champion du monde, mais pas l’idole de tout le monde

On a tendance à l’oublier. Alain Prost est devenu l’une des figures les plus respectées de la Formule 1 des années 1980, avec une rigueur quasi chirurgicale, un sens aigu de la stratégie et une régularité hors norme. Rien dans sa légende ne laissait imaginer un pilote hué par son propre pays.

Mais la carrière du Français n’a pas été un long fleuve tranquille. Il ne manquait pas une occasion de prouver sa valeur sur les circuits, sans pour autant faire l’unanimité, notamment à ses débuts. Le respect qu’inspire son nom aujourd’hui n’était pas acquis à l’époque.

Avant de décrocher ses couronnes mondiales, il aurait ainsi traversé une période particulièrement compliquée. Selon les éléments rapportés, il devait faire face à des menaces, des agressions et même des actes de vandalisme, tout en essayant de s’imposer sur la piste. Difficile de rester concentré sur un chrono dans ces conditions.

Ces violences ne l’ont pas laissé indifférent. Bouleversé, le pilote a fini par faire ses valises et s’installer en Suisse dans les années 80. Une période qu’il n’a, selon le récit, jamais oubliée. D’autres pilotes français vivent aujourd’hui l’inverse, comme Pierre Gasly, porté par un pays qui attendait sa pole depuis 28 ans. Mais qu’est-ce qui a bien pu déclencher un tel retournement contre Prost ?

Deux étincelles : une élection et un Grand Prix de France

C’est lui-même qui a donné sa lecture des faits lors d’un entretien dans l’émission Clique, diffusée sur Canal+. Un passage que CNews a rapporté. Selon lui, la vague de haine serait venue en deux temps.

Le premier remonte à 1981, avec l’élection de François Mitterrand. Le pilote explique avoir pris des positions politiques à ce moment-là. « Peut-être que je n’aurais pas dû, mais en fin de compte, sincèrement, je n’ai rien dit d’exceptionnel », a-t-il confié, avant d’ajouter qu’il était « peut-être un peu jeune aussi pour ça ».

Ce premier épisode ne suffit pourtant pas, à ses yeux, à tout expliquer. Il en désigne un second, bien plus marquant, qui se déroule sur la piste et sous les yeux de tout le public français. On pourrait croire qu’une simple course ne déclenche pas une telle hostilité, et pourtant.

Le lien avec la suite est direct : ce Grand Prix met en scène deux Français, un coéquipier et une consigne. La nuance a de l’importance, car elle change la manière dont le public a pu juger le pilote. Même les champions les plus sérieux, comme Fernando Alonso, qui s’entraîne 5 heures par jour à 45 ans, savent que la F1 se joue aussi dans l’opinion.

Alors, que s’est-il passé exactement en 1982 ? D’après Alain Prost, tout s’est joué lors du Grand Prix de France 1982, avec un incident impliquant René Arnoux.

Monoplace de F1 vintage devant une foule floue

« C’est moi qui passe pour le salopard »

Voilà donc le deuxième déclencheur, tel que le pilote le raconte. Dans un paysage où les jeunes Français comme Isack Hadjar montent en F1, on mesure mal ce que représentait un tel affrontement entre deux compatriotes à l’époque.

« C’est en 1982 au Grand Prix de France et l’incident avec René Arnoux. Il y a une consigne d’équipe qu’il ne respecte pas, mais en fin de compte, c’est moi qui passe pour le salopard. » Dans sa version, le pilote affirme donc avoir été jugé coupable d’un geste dont il estime ne pas être responsable.

La conséquence, toujours selon lui, a été brutale. « J’ai une voiture brûlée, des messages de mort. Je me faisais cracher dessus dans la rue. Ça m’est arrivé une fois ou deux quand même. C’est quand même très bizarre », a-t-il raconté. Il précise bien que les crachats n’auraient eu lieu qu’une ou deux fois, ce qui n’enlève rien à la violence de l’épisode.

Face à ce climat, Alain Prost a pris une décision radicale : quitter la France pour la Suisse. Pour lui, cette situation était devenue inévitable. Il s’agit ici de sa propre version des faits, livrée des années plus tard à la télévision, et non d’un constat établi par une enquête.

Mais le plus frappant n’est peut-être pas l’épisode lui-même. C’est la conclusion que le champion en a tirée sur tout un pays, et elle a de quoi faire réfléchir.

Le « 50/50 » français, ou comment un champion juge son pays

Toujours sur le plateau de Canal+, Alain Prost n’a pas hésité à pointer ce qu’il appelle la mentalité des Français. « C’est là que j’ai découvert le 50/50 de cette mentalité un peu française, qui fait que vous avez des gens qui vous adorent, et d’autres qui sont un mélange de jalousie et de haine. Ça m’a vraiment perturbé », a-t-il déclaré.

Le mot est fort : jalousie, et même haine. Il ne parle pas d’un désaccord sportif, mais d’un rapport passionnel qui peut basculer d’un jour à l’autre. Lui qui se dit perturbé garde visiblement en mémoire cette ambivalence d’un public qui adule ou déteste.

Cette histoire n’a pas empêché sa carrière de décoller. Une fois installé en Suisse, le pilote a continué sa route pour devenir une véritable légende de la Formule 1, avec ses quatre titres et ses 51 succès. L’adversité, dans son cas, n’a pas brisé le champion.

Elle rappelle aussi que la célébrité n’a jamais protégé de la violence. Un autre ancien champion du volant, plus récemment, a lui aussi vécu un épisode brutal, détaillé dans l’affaire du braquage d’Alain Prost chez lui, avec cinq suspects arrêtés. Le contexte est bien sûr différent, mais le fil rouge est là.

Enfin, cette confession offre un éclairage sur la face cachée des années 80 en F1. Derrière les podiums, des pilotes pouvaient devenir la cible d’une opinion publique en colère.

Les sources rapportant ces propos ne mentionnent pas de réaction publique de René Arnoux dans ce passage, et c’est une zone d’ombre à garder en tête.

Le récit reste celui de Prost, à prendre comme tel, mais il éclaire d’un jour nouveau le début de sa carrière, quand l’adoration d’un pays pouvait vite se muer en rejet.

Dans le monde de la F1, la disparition d’anciens champions comme Jochen Mass rappelle aussi à quel point cette génération a marqué l’histoire.

Quatre titres et 51 victoires n’ont pas effacé un épisode qui a fait fuir un champion de son propre pays.

Et si vous pensiez que les stars de la F1 avaient toujours tout pour elles, ce que le secouriste de Schumacher a fini par dire après douze ans de silence va vous faire changer d’avis.

Et quand un autre grand nom a eu affaire à l’administration, la villa corse de Christian Clavier lui a coûté près de 600 000 € de redressement.

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