« J’ai crié » : Pierre Gasly signe à Monza la pole que la France attendait depuis 28 ans

Ce samedi à Monza, un pilote français a hurlé de joie en sortant de sa monoplace. Pierre Gasly venait de réaliser un exploit que personne n’attendait plus vraiment. Sa réaction, brute et spontanée, en dit long sur ce que représente ce moment pour lui.
Monza, le théâtre parfait pour l’exploit de Gasly
Le circuit italien n’est pas un tracé comme les autres pour le pilote français. C’est ici qu’il avait décroché en 2020, à la surprise générale, sa toute première victoire en Formule 1. Six ans plus tard, Monza lui offre un nouveau cadeau, encore plus rare dans l’histoire du sport automobile tricolore.
À l’issue des qualifications du Grand Prix d’Italie, Gasly s’élancera en pole position dimanche. Une première dans sa carrière, à 30 ans, sur ce même bitume qui l’a déjà porté vers la gloire. Comme dans d’autres sports où l’âge n’empêche pas les exploits tardifs, ce genre de rendez-vous inattendu rappelle que la performance ne suit pas toujours un calendrier logique.
Ce qui frappe surtout, c’est l’ampleur historique de la performance. Aucun pilote français n’avait signé une pole position depuis Jean Alesi en 1997. Près de trois décennies séparent ces deux exploits, une éternité dans un sport où les générations de pilotes se succèdent vite, un peu comme dans l’univers de l’automobile qui évolue à toute vitesse.
« C’était de la joie pure et dure » : Gasly raconte l’instant
Dans des propos relayés par l’AFP, le pilote n’a pas caché son émotion brute. « Après avoir passé la ligne, j’ai crié, a-t-il confié. Je n’ai aucune idée de ce que j’ai dit et ça n’avait probablement aucun sens, c’était juste de la joie pure et dure. »
Le natif de Rouen s’est aussi dit « très heureux et fier d’avoir saisi cette occasion », après avoir largement dépassé ses propres attentes. Une confidence sincère, loin des discours formatés qu’on entend parfois après une victoire, un peu comme certains témoignages sportifs qui échappent au contrôle du storytelling habituel.
Ce moment prend une dimension particulière car il vient couronner une carrière déjà marquée par ce circuit italien. « J’ai obtenu ma première victoire ici à Monza et maintenant je décroche ma première pole position ici, donc c’est vraiment un lieu très spécial pour moi », a rappelé Gasly, conscient de la symbolique du lieu.
Reste maintenant l’épreuve la plus redoutée : transformer cette euphorie du samedi en résultat concret dimanche, comme n’importe quel amateur de course automobile le sait, la pole n’est jamais une garantie de victoire.

Le vrai défi commence dimanche pour le pilote français
Une position idéale sur la grille ne suffit jamais à elle seule. Gasly le sait mieux que quiconque : partir devant à Monza change la donne, mais ne garantit rien sur la distance d’un Grand Prix entier.
« Je suis dans la meilleure position, je pars premier avec personne devant moi, a-t-il expliqué. Je dois juste me concentrer sur mon pilotage. » Le pilote se dit conscient de l’avantage que représente ce circuit pour un leader isolé en tête.
« Je sais ce que c’est d’être seul en tête sur ce circuit, c’est un bel avantage et probablement le meilleur endroit pour être dans cette situation. Mais la course va être longue », a-t-il ajouté, lucide sur les pièges qui l’attendent dimanche.
Son plan est clair et sans détour : « Mon plan est de rester premier le plus longtemps possible. Combien de temps cela durera ? Je n’en ai aucune idée, mais je vais me concentrer sur mon pilotage pour ne pas faire d’erreur et tirer le maximum de la voiture. » Une stratégie de patience et de rigueur, à l’image de nombreux pilotes confrontés à l’incertitude d’une course aussi imprévisible que Monza.
Vous pouvez aussi suivre l’actualité du sport pour ne rien manquer de la suite du Grand Prix.
Vingt-huit ans d’attente, une pole arrachée à Monza, et un cri qui résume tout : Pierre Gasly a peut-être déjà gagné son pari, quel que soit le résultat de dimanche. Reste à savoir s’il transformera cette euphorie en victoire, ou si la course lui rappellera à quel point la Formule 1 reste imprévisible.