« Ils allaient vivre jusqu’à 120 ans » : ce que les Bogdanoff croyaient d’eux-mêmes, selon leur agent
Igor et Grichka Bogdanoff, vous les connaissez tous. Leur mort à quelques jours d’intervalle, début 2022, avait sidéré la France. Près de cinq ans plus tard, un proche remet une pièce sur la table et bouscule l’image qu’on s’en faisait. Sa version tient en un mot, qu’il explique longuement : « intouchables ».

Cinq ans après, pourquoi la mort des Bogdanoff fait encore débat
Le 28 décembre 2021, Grichka s’éteint, emporté par le Covid-19. Igor le suit le 3 janvier 2022, quelques jours plus tard seulement. Deux jumeaux, une même maladie, un même sort.
Leur sœur Véronique l’a rappelé : les deux frères n’étaient pas vaccinés. Et c’est là que tout a dérapé.
Les rumeurs se sont multipliées. Au point que Véronique a dû démentir des histoires d’injections d’hormones et de cellules de fœtus, et le producteur des Bogdanoff a raconté leur obsession secrète, selon les propos relayés à l’époque. Elle a aussi recadré ceux qu’elle appelle les profiteurs.
Aujourd’hui, c’est une autre voix qui s’élève. Celle de Damien Nougarède, qui les considérait comme ses propres frères. Selon Public, il s’est confié au micro du journaliste Karim Sebbouh.
Sa première phrase est nette : « Ils n’étaient pas antivax. » Voilà qui contredit pas mal de ce qui circule depuis des années. Mais alors, pourquoi n’ont-ils jamais été vaccinés ?
« Ils n’étaient pas contre le vaccin » : le témoignage de Damien Nougarède
Interrogé sur une éventuelle hostilité des jumeaux envers le vaccin, Damien Nougarède ne tourne pas autour du pot. « Ils n’étaient pas contre le vaccin », affirme-t-il, selon Public.
Il va même plus loin. Les Bogdanoff l’auraient poussé à franchir le pas : « Dans mon cas, ils m’ont incité à me vacciner et à faire vacciner mes parents. »
Autrement dit, les deux frères conseillaient le vaccin à leur entourage. Sans se l’appliquer à eux-mêmes. Un paradoxe que leur sœur avait déjà éclairé à sa manière dans ses confidences sur ce qu’ils étaient vraiment, au-delà de leur image.
Reste l’explication. Pourquoi ce décalage entre le conseil donné aux autres et leur propre comportement ? Nougarède la donne sans détour.
« Pour eux, ils étaient intouchables. Ils n’allaient pas choper le Covid. Ils étaient forts, ils allaient vivre jusqu’à 120 ans. C’est la promesse qu’ils nous ont faite à tous. »
Le masque ? Même logique. « Comme le masque, etc. Ils ne portaient pas tous ces trucs-là », explique-t-il. Les gestes barrières ne faisaient pas partie de leur quotidien.
Attention toutefois : Damien Nougarède insiste. « Non pas qu’ils ne croyaient pas au Covid ou qu’ils ne croyaient pas au vaccin. » Ils savaient. Ils se pensaient simplement au-dessus de ça.
Et ce que Grichka a conseillé à son ami malade est encore plus étonnant.

Des mandarines et de la vitamine D3 : les conseils de Grichka
Pour comprendre cette croyance en l’invincibilité, il faut écouter l’anecdote que raconte Damien Nougarède. Elle date d’un moment où il a lui-même attrapé le Covid-19, au retour d’un voyage à Dubaï.
Grichka était alors encore en vie. Il a pris de ses nouvelles à distance. « Il m’a suivi à distance en tant qu’ami, en tant que frère, puisque c’était comme un frère pour moi », se souvient-il.
Et la prescription ? Elle ne figure dans aucun protocole sanitaire. « Mange des mandarines, prends de la vitamine D3. »
Des remèdes bien éloignés des recommandations des autorités de santé, comme le souligne Public. Pas de panique, pas de déni du virus : une autre manière de voir les choses.
L’analyse de Nougarède résume tout : « Pour eux, ils étaient conscients qu’il y avait un danger, mais ils étaient dans une autre sphère où on peut guérir avec des clémentines, etc. »
Voilà donc la clé de lecture proposée par leur proche. Ni militants antivaccins, ni négationnistes du virus. Deux hommes persuadés que le danger concernait les autres, et qui avaient promis à leurs amis de vivre jusqu’à 120 ans.
Il faut le rappeler : tout cela repose sur le témoignage d’un seul proche, rapporté par un seul média. Mais c’est un récit précis, et il tranche avec les caricatures. Reste ce que la question de la vaccination aurait changé.
Une blessure encore vive pour ceux qui restent
Reste LA question, celle que le journaliste n’a pas manqué de poser : les frères Bogdanoff seraient-ils encore là s’ils avaient été vaccinés ?
Damien Nougarède refuse d’y répondre. « Je ne veux pas me poser cette question-là parce que ça me fait de la peine », souffle-t-il, selon Public.
Une réponse qui en dit long. Près de cinq ans après, la douleur n’a pas bougé. Il a perdu, dit-il, ceux qu’il considérait comme ses frères.
Il n’est pas le seul à avoir été secoué. Peu après la mort de Grichka, un autre proche s’était dit au fond du trou et très affecté. Le choc a touché tout leur cercle.
Pour le public, l’affaire reste un sujet sensible. Leur sœur Véronique avait elle aussi livré sa version de la vérité sur leur décès, cinq ans après, pour couper court aux fantasmes.
Ce nouveau témoignage ne tranche pas tout, loin de là. Il apporte une nuance : celle de deux hommes pas hostiles au vaccin, mais convaincus d’être à part. Et il ajoute une dimension plus humaine, celle de la promesse non tenue faite à leurs amis.
Pour retrouver d’autres facettes des jumeaux, on peut aussi relire l’anecdote où Igor surprend Mick Jagger au lit avec sa petite amie. Un tout autre registre, bien plus léger, pour deux personnages qui ne laissaient personne indifférent.
Intouchables, ils se pensaient. Fragiles, ils ont été. Le témoignage de Damien Nougarède rappelle que derrière les personnages, il y avait des frères et des amis.
Et si vous vous demandez ce que cache le silence des stars, ce que Goldman n’a jamais cessé de faire en secret depuis 2004 va vous intriguer. Et pour une autre histoire de blessure intime, le mal-être de Lio 18 mois après la mort de son fils est un récit poignant.