« Une bouteille par jour » : Camille Lellouche raconte le piège de la joie qui dure une heure
Camille Lellouche a longtemps souri devant les caméras. Derrière, il y avait des bouteilles, des tremblements et des lendemains qu’elle redoutait. Invitée de l’émission Midi Minuit, elle raconte comment une phrase de son mari a tout fait basculer, et sa définition de la « joie » de l’alcool donne le vertige.

Une bouteille par jour : l’addiction que Camille Lellouche cachait au milieu des fêtes
Récemment invitée dans Midi Minuit, Camille Lellouche a parlé sans filtre de son addiction passée à l’alcool. Pas de discours préparé, pas de formules toutes faites. Des mots crus, ceux d’une femme qui a fini par regarder en face ce qu’elle vivait.
Elle a reconnu boire au moins une bouteille par jour à cette période de sa vie. Le chiffre claque, mais elle ne le livre pas pour choquer. Il sert à raconter un engrenage.
Elle l’avait déjà évoqué dans son autobiographie Tout te dire, publiée il y a deux ans aux éditions Stock. « Je commence à boire énormément et je plonge dans une habitude qui va devenir une addiction pendant trois ou quatre ans », y écrivait-elle. Puis cette phrase, très simple : « Boire devient la règle. »
Celle qui avait été critiquée lors de son passage à la Star Academy n’a pas cherché à se donner le beau rôle. Elle décrit un quotidien où l’alcool s’installe partout, sans bruit, sans scène spectaculaire. C’est justement ce qui rend son récit si dérangeant.
Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir franchi ce cap de la confidence. Muriel Robin a elle aussi parlé d’une bouteille chaque soir, preuve que ces histoires se ressemblent plus qu’on ne le croit.
Mais le détail le plus troublant du témoignage de Camille Lellouche n’est pas la quantité. C’est ce qu’elle faisait de sa bouteille en soirée.
Des soirées, des shots et une vodka sans ivresse : l’engrenage vu de l’intérieur
En soirée, elle préférait boire avec d’autres plutôt que seule. Mais même entouré, son rapport à l’alcool avait quelque chose de particulier. « Je payais deux ou trois bouteilles, mais personne ne buvait dans la mienne », a-t-elle confié.
Elle a ajouté une phrase qui résume tout : « Et c’est là que tu vois que ça ne va pas. » Autrement dit, la bouteille qu’elle gardait pour elle était devenue un repère, presque une frontière entre elle et les autres.
Dans son livre, elle détaille une journée type, heure par heure. À 14 heures, elle commence par « un petit quart de sancerre blanc pour me détendre » avant de commencer le travail à 16h30. À la fin, elle boit régulièrement des shots pour relâcher la pression du service.
Ensuite, la fête continue. Elle parle des bars et des restaurants ouverts toute la nuit, puis d’un stade qu’elle nomme « l’alcoolisme sans symptôme ». Elle se dit alors capable d’absorber une bouteille de vodka sans aucune trace d’ivresse.
Ce genre de tolérance trompe tout le monde, à commencer par la personne concernée. D’autres figures publiques ont décrit la même mécanique, comme Patrick Sébastien et ses 1,5 litre de whisky par jour, dans un tout autre univers.
Reste une question : pourquoi continuer, si l’on voit bien que ça dérape ? Camille Lellouche y répond avec une phrase qui retourne l’idée même de fête.
« Quand tu bois pour étouffer juste des peines ou des frustrations, ce n’est pas de la joie. La joie, elle dure une heure quand tu bois tes premiers verres. » Selon elle, c’est précisément ce qui transforme l’habitude en addiction.
Elle poursuit : « Tu as l’impression que plus tu bois, mieux ça va. Mais en fait, plus tu bois, plus tu es en dépression et plus tu as envie de crever. » Le piège, tel qu’elle le décrit, tient dans cet écart entre ce que l’on croit ressentir et ce qui se passe vraiment.

Les tremblements, le foie qui « pourrissait » et la phrase de son mari
Ce n’est pas la soirée qui était la plus dure, c’était le lendemain. Pour Camille Lellouche, c’est là que la spirale se refermait. Elle l’a dit à propos d’une autre histoire de chute et de reconstruction, comme celle de Kelly Osbourne, sobre depuis 8 mois : le plus dur commence souvent quand les verres sont vides.
« Le lendemain, il est dur parce qu’il faut reboire. C’est obligatoire… Tu as des tremblements… Tu es très irritable quand tu ne bois pas. » Puis cette conclusion sans détour : « La descente de l’alcool, c’est dégueulasse. »
Elle décrit donc une logique implacable : on boit pour aller mieux, et on va mal parce qu’on a bu. Le manque, l’irritabilité et les tremblements deviennent la raison de reprendre un verre. Elle avait le sentiment qu’il fallait boire pour aller mieux.
Les conséquences physiques étaient bien réelles. Elle a évoqué des effets sur son foie, qui « pourrissait » à cause de l’alcool. Le mot est brutal, mais c’est le sien.
Alors qu’est-ce qui a fait basculer les choses ? Pas un médecin, pas un scandale, pas un déclic spectaculaire. Une conversation à la maison.
Son mari lui a tenu un discours qu’elle rapporte ainsi : « Écoute, c’est très simple. Tu me dis que tu veux une vie saine, fonder une famille, mais moi je ne resterais pas avec quelqu’un qui boit. » L’ultimatum est posé calmement, sans cris, et il a suffi à tout renverser.
Son mari et sa fille ont fait en sorte qu’elle se détache de cette addiction. Elle ne se présente pas comme une héroïne qui s’est sauvée seule. Elle raconte plutôt qu’elle a été rattrapée par ceux qui comptaient pour elle.
Ce que ce témoignage change, et pourquoi il résonne
Ce qui frappe dans la prise de parole de Camille Lellouche, c’est l’absence de glamour. Pas de formule pour adoucir, pas de récit épuré. Elle parle de tremblements, d’irritabilité et de foie abîmé, ce que la plupart des témoignages passent sous silence.
Elle montre aussi qu’une addiction peut se cacher derrière une vie sociale très active. Boire en groupe, dans les bars et les restaurants ouverts toute la nuit, ne protège de rien. Au contraire, cela peut donner l’illusion que tout va bien, comme le confirme l’ultimatum de son mari qui a tout fait basculer.
Son témoignage s’ajoute à ceux d’autres personnalités qui ont choisi de parler. Patrick Bruel, lui, avertit qu’« on peut tous tomber très vite », une phrase qui colle étrangement à l’histoire de la chanteuse.
Le fil rouge de ces confidences est le même : la honte recule quand quelqu’un ose dire les choses. Camille Lellouche l’avait déjà fait dans Tout te dire, elle le refait à la télévision, avec une phrase sur la joie qui n’a rien d’une formule creuse.
Les deux ans qui séparent le livre de l’émission montrent aussi que ce sujet n’est pas un épisode clos pour elle. Elle y revient, calmement, avec le recul de celle qui sait d’où elle vient. Et c’est sans doute ce recul qui rend ses mots aussi précis.
Retenez surtout cette idée : l’alcool promet une heure de joie, et il la fait payer très cher. Le reste de son récit, des tremblements au foie, en découle.
Si ce témoignage vous a marqué, sachez qu’une autre figure publique a aussi lâché des confidences sidérantes sur son corps : Hélène Ségara et ses 22 opérations tenues secrètes racontent un tout autre combat. Et pour une parole tout aussi crue, ce que le vapotage fait vivre à Lola Young donne une autre idée de ce que le corps encaisse en silence.