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300 places réservées, 40 spectateurs : Greta Thunberg parle devant une salle presque vide à Zurich

Publié par Elodie le 03 Oct 2026 à 11:20

Elle devait être la vedette de la soirée. Greta Thunberg, invitée au festival du film de Zurich pour la première d’un documentaire, pouvait compter sur un public nombreux : les 300 places gratuites s’étaient arrachées en un éclair. Sauf que le soir venu, la salle sonnait creux. Selon Bild, l’activiste y voit une possible manœuvre et désigne un pays. Sur quelle base ?

300 places réservées, 40 spectateurs : Greta Thunberg parle devant une salle presque vide à Zurich

300 réservations, 40 fauteuils occupés : l’étrange soirée du cinéma Corso

Zurich, 22e édition du festival du film. Au programme, une discussion autour du documentaire My Home of Wind and Sand, organisée au cinéma Corso. Parmi les invités, Greta Thunberg, 23 ans.

Le film raconte le parcours de l’activiste Najla Mohamed-Lamin, 37 ans, et la situation dans le conflit du Sahara occidental. Sur une photo publiée par le quotidien, on voit les deux femmes posant avec l’équipe du film pendant le festival.

Sur le papier, tout se présentait bien. L’entrée était gratuite, avec une seule obligation : réserver. Chaque personne pouvait demander jusqu’à quatre billets.

Résultat, d’après les organisateurs cités par la presse suisse, les places sont parties « à toute vitesse ». Le public attendu semblait donc au rendez-vous, du moins dans les listes.

Puis la soirée est arrivée. Selon Bild, seuls 40 des 300 sièges étaient occupés quand Greta Thunberg a pris la parole. Une scène déjà vue ailleurs : on a vu un concert stoppé net à Grenoble par des militants. Ici, personne n’est entré pour interrompre quoi que ce soit : c’est l’absence qui fait du bruit. Et la question que tout le monde a posée est simple : où étaient passés les 260 autres ?

Pourquoi Greta Thunberg parle de sabotage

Face à ce vide, l’activiste n’a pas haussé les épaules. Selon les médias cités par Bild, elle suspecte une action délibérée. Les billets auraient pu être réservés en masse pour empêcher de vrais spectateurs de venir.

La mécanique est plausible sur le papier. Quand une soirée est gratuite et que la réservation ne coûte rien, rien n’oblige à venir. Une place bloquée ne se paie pas, et son absence ne se sanctionne pas.

Sur place, la jeune femme aurait même avancé un nom. Elle a évoqué la possibilité d’une opération menée par le Maroc. Il s’agit d’une hypothèse formulée par l’intéressée, pas d’un fait établi.

Pour comprendre pourquoi ce pays est cité, il faut regarder le sujet du film. Même les conflits politiques n’ont pas besoin d’une salle pleine pour provoquer des tensions : la polémique autour du concert annulé à Amiens l’a encore montré récemment. Mais ici, l’enjeu dépasse la simple polémique.

Le Sahara occidental est au cœur du documentaire. Cet ancien territoire colonial espagnol, au nord-ouest de l’Afrique, est disputé depuis le milieu des années 1970 entre le royaume du Maroc et le mouvement indépendantiste Front Polisario. C’est la patrie historique du peuple sahraoui.

Le Maroc contrôle aujourd’hui une grande partie de la zone. Environ 170 000 anciens habitants ont fui et vivraient dans des conditions décrites comme indignes, dans des camps du désert algérien. Voilà le contexte dans lequel Thunberg place son soupçon, et il reste à voir ce que disent les organisateurs.

Ce que le festival dit (et refuse de dire)

Spectateur méfiant regardant son téléphone dans un hall

Du côté des organisateurs, la réponse est prudente. Interrogés par le portail suisse blue News, ils ont exprimé leurs regrets : « Nous regrettons beaucoup que de nombreuses places réservées n’aient finalement pas été utilisées. »

Sur la cause, en revanche, ils ne s’avancent pas. Ils ont précisé qu’ils ne pouvaient « pas évaluer ni commenter » à ce stade l’hypothèse d’une action ciblée. Pas de démenti, pas de confirmation.

C’est le point central de l’affaire. À ce jour, rien dans les éléments rapportés ne prouve qu’un acteur précis ait bloqué les billets. Le Maroc est une piste évoquée par Greta Thunberg, rien de plus, et aucune réaction officielle marocaine n’est mentionnée dans la source.

Le même vide peut s’expliquer de façon banale. Une réservation gratuite entraîne souvent des défections : on s’inscrit par précaution, puis on renonce. Mais la proportion, 40 présents pour 300 réservations, interroge, surtout avec un nom aussi connu à l’affiche.

Reste un détail qui alimente le doute : la limite de quatre billets par personne. Elle n’empêche pas, en théorie, plusieurs réservations à des noms différents. Les organisateurs n’ont toutefois donné aucune indication sur ce point, et aucune enquête n’est signalée.

Ce qu’il faut surveiller maintenant

La suite dépendra de ce que le festival voudra bien éclaircir. Pour l’instant, il se contente de regretter. Aucune vérification des adresses ou des identités de réservation n’est évoquée publiquement.

Il faudra aussi voir si Greta Thunberg ou l’équipe du film précisent leurs soupçons. Une accusation visant un État est lourde, et elle suppose des éléments concrets. Pour l’heure, la source parle d’une simple possibilité, formulée sur place.

Autre point à suivre : la portée du film lui-même. Ironie de l’histoire, cette salle clairsemée a peut-être donné plus d’écho au documentaire que la soirée n’en aurait eu pleine. Le conflit du Sahara occidental, rarement en une, s’est retrouvé en titre à cause d’un trou dans les rangs.

Enfin, cet épisode rappelle une faiblesse des événements gratuits : sans réservation payante, une salle pleine sur le papier peut être vide dans la réalité. Que ce soit un sabotage ou un simple désistement massif, la leçon vaut pour tout organisateur.

Dernier détail, et pas le moindre : Thunberg a quand même parlé. Devant 40 personnes, la discussion a bien eu lieu. Le message, lui, a fini par voyager bien plus loin que la salle.

Au final, une seule certitude : 300 billets envolés, 40 spectateurs, et un soupçon que personne n’a encore prouvé. Reste à savoir si la vérité sortira un jour des listes de réservation.

Et si la scène vous a donné envie de voir d’autres coulisses, ce que Jeremstar reproche aux influenceurs de Coachella vous réserve une autre ambiance. Et pour changer d’ambiance, les stars qui montent les marches à Cannes dès ce soir font, elles, salle comble.

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