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Concert de Barbara Butch annulé à Amiens : ce que Laurent Nuñez reconnaît ne pas avoir pu empêcher

Publié par Elodie le 10 Sep 2026 à 16:34
« C'est mon propre camp qui m'attaque » : le concert de Barbara Butch stoppé par des militants LFI à Grenoble

Un concert prévu de longue date, une salle qui recule au dernier moment, un ministre qui monte au créneau. Le rendez-vous du 19 septembre à Amiens devait marquer l’inauguration de la nouvelle salle La Lune des Pirates. Il n’aura finalement pas lieu, et la raison de cette annulation embarrasse jusqu’au gouvernement, qui affirme avoir tout tenté pour l’éviter.

Une soirée d’inauguration qui vire au casse-tête sécuritaire

La DJ Barbara Butch devait se produire aux côtés de deux autres artistes lors d’une soirée électro pensée pour lancer la nouvelle version de la salle amiénoise. L’événement s’inscrivait dans un contexte déjà tendu : deux mois plus tôt, sa prestation à Grenoble avait été interrompue après des insultes et des jets de projectiles, poussant la municipalité à porter plainte.

Depuis plusieurs semaines, l’Association France Palestine Solidarité d’Amiens appelait ouvertement au boycott de la venue de l’artiste, lui reprochant certaines de ses prises de position. Cette mobilisation locale n’était pas isolée : le nom de Barbara Butch était déjà revenu dans l’actualité politique, notamment via un tract controversé évoquant la DJ et alimentant les polémiques autour de sa personne.

Face à cette pression grandissante, les organisateurs de La Lune des Pirates ont fini par jeter l’éponge. Ils expliquent que les conditions nécessaires à la sécurité et à l’accueil du public n’étaient plus réunies. Une décision qui, sur le papier, semble prudente. Sauf que l’État affirme avoir déjà réglé le problème.

Ce que révèle Laurent Nuñez sur les garanties proposées par l’État

C’est là que l’affaire prend une tournure inattendue. Dans un message publié sur X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez affirme que « les services de l’État avaient proposé des mesures de sécurisation adaptées » pour que la représentation puisse malgré tout se tenir. Selon lui, tout avait été mis sur la table localement.

Le ministre, déjà mobilisé sur des dossiers sécuritaires sensibles ces dernières semaines, notamment autour de la protection des lieux de culte, dit « déplorer » que l’organisateur ait quand même choisi d’annuler. Une position qu’il a également tenue publique dans d’autres prises de parole récentes sur des sujets de sécurité intérieure.

Pour Laurent Nuñez, l’enjeu dépasse largement la question technique du dispositif policier. « La liberté de création et de programmation artistiques doit être protégée », insiste-t-il, estimant que « céder à la pression de ceux qui veulent empêcher une artiste de se produire n’est jamais une solution ». Une phrase qui sonne comme un aveu implicite : le ministre reconnaît que la mobilisation militante a, dans les faits, obtenu ce qu’elle cherchait.

Scène de concert vide avec platines DJ sous lumières colorées

La victoire revendiquée qui embarrasse jusqu’au gouvernement

C’est ce type de rapport de force autour de la programmation artistique qui alimente aujourd’hui la controverse. Sitôt l’annulation connue, l’Association France Palestine Solidarité d’Amiens a revendiqué une « victoire », assumant ouvertement que sa campagne avait porté ses fruits. Une communication qui a immédiatement suscité des réactions indignées, au-delà du seul entourage du ministre de l’Intérieur.

Plusieurs voix politiques ont dénoncé cette séquence, y voyant un précédent dangereux : une organisation militante impose, par la pression, l’annulation d’un spectacle malgré un dispositif de sécurité validé par les autorités. Un climat qui rappelle les tensions observées lors d’autres mobilisations récentes, où la frontière entre contestation légitime et intimidation reste régulièrement au cœur du débat public.

Le twist de cette affaire tient précisément là : l’État avait les moyens d’assurer la sécurité de l’événement, il l’affirme noir sur blanc. Ce n’est donc pas un défaut de protection qui a fait annuler le concert, mais le renoncement volontaire de l’organisateur face à une campagne d’opinion. Un précédent que Laurent Nuñez redoute désormais de voir se reproduire ailleurs, sur d’autres scènes et pour d’autres artistes.

Un concert annulé, une victoire revendiquée, un ministre qui « déplore » sans pouvoir empêcher : cette séquence amiénoise résume à elle seule la difficulté croissante à organiser des spectacles sous pression militante. Reste une question ouverte : combien d’autres salles céderont, demain, au même scénario ?

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